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lundi 5 janvier 2015

UGTA, l’image perverse du syndicalisme

Cette expérience est loin de refléter la réalité du syndicalisme en Algérie. Bien que les responsables de  l’Union générale des travailleurs Algériens tentent  de convaincre les salariés qu’ils les acceptent comme représentants syndicaux, il  n’empêche que l’histoire particulière  de cette structure revendicative et ses rapports à la politique interviennent en permanence  pour pervertir l’action syndicale.
La particularité du mouvement syndical algérien  après l’indépendance  s’est précisée dans la relation spécifique qu’a amorcée  l’UGTA, une organisation qui a milité conjointement avec le Front de libération nationale (FLN), aussi bien pour la lutte sociale que politique. Elle a été reliée au FLN car c’est à lui qu’est revenu le mérite de déclencher la lutte armée contre le colonialisme. Durant la Révolution, l’action politique et la lutte armée avaient pris le dessus sur l’activisme syndical.
Après avoir opté pour le monolithisme comme choix politique, le FLN, contrôlera progressivement l’UGTA. Cette dernière finira par prendre le statut d’organisation de masse pour devenir, en fin de compte, un instrument dépendant  plus aux exigences de la politique du parti qu’aux exigences de ses adhérents.
Dès l’instauration du multipartisme, l’UGTA inscrira son action  pour atteindre le  même objectif décidé par le FLN. Cet objectif se limite principalement dans la récupération du  mouvement social qui tentait de se détacher  pour asseoir une liberté d’organisation syndicale et politique.  Ces deux associations politico-sociales (FLN-UGTA), organes principaux du pouvoir autoritaire en Algérie,  ont été mobilisées à nouveau  pour stopper la nouvelle mobilisation pour  les libertés et la démocratie.
L’absence de la transparence pendant les élections est mise en place comme stratégie pour garantir la majorité parlementaire du FLN,  aussi bien au  niveau communal qu’au niveau national. L’interdiction des syndicats autonomes dans les secteurs publics   traduit le maintien par la force de l’UGTA.
Dans ce sens, le retour du FLN et de l’UGTA  a été  pensé par le régime pour se maintenir  et  il n’est pas étonnant de voir la continuité  de ces organisations  sans représentation réelle de la société.
Aujourd’hui, les associations  comme le  FLN et  l’UGTA  représentent manifestement  le pouvoir et le choix  de leurs responsables fait partie, désormais,  des prérogatives de ceux qui  le représentent.   La reconduction  de Sidi Saïd à la tête de l’UGTA  répond à cette  logique et les discours successifs révèlent bien les soutiens et services mutuels entre les hommes.
La presse présente, hier, lors de la cérémonie d’ouverture du 12e congrès de l’UGTA, a rapporté comment Abdelmadjid Sidi Saïd s’est mis à glorifier Bouteflika en négligeant les travailleurs et leurs efforts pour faire face aux défis. Sidi Saïd était assuré de rester à la tête de cette organisation syndicale car il n’a jamais manqué aux appels de Bouteflika pour  soutenir  son action. Notamment lorsqu’il a amendé la Constitution afin de rester au pouvoir.
En réalité, l’indifférence de Sidi Saïd à la présence du président du Forum des chefs d’entreprises lors de ce Congrès révèle les enjeux réels  qui s’organisent  dans un pays comme l’Algérie. Bien que l’UGTA demeure peu présente dans le secteur privé, il n’en demeure pas moins  que Sidi Saïd n’ait trouvé aucune gêne à écouter  un patron  qui ne croit nullement en la présence du syndicat au sein de l’entreprise.
Cette situation démontre que Sidi Saïd est loin d’être une personne qui s’intéresse à l’avenir de l’UGTA ou à celui des salariés des différents secteurs.
La Centrale syndicale est devenue une organisation qui attire les opportunistes. Leur unique but étant de s’enrichir au détriment  des travailleurs qui  n’ont pas cessé d’appeler le pouvoir à se remettre en cause avant qu’il soit trop tard.
Malgré la défaillance visible des responsables syndicaux de l’UGTA, le pouvoir maintient le cap en fermant tous les canaux  de communication pour que toutes les organisations pourrissent dans un fonctionnement perverti. En refusant  d’écouter, le régime a perdu  la raison et a failli  à ses responsabilités aussi bien au niveau des organisations qu’au niveau des institutions de l’Etat. Il est temps qu’il parte.

M.L Impact24
leBloggers

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