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vendredi 4 juillet 2014

Yacine Zaid. Président du bureau de la Laddh à Laghouat Les autorités ont peur que la société civile s’organise

-Il y a une remontée de la répression des protestations à Laghouat, une wilaya considérée par les militants comme un exemple de la contestation pacifique. Pouvez-vous nous éclairer un peu plus sur la situation dans cette wilaya ?  
Le dynamisme a commencé bien avant, lorsque le 10 octobre 2010, une dizaine de chômeurs de Laghouat ont fait le déplacement vers Alger pour participer à une action de protestation devant la maison de la presse Taher Djaout. Cette action leur a permis de se frotter à d’autres militants venus de différentes régions du pays. Durant cette période, nos militants ont appris le sens pacifique de la lutte, ce qui les a servis durant le reste de leur parcours. Ce sont ces mêmes militants qui ont organisé le 4 janvier 2012, à Laghouat, la fameuse protestation qui a duré huit jours contre une distribution partiale de logements.
La région a connu un moment historique car nous avons connu, et pour la première fois, un engouement considérable de citoyens qui ont porté la même plateforme de revendications. Toutes les catégories y ont participé. Depuis, la société civile ne cesse de grimper les échelons pour gagner la confiance des citoyens. Elle s’organise et se structure davantage. Les autorités ont peur de la contagion de cette culture vers les autres villes du pays. Objectif : faire barrage à tout prix à cette dynamique pour faire taire les voix contestataires et tuer la bête dans l’œuf en embarquant tous ceux qui veulent contribuer par les moyens pacifiques à la démocratisation de leur pays.
-Les chômeurs dénoncent une manœuvre des autorités locales qui a pour but  l’étouffement de toute voix contestataire et faire barrage à leur mouvement qui renoue avec le terrain après l’action contre l’exploitation du gaz du schiste. Quelle est votre lecture ?
Chômeurs ou travailleurs, ici, toutes les catégories sont visées. La cible des autorités locales reste la société civile avec toutes ses composantes.  On compte parmi ceux qui sont actuellement en prison les universitaires, les chômeurs, les entrepreneurs et beaucoup d’autres. A travers la répression, le pouvoir algérien lance un message clair, celui de ne tolérer aucune autonomie au sein de la société civile, notamment pour les jeunes. Devant la montée du civisme du citoyen Aghouati, la répression est devenue le seul moyen pour les autorités locales pour faire avorter toute tentative de structuration ou d’organisation qui pourrait constituer un réel contre-pouvoir. Aujourd’hui, je reste perplexe par rapport aux méthodes utilisées par les services de l’ordre. Voir la haine des service de sécurité pendant les arrestations des activistes, je me dis qu’on doit s’attendre au pire !
-Quelle est la situation actuelle de la société civile à Laghouat et comment comptez-vous agir pour défendre et faire respecter les libertés fondamentales ?
Quand ceux qui incarnent la lutte pacifique sont jetés en prison, il est difficile d’encadrer ainsi les manifestants.  La violence reste le seul terrain maîtrisé par les autorités locales, la raison pour laquelle, ils nous poussent à jouer sur leur terrain. Ici, les citoyens comme les militants continuent à donner des leçons de civisme à ses responsables. Quant à la LADDH, nous allons continuer à les dénoncer avec tous les moyens dont nous disposons ! La lutte pacifique continue. Les jeunes de Laghouat vont sans doute décevoir leurs bourreaux.
Meziane Abane Elwatan
leBloggers

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