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mercredi 22 octobre 2014

Novembre, sans liberté c’est pas novembre !

Onzième mois de l’année et le seul qui manque dans le calendrier de ce pays, le dernier mois fêté et le père de l’âpre vérité. Que sont devenus novembre, sa vaillante révolution et son lourd sacrifice ? Le mois préféré des héros et le butin de guerre des traîtres, en novembre l’histoire se coupe en deux, ceux qui l’ont faite accoucher et ceux qui ont volé la progéniture, ceux qui portaient les bandoulières et ceux qui les attendaient linceuls sur les épaules. Novembre, l’histoire de quelques hommes, d’une puissance  et un destin, d’une bande de lâches, d’un refuge et d’un festin, le chapeau bas de son siècle et le déshonneur de la semaine d’après.
Novembre se souvient, regrette et s’indigne, il y a le novembre du serment et des paroles qui se tiennent, et le novembre qu’on chante pour étouffer les autres mois. Le novembre du peuple, des maquis et des armes, et aussi celui des salons, des frontières et des méfaits de guerre. Il y a le novembre de la fierté et celui qui nous empêche d’en avoir, le novembre des galettes chaudes à partager et le novembre des richesses de pauvres a spolier, celui qui enfanté les martyrs et celui qui fait régner les dictatures. Oui ! Deux novembres, l’un à fêter les larmes aux yeux et un autre à regretter en retenant les larmes, le novembre qui est allé chercher la mort pour faire triompher la vie et celui qui pour une vie nous condamne à mort. Novembre n’a jamais été  un mois, une date ou un caprice de sablier, c’est un hymne, un serment et une vertu, Novembre n’a pas de larmes, ni de repos ni de regrets, un novembre ça dure toute une vie, pas une chanson mais un chant infini de lutte de liberté. Les premiers ont fait novembre et les seconds vivent parce que novembre a été, ceux qui de leurs sangs ont libéré les leurs et ceux qui par le sang nous privent de liberté. Le novembre que me raconte ma grande mère et celui que je crains pour mon enfant, le novembre terre d’espoir et le novembre cimetière des autres saisons.
 Il faut un autre novembre pour libérer novembre, celui qui donnera à l’indépendance la liberté qui va avec, celui qui bâtira et ne se contentera pas des portraits, un autre novembre libéré de juillet, une seconde nuit humide et pluvieuse qui invitera le soleil a jamais, d’autres femmes et hommes, le même serment et toujours le même pays, d’autres luttes, autre temps et l’histoire a l’arrêt. Novembre se souvient, il a le même regard même s’il a vieilli, il a le même espoir même s’il ne le crie plus, il y croit comme il a toujours cru, il sait que sans liberté il ne reviendra pas à la vie, que sans honneurs il se fera oublié. Il attend, confiant, le sourire de la misère il l’a déjà connu, il sait qu’il sera là le jour où tous les autres mois ne suffiront plus, il sait que le miracle est l’enfant de la volonté, il sait que c’est possible quand on y croit plus.
Allah yerham echouhada.

Sidali Kouidri Filali
leBloggers

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