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dimanche 21 décembre 2014

« L’Algérie ne pourra pas tenir sans recourir au FMI »

Abderrahmane Hadj Nacer pense que l’Algérie va recourir à nouveau au FMI, pour s’endetter afin de sortir de la crise. Ce samedi 20 décembre à Tizi Ouzou, lors d’une conférence-débat, l’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie a mis en garde contre les conséquences du statu quo actuel qui va amener l’Algérie encore vers le FMI dans les quelques années à venir.
Pour ce proche de Mouloud Hamrouche, l’Algérie ne pourra pas tenir plus de trois à quatre ans sans recourir au FMI. Et c’est ce qu’attendent les grandes puissances, qui utilisent le FMI comme instrument de soumission et de contrôle des ressources naturelles, a expliqué le conférencier.
« Cette fois on ira au FMI dans une position moins confortable que celle de la fin des années 1980 », prévient-il. La raison ?
« En général la négociation avec le FMI dépend du système politique du pays concerné, et la situation algérienne n’est plus la même que celle des années 80 » a t-il expliqué notant que « l’Algérie d’aujourd’hui n’a plus les équilibres de pouvoir d’autrefois ».
« Un exemple d’échec »
L’Algérie a dissout, dit-il, toutes ses institutions d’anticipation, de prospective qui assuraient, durant les années 80, la cohérence et la coordination, y compris entre les pouvoirs politiques, économiques et militaires du pays.
De l’avis de l’ancien gouverneur de la banque d’Algérie « nous n’avons à présent que des lois antinomiques et contradictoires et un mode de fonctionnement institutionnel cassé. » Pire encore, a t-il estimé, « nous ne pouvons faire face au FMI qu’en ayant une légitimité interne basée sur la transparence, mais pour nous ceci constitue toujours un défi et non pas encore une réalité ».
« Corruption sociale »
« Au rythme où on va, on risque, à l’avenir d’enseigner dans le monde comment échouer et on nous citera comme exemple » a t-il avertit déplorant qu’au lieu de favoriser l’émergence d’une classe moyenne pouvant servir d’intermédiaire, les tenants du régime en Algérie ont favorisé le statu quo qui ne peut que bénéficier du soutien étranger et qui se maintient en favorisant, sur le plan social, la démodernisation, le désapprentissage et le tribalisme.
« Nous sommes dans une approche de prédation très violente », a encore dénoncé l’ancien gouverneur de la banque d’Algérie qui cite la fuite massive de capitaux, une lutte accrue entre l’argent de l’impôt classique et l’argent brutal qui favorise l’import-import et la corruption sociale via l’Ansej.
Hadj Nacer a soutenu que la dévaluation du dinar va s’accentuer davantage et va se perpétuer tant « il n’y a aucune confiance des gouvernés envers les gouvernants et il n’y a aucune volonté d’aller vers une convertibilité du dinar qui contraint à rendre des comptes. »

Imene Brahimi TSA
leBloggers

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