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dimanche 11 décembre 2016

Algérie : un journaliste emprisonné pour «offense au président» est décédé

En grève de la faim depuis fin juin, le journaliste Mohamed Tamalt est décédé dimanche des suites d'«une infection pulmonaire».

Condamné en juillet à deux ans de prison pour «offense au président de la République», le journaliste algérien Mohamed Tamalt,est décédé dimanche, ont annoncé son avocat sur Facebook et l'administration pénitentiaire.

Le journaliste, hospitalisé depuis fin août, est mort des suites d'«une infection pulmonaire», a précisé l'administration pénitentiaire dans un communiqué. Il était soigné pour cette infection «découverte par les médecins il y a dix jours», après trois mois passés dans le coma, selon un communiqué officiel.

«Je confirme le décès du journaliste Mohamed Tamalt à l'hôpital de Bab el Oued (Alger) après plus de trois mois de grève de la faim suivis d'un coma de trois mois», a écrit Me Amine Sidhoum sur sa page Facebook

En grève de la faim depuis le 27 juin


Mohamed Tamalt, 42 ans, avait entamé une grève de la faim le 27 juin, jour de son arrestation, selon l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW). Il avait été condamné le 11 juillet à deux ans de prison ferme et le jugement avait été confirmé en appel le 9 août.

Les accusations portées contre lui étaient relatives à des contenus diffusés sur sa page Facebook, notamment (...) un poème contenant des vers insultant M. Bouteflika» le président algérien, avait poursuivi HRW. Amnesty international a appelé dimanche les autorités algériennes à «ouvrir une enquête indépendante, approfondie et transparente sur les circonstances de la mort» du journaliste.

De son côté, l'ONG de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) s'est dite «choquée» par la mort de Mohamed Tamalt. «Cette nouvelle est un véritable coup de massue pour tous ceux qui défendent la liberté d'informer en Algérie», a déclaré Yasmine Kacha, directrice du bureau Afrique du Nord de RSF, dans un communiqué. «Pourquoi une telle condamnation pour des propos exprimés sur Facebook qui ne mettaient personne en danger ?», s'est-elle interrogée en demandant l'ouverture d'une enquête sur les circonstances du décès du journaliste.

Mohmed Tamalt, qui possède également la nationalité britannique, animait une page Facebook sur laquelle il publiait des contenus mettant en cause des responsables du pays ou des membres de leur famille. HRW et Amnesty International avaient demandé dans le passé aux autorités algériennes de libérer le journaliste sans condition et de faire annuler sa condamnation.
  Leparisien.fr avec AFP

Le Parisien
leBloggers

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