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mercredi 22 octobre 2014

Les deux tiers du parlement ont boycotté le projet de loi de finances 2015 Un député indépendant plonge l’APN dans l’embarras

Les deux tiers du Parlement ont boycotté par leur absence, hier, le débat autour du projet de loi de finances 2015. Du tiers présent, un député indépendant est sorti du lot pour descendre en flammes le président de la Chambre basse, le gouvernement et le premier magistrat du pays.

Mehdi Mehenni - Alger (Le Soir)
Ambiance morose hier, à l’hémicycle Zighoud-Youcef. Le débat autour de la loi de finances 2015 ne semble pas inspirer beaucoup de parlementaires.
Les deux tiers de la Chambre basse ont, en effet, brillé par leur absence. «Même des membres de la commission de finances de l’APN ne sont pas venus», affirme un député de la wilaya de Naâma.
La séance a débuté à 14h30 et les interventions des représentants du peuple ont suivi une heure après. C’est alors qu’un député indépendant de la wilaya de Mila et ex-maire de Chelghoum-Laïd, prend la parole : «Pouvons-nous imaginer un pays tel que l’Algérie, fonctionner sans président de la République, et le Parlement trouve le moyen de débattre de projets de lois, que le pouvoir exécutif ne prend même pas la peine de veiller à leur exécution ?»
Panique. Confusion. Un silence assourdissant règne dans la salle. Les ministres du gouvernement Sellal, pour la plupart présents, restent immobiles sur leurs fauteuils.
Leurs visages ne laissent échapper aucune expression. C’est l’embarras pour le président de l’APN, Larbi Ould Khelifa. Mais l’ambiance est plutôt propice pour Zekad Habib de poursuivre son procès : «Une institution sécuritaire se révolte et le Parlement ne se réunit pas ? Un Parlement qui est devenu la risée de la société algérienne, vu son incapacité à discuter des événements et de l’actualité brûlante du pays... Devant cette situation, j’ai décidé de ne plus débattre d’aucun projet de loi et de ne plus reconnaître ce même Parlement.»
Le député indépendant de Mila avance d’autres arguments : «Comment discuter d’un projet de loi alors que le président de l’APN a refusé la proposition de 100 députés pour débattre du fléau de la corruption dans le pays ? Comment le faire face à un gouvernement et des ministres qui, en plus de ne pas reconnaître le Parlement, le méprisent ? Et dire que certains de nos confrères jouent des coudes pour prendre des photos avec eux…
Mais c’est Larbi Ould Khelifa qui nous a mis dans cette situation, puisqu’il est plus proche du gouvernement que de l’APN qu’il préside.»
Enfin, Zekad Habib, qui a juré que dorénavant ses interventions ne seront centrées que sur les questions essentielles qui préoccupent les citoyens, a laissé glisser cette phrase assassine : «Comment débattre d’un projet de loi, alors que nous ne demandons même pas après un Président – élu en principe par le peuple – qui dirige le pays par procuration ?» 


M. M.Le Soir D'Algérie
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