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samedi 23 août 2014

La production algérienne d’hydrocarbures inquiète économistes et spécialistes du pétrole

La baisse des exportations algériennes d’hydrocarbures a connu une accélération début 2014. Une évolution qui les spécialistes, mais pas le gouvernement algérien, qui reste de marbre.

Le gouvernement algérien maintient l’essentiel de la dépense publique dans le projet de loi de finances 2015, alors que les signes inquiétants s’accumulent pour inciter à infléchir la politique économique en vigueur depuis une décennie, pour aller vers un nouveau modèle moins dépendant des hydrocarbures. Cette tendance devrait se confirmer dès cette semaine lors d’un conseil des ministres prévu pour mercredi 27 août, selon l’économiste Abderrahmane Mebtoul, pour un examen du projet de loi.
Le gouvernement refuse de prendre un nouveau virage malgré « l’incertitude du marché mondial des hydrocarbures », d’une part, et « la très forte consommation intérieure, favorisée par les subventions », d’autre part, selon les propos de M. Mebtoul.
Mais le plus inquiétant provient des chiffres de la Banque d’Algérie, qui avait tiré la première salve, dans sa note de conjoncture pour le premier trimestre 2014. Le rapport faisait état d’une baisse des exportations des hydrocarbures de 9% en volume, et de 12% en valeur, soit une nette accélération de la baisse des recettes de l’Algérie en devises en ce début d’année, malgré les assurances du gouvernement.
Baisse en volume « alarmante »
Ces données ont suscité de vives réactions, dans les milieux pétroliers comme chez les économistes et financiers. Commentant ces résultats, Abdelmadjid Attar, ancien PDG de Sonatrach, estime, dans une déclaration à Maghreb Emergent, que « ce qui est alarmant, c'est surtout la baisse des exportations d’hydrocarbures en volume, car elle est en train de s'inscrire dans une période de baisse continue depuis 2008, avec une aggravation en 2012-2013 ».
M. Attar souligne que « la baisse en valeur de 12% au 1er trimestre 2014 est due essentiellement à la baisse du volume, et peu à celle du prix du baril qui est resté supérieur à 104 dollars ». Selon la Banque d’Algérie, le prix du baril algérien s’est situé à 109 dollars en moyenne.
Pour M. Attar, cette évolution « interpelle à regarder du côté des capacités de production actuelles et futures », car la persistance de cette tendance sur une période de six ans amène à « la question: jusqu'à quand ? Est ce que cela va encore se poursuivre?». Il s’inquiète aussi de voir la part de la consommation interne progresser, alors que la production baisse, ce qui diminue d’autant la part des exportations.
Mauvaise gestion des gisements
De son côté, Abderrahmane Hadj-Nacer, ancien gouverneur de la Banque d’Algérie, rappelle que « la baisse de volume est liée à la gestion désastreuse » des gisements de Hassi-Messaoud et Hassi-R’Mel durant l’ère Chakib Khellil, lorsque la firme américaine Anadarco était associée à l’exploitation des gisements. L’ancien vice-président américain Dick Cheney est réputé actionnaire important d’Anadarko, qui a bénéficié d'une prime de quatre milliards de dollars à la suite d’un arbitrage consécutif à un contentieux lié à une mauvaise application de la loi sur les hydrocarbures.
Noureddine Zouiouèche, ancien PDG de Sonatrach, avait lui aussi déclaré que la baisse de la production est due à une surexploitation du gisement géant de Hassi R’Mel du temps de Chakib Khelil.


MaghrebEmergent
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