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lundi 12 décembre 2016

Algérie : tollé après la mort d'un journaliste en prison

Le journaliste Mohamed Tamalt avait été incarcéré le 27 juin dernier pour avoir insulté le président algérien Abdelaziz Bouteflika via des vidéos et poèmes diffusés sur Facebook. Son décès en détention suscite indignation et colère dans le pays.
Les conditions de son décès méritent d'être éclaircies. Le journaliste algérien Mohamed Tamalt est mort à l'hôpital Lamine Debaghine de Bab El Oued, dimanche 11 décembre, alors qu'il observait depuis trois mois une grève de la faim.
«Il était dans le coma, il y avait un verrouillage sur son dossier médical. On est au courant de rien. C'est ça le drame», tance son avocat, Amine Sidhoum, cité par le site d'information TSA.
Le journaliste, hospitalisé depuis fin août, est mort des suites d'«une infection pulmonaire», précise, de son côté, l'administration pénitentiaire dans un communiqué. Il était soigné pour cette infection «découverte par les médecins il y a dix jours», selon un communiqué officiel.
Mais, «selon l'avocat, Mohamed Tamalt aurait reçu deux coups à la tête, a rapporté son frère. Sa famille a déposé une plainte au procureur de la République contre le directeur de la prison. Une contre-expertise a été demandée», rapporte Yasmine Kacha, directrice du bureau Afrique du Nord de Reporters sans frontières (RSF).

«Tout le monde est choqué»

Mohamed Tamalt avait été incarcéré le 27 juin dernier pour avoir insulté le président algérien via des vidéos et poèmes diffusés sur internet. Une semaine plus tard, il comparaissait devant le tribunal de Sidi M'ahmed pour «outrage à corps constitué» et «atteinte à la personne du président», Abdelaziz Bouteflika. Il a finalement écopé de deux ans de prison ferme et 200.000 dinars d'amende ( 1700 euros ).
Pour exprimer son indignation face à cette incarcération, Mohamed Tamalt avait immédiatement entrepris une grève de la faim. Confrontée pour la première fois depuis l'indépendance de l'Algérie à la mort suspicieuse d'un journaliste incarcéré, la presse algérienne s'interroge sur la responsabilité des autorités. «Tout le monde est choqué» confirme Yasmina Kacha, «Les journaux, Twitter, les journalistes, les réactions se multiplient. Personne ne comprend pourquoi les autorités n'ont pas fait quelque chose».
Sur les réseaux sociaux, de nombreux tweets paraphés d'un Hashtag #Mohamedtamalt témoignent de l'indignation de nombreux citoyens et journalistes à l'égard du gouvernement. On peut y lire:
Parmi les réactions, le journal en ligne Le Matin d'Algérie écrit: «L'annonce le 11 décembre de la mort en détention du prisonnier politique Mohamed Tamalt montre jusqu'où va l'injustice sous le gouvernement Bouteflika.»
L'Algérie est classée 129ème sur 180 pays au classement RSF de la liberté de la presse. La mort de Mohamed Tamalt soulève à nouveau la question de la liberté d'expression sous la gouvernance d'Abdelaziz Bouteflika. Les journalistes peuvent-ils exercer leur métier sans la crainte de se faire arrêter? Yasmine Kacha explique: «le code pénal est répressif. Les trois principaux délits de presse sont l'injure, la diffamation et l'outrage». Elle ajoute: «même si la constitution algérienne prévoit un code de l'information (code de la presse), il y a une réelle contradiction entre le texte et la pratique.»
 
 
LE FIGARO
leBloggers

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