Page d’accueil

samedi 10 janvier 2015

La « prévoyance » pour étouffer la parole citoyenne

Les mesures  annoncées par la Directeur générale de la sûreté nationale pour sécuriser la région du sud sont drastiques. Les déclarations d’Abdelghani  Hamel suite aux manifestations pacifiques  d’In Salah  dévoilent  la nature de l’état d’esprit  des dirigeants et des responsables pour gérer la sécurité en Algérie.  Ce responsable annonce qu’à « titre préventif, nous avons pré-positionné des unités de maintien et de rétablissement de l’ordre à In Salah ». Par Larbi Mehdi
La police ne joue toujours pas son rôle républicain. Photo: Sidali/ New Press
Le maintien de l’ordre et de la sécurité demeurent  penser  avec  un esprit militaire. Dans le contenu du discours d’Abdelghani Hamel, le traitement des affaires civiles par la force produira sûrement la sécurité. Cette sécurité  est en rapport avec le nombre de policier, la multiplication d’unités  et  de leurs  engins  déployés  pour contrer et freiner  le développement de la  parole citoyenne des Algériens.
La méthode utilisée pour gérer la situation des affaires  civiles, à l’instar des manifestations d’In Salah, est le fruit d’un état d’esprit archaïque qui veut que  les problèmes de la société algérienne  soient réglés par la force.  Un mode de gestion inspirée d’une mentalité  guerrière  qui se soucie  de localiser  l’ennemi  pour l’éliminer.
Il faut dire que la  façon de voir les  problèmes  et la méthode envisagée pour  les traiter afin  de produire la sécurité  sont  similaires aux attitudes et aux comportements  déployés contre les bêtes et les animaux sauvages.
La « prévoyance »  que Monsieur Hamel utilise dans son discours doit être revue pour faire comprendre à la société que ce terme représente  bien un  outil parmi d’autres dans le management des relations sociales. En revanche, cet outil a été mis  en place pour  accompagner le comportement de l’homme afin de  lui permettre de construire  des expressions verbales compréhensives sur  l’environnement sociopolitique.
Il n’a jamais été pensé pour stopper la parole et étouffer les différentes formes de sa manifestation. Utiliser  la force  pour éradiquer  les manifestations qui prennent  les lieux publics comme espace  pour produire pacifiquement  la communication  avec les responsables politiques, exprime  un état d’esprit  dictatorial, qui ne cherche qu’à imposer  un « ordre » contraire à celui que la communauté souhaite instaurer.
L’ordre se construit par la communauté. Il  ne s’impose pas, mais il se discute et s’instaure grâce à l’acceptation de la majorité.  Les forces de l’ordre doivent protéger cet ordre, produit par la communauté  et non  pas soutenir  celui qui veut s’imposer  par la coercition.
L’ordre public est la conséquence des guerres  et des révoltes entre les classes fortes et les  classes faibles. Entre  la noblesse et  les esclaves. L’ordre de l’autorité royale et religieuse qui voulait s’imposer aux sujets a  fini par  sombrer dans les révoltes violentes et le  grand  débat entre philosophes, historiens et penseurs libres a mis en place une définition  universelle de l’ordre public.
Cet ordre est celui des citoyens qui naissent libres dans un régime démocratique.
La  police comme instrument de maintien de l’ordre public est investie pour  permettre aux relations  politiques de se développer  dans un environnement sécurisé grâce à la parole qui se manifeste librement  dans les lieux publics.
L’art,  le dessin, le théâtre et le cinéma  sont parmi ces instruments qui développent la parole et construisent  des expressions verbales compréhensives  de l’univers social.
Les manifestants d’In Salah exploitent des instruments modernes pour contester un ordre qui n’arrête pas de nuire à toute la société algérienne.  Bloquer ces types  de contestation sociale contribue au développement de l’ordre autoritaire et justifie toutes formes  d’extrémismes.
Dans ce sens, la police tue la liberté que chaque Algérien souhaite avoir. L’absence de cette liberté nous condamne à vivre dans la dépendance totale sans pouvoir se questionner sur le sens de notre vie sur terre.


M.L Impact24
leBloggers

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire