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mercredi 5 février 2014

Amar le bavard

Amar il a raison quand il dit qu'il est temps de passer à un Etat civil. Mais Amar il a tort quand il dit que Bouteflika est l'homme de la situation car en 15 ans de règne, on aurait au moins vu autre chose qu'une restriction globale des libertés, un contrôle accru de la population et de grotesques fraudes électorales. Amar il a raison de dire qu'il n'est pas normal qu'un colonel des services soit présent dans les administrations et institutions.
Mais Amar il a tort quand il dit que le FLN est victime de manipulations puisque c'est lui-même qui est passé outre le Conseil d'Etat pour son maintien. Amar il a raison quand il dit qu'après 200 000 morts, la moindre des choses pour un patron des services de sécurité est de démissionner et Amar il a raison quand il dénonce la mainmise du DRS sur la justice. Mais Amar il a tort quand il explique que Chakib Khelil est victime d'un complot puisque le scandale a été dévoilé par la justice italienne. Amar il a raison quand il dit que le DRS doit s'occuper de contre-espionnage et pas de mettre les dirigeants, les journalistes et les juges sur écoute. Mais Amar il a tort quand il oublie que son mentor Bouteflika n'a toujours pas voulu établir l'indépendance de la justice en plus d'une décennie de pouvoir absolu.
Dans ces joutes du 3e type qui annoncent de beaux mouvements sportifs pour les prochaines semaines, les médias et l'intelligentsia crient dans leur majorité au dérapage, ceux-là mêmes qui s'accommodent d'un Etat policier resté coincé sur les années soviétiques. On a regardé derrière Amar. Y avait-il quelqu'un ? Une ombre est passée, ombre de son ombre, ombre de sa main, frère de l'ombre de sa main. Faut-il hurler avec les loups et les journaux de l'ANEP qui l'ont traité d'homosexuel ? Non, mais qui a tort, Si Ali ou Si El Mali ? Les deux puisqu'ils sont les deux faces de la même pièce. Et une pièce, même de théâtre, ne peut avoir raison.
Chawki Amari Elwatan
leBloggers

1 commentaire:

  1. LA PERTINENTE EXPLICATION DE SAMIR HCHICHA.NET :

    « Je crois que nous assistons encore une fois à des manœuvres visant à faire passer dans les meilleures conditions (pour les décideurs) cette autre étape dans la vie du Régime illégitime qui dirige l’Algérie »: l’Algérien qui s’exprime ainsi au Soir s’appelle Samir Hchicha, il blogue depuis Paris. « Je suis de ceux, poursuit-il, qui ne croient en rien toute la communication qui vient des Hautes instances du Régime algérien. Cette ‘ attaque ’ frontale du Secrétaire général du FLN contre le Chef du DRS rentre donc, à mon avis, dans un schéma qui vise au mieux à faire passer Saâdani (et son groupe) comme des ‘opposants’ aux vrais décideurs. En réalité, le Régime algérien est une Oligarchie militaro-financière (ou mafieuse), et ce genre de déclarations n’a aucun sens réel dans la mesure où le Régime existe et perdure autrement que par ces ‘guéguerres médiatiques’ qui sont destinées à la consommation des opinions publiques interne et internationale.»

    Selon certains analystes, en effet, l’armée, incapable de s’entendre sur un successeur à Bouteflika, aurait opté faute de mieux pour un nouveau mandat de ce dernier. Ce qui revient à reculer pour mieux sauter: vu l’état de santé du «raïs», la question de sa succession se reposera de toute manière très vite.

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