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lundi 6 juin 2016

La crise d’un pouvoir illégitime

Un pouvoir illégitime se reconnait tout simplement aux résultats explosifs du scrutin, d’ailleurs il a rarement besoin d’un second tour. Vu sa nature il ne peut être que totalitaire et dictatorial. Il se maintient aux commandes du pays grâce à des leviers, dont, la répression, l’entretien de l’illusion, la corruption…. En Algérie le contrat social s’est conclu principalement sur la base de l’achat de la paix sociale. Pendant des années, chacun de son côté, les dirigés faisant semblant de travailler et les dirigeants faisant semblant de gouverner. Au bout d’un certain temps, de façon progressive, l’économie a fini par se structurer autour du pillage collectif des ressources pays, le baril de pétrole étant devenu le pain de la population. Et voilà que l’effondrement des recettes permettant de maintenir cet équilibre, certes instable, vient provoquer la cassure fatale.
En principe, pour affronter une tension, les deux partenaires, en l’occurrence le peuple et son système de gouvernance doivent associer leurs efforts pour préserver la souveraineté nationale. Dans notre cas la crise étant structurelle, les réformes doivent être déterminées au préalable, mais sur la base d’un nouveau contrat social. Si le pouvoir est illégitime, il n’est pas représentatif, et ne peut s’adresser au peuple pour engager un dialogue constructif permettant de se dégager de l’impasse. Il n’est pas étonnant que toutes les mesures n’aient pas suffit pas à endiguer l’immense faille du désastre. Car il ne s’agit pas de bricoler un présent, le mal étant bien plus profond, mais d’engager des réformes radicales pour assurer un avenir. Avec un statuquo politique, en plein dérive économique, en absence d’un consensus national, l’autoritarisme peut générer, soumission, désobéissance civile, crainte, peur…, mais nullement l’adhésion à un projet de société, à fortiori s’il n’en n’existe pas.
Face à une situation de crise, la légitimité aurait permit au pouvoir, sous l’impulsion d’une forte cohésion sociale, sur la base d’un contrat social défini, d’associer l’ensemble de la population dans une marche commune. Ceci aurait entrainé la naissance d’un partenariat où la mobilisation des forces vives peut enclencher une dynamique vers une sortie salvatrice. Seulement l’économie du pays est dans un état tellement déplorable que l’effort à faire prendra l’aspect d’un défi insurmontable. Bien entendu, la prise en charge du gigantesque chantier qui attend le peuple ne peut se faire sans lui. Les conditions sociopolitiques actuelles ne permettent pas au pouvoir de capter l’énergie, ni de demander au peuple de sacrifice, d’où l’impasse. Par réflexe et/ou incompétence, voilà que l’on se retourne vers les multinationales ; on tente l’importation de capitaux en accélérant la mise en concession des richesses du pays.
Tout en rêvant d’un miraculeux retour de la rente, on crée de l’événement, on prépare une succession,…, risquant d’oublier que avant 2019, soit dans moins de 39 mois, plus de 40 millions d’habitants doivent trouver autre chose à manger que du pétrole.


Sofiane Benadjila
leBloggers

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