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lundi 24 février 2014

Présidentielle algérienne: Bouteflika encore et toujours

La présidence a annoncé la candidature en avril du chef de l'État malade à un 4e mandat, qui ne devrait pas lui échapper.

Alger
«Personne ne voulait nous croire, mais on le dit pourtant depuis des semaines!» À la présidence, le ton est à la jubilation. Abdelaziz Bouteflika, 76 ans, hospitalisé en avril dernier suite à un AVC, qui qualifiait sa génération, lors de sa dernière apparition en public en mai 2012, de «révolue», se présente donc à la présidentielle du 17 avril pour un quatrième mandat. L'annonce a été faite samedi par le premier ministre, Abdelmalek Sellal, plongeant dans la sidération la majorité de la classe politique.
Ceux qui n'y croyaient plus l'admettent: des signes avant-coureurs, il y en a eu. Dès septembre dernier, la nomination de proches zélés à des postes clés pour le contrôle des élections - le ministère de l'Intérieur, celui de la Justice et la présidence du Conseil constitutionnel. La tournée du premier ministre dans toutes les régions qui, depuis presque un an, distribue par milliards l'argent de la rente pétrolière et vante le bilan d'un président «à qui l'on doit le retour de la paix», avait aussi le parfum d'une campagne. Enfin, Amar Saadani, élu avec la protection du sérail, secrétaire général du FLN, répétait en toute occasion que le président se présenterait, sans qu'aucune tentative de ses détracteurs pour le destituer n'aboutisse.

Rente pétrolière

L'enjeu - la survie des clans au pouvoir et le partage de la rente pétrolière - est tel que rien n'est en mesure d'affecter l'accord négocié au cœur du système, qui produit, depuis l'Indépendance, des présidents à la place du vote populaire. Ni l'état de santé défaillant du président, ni les récentes attaques du secrétaire général du FLN contre le département du Renseignement et de la Sécurité (DRS), présentées comme le signe d'une rupture entre Abdelaziz Bouteflika et le général Toufik ; ni la récente sortie du très influent ancien chef de gouvernement, Mouloud Hamrouche, laissant entendre que le président et le patron des services secrets devaient partir tous les deux… «Cette candidature, annoncée à l'Ouest, la région du président, sans aucun souci d'équilibre régionaliste, est un passage en force, explique toutefois un officier supérieur de l'armée. Le problème, c'est qu'aucun pôle du pouvoir ne peut, ou ne semble vouloir, se dresser contre un nouveau quinquennat. L'enjeu n'est plus l'élection, fermée et donc remportée d'avance par Bouteflika, mais l'après-17 avril.»
Les opposants et les partis politiques qui ont choisi de boycotter le scrutin s'inquiètent déjà de «l'avenir de l'Algérie sous un président qui n'est pas en mesure de gouverner». «Il ne peut plus faire de discours, il ne peut plus se déplacer à l'étranger et il a tenu deux Conseils des ministres en un an, s'indigne Mourad Goumiri, président de l'Association des universitaires algériens pour la promotion des études de sécurité nationale. Pendant ce temps, le premier ministre continue de distribuer l'argent public, alors même que le directeur de la Banque d'Algérie s'alarme du rythme de nos dépenses!»
Pour conjurer le chaos annoncé par certains, les proches du pouvoir laissent entendre qu'une nouvelle révision de la Constitution (elle a été amendée en 2008 pour déverrouiller le nombre de mandats) est possible après l'élection, avec désignation d'un vice-président. «Un autre scénario est possible, avance un cadre du DRS en s'appuyant sur une nouvelle disposition introduite dans la loi électorale, modifiée… l'an dernier. Quinze jours avant la date de l'élection, pour tout candidat déclaré en état d'empêchement, il peut être procédé à son remplacement par une personnalité qui n'aurait pas à remplir les mêmes conditions que les autres.» Mais le vice-président ou le candidat surprise devraient, eux aussi, faire l'objet d'un consensus, sur lequel pèserait, sauf en cas de décès… l'avis du président.

leBloggers

1 commentaire:

  1. LES GÉNÉRAUX " RECULENT POUR MIEUX SAUTER " !

    En l’absence de " consensus minimal " au sein du Commandement militaire (DRS & Etat-major) pour la désignation d’un nouveau " poulain docile et servile ", les Généraux des deux piliers/ leviers puissants du Pouvoir militaro-mafieux ont donc convenu d’un " commun accord " de sortir la carte du " 4° mandat" de l’hémiplégique mourant, âgé de 77 ans.....la question de sa succession se posera dans peu de temps, vu l’état de santé qui se dégrade de plus en plus !

    De cette manière, le Régime militaro-mafieux tient le pays en haleine, le suspend, et adresse un massage de défiance et de mépris à l’égard de la population civile, d’arrogance suprême et de zèle ultra-excessif....Les Généraux sanguinaires et prédateurs misent la lassitude extrême de la population, Ils jouent le pourrissement de la situation, l’exacerbation totale de la crise multidimensionnelle, et d’abord et fondamentalement politique, liée à la question fondamentale qui est la " question de la légitimité ", en suspend depuis 1962, début des putschs, des confiscations, spoliations et toutes sortes de malheurs induits par la Junte dictatoriale militaire....

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