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mardi 4 février 2014

Algérie : après la guerre des clans, la dangereuse dérive médiatique



Comme attendu, les déclarations d’Amar Saïdani, le secrétaire général du FLN, à propos du Général Toufik, le patron du DRS, les services de renseignements algériens, ont donné lieu à une véritable guerre de clans qui déchirent la scène politique algérienne à travers toutes ses composantes.
Une guerre qui a pris aussi une dimension médiatique alarmante où les divers médias se lancent dans des diatribes violentes selon leur positionnement idéologique, et financier surtout, vis-à-vis de tel ou tel clan. Les médias proches du patron du DRS n’ont, donc, pas tardé à réagir pour descendre en flammes Amar Saïdani qui a lancé de graves accusations à l’encontre du général Toufik. Et pour défendre leur «poulain», certain média n’ont pas hésité à outrepasser toutes les limites de la déontologie et de l’éthique. Il en est ainsi du Jeune Indépendant, un quotidien national dont l’existence remonte à 1990, qui s’est rendu coupable, mardi matin, d’une grave dérive médiatique en mettant à sa Une un titre choquant, insultant et pour le moins que l’on puisse dire «honteux».
«Quand un Homo provoque un Homme» ! La voila donc la Une de ce quotidien algérien qui confond l’insulte, l’invective avec la critique journalistique. Amar Saïdani est donc qualifié publiquement de «homosexuel» comme si son orientation sexuelle expliquait réellement ses prises de position ou la virulence de ses déclarations. Faut-il déduire que toute personne qui s’attaque au général Toufik est par conséquent «homosexuel», à savoir un homme qui manque de virilité, d’honneur et de dignité ?  C’est le message que veut nous délivrer ce quotidien national qui bénéficie de la manne publicitaire publique, et donc de l’argent du contribuable algérien ? Pourquoi mêler la sexualité, les mœurs au débat politique même si celui-ci s’apparaît violent et électrique ? Toutes ces questions, le ministère de la communication, si prompt à donner des leçons de morales à la presse notamment les sites d’information qui ne sont toujours pas reconnus légalement en Algérie, devrait se les poser sérieusement pour expliquer au citoyen algérien comment une telle dérive médiatique peut se produire sans que cela ne soulève pas l’indignation des autorités publiques.
Aujourd’hui, il est devenu clair que l’Algérie, à la veille d’une élection présidentielle capitale pour son avenir, s’éloigne du bon sens, de la droiture et de l’intégrité morale, pour s’enfoncer dans les polémiques haineuses et dérives immorales. Notre pays n’a vraiment pas besoin de cela…

leBloggers

1 commentaire:

  1. LA PERTINENTE EXPLICATION DE SAMIR HCHICHA.NET :

    « Je crois que nous assistons encore une fois à des manœuvres visant à faire passer dans les meilleures conditions (pour les décideurs) cette autre étape dans la vie du Régime illégitime qui dirige l’Algérie »: l’Algérien qui s’exprime ainsi au Soir s’appelle Samir Hchicha, il blogue depuis Paris. « Je suis de ceux, poursuit-il, qui ne croient en rien toute la communication qui vient des Hautes instances du Régime algérien. Cette ‘ attaque ’ frontale du Secrétaire général du FLN contre le Chef du DRS rentre donc, à mon avis, dans un schéma qui vise au mieux à faire passer Saâdani (et son groupe) comme des ‘opposants’ aux vrais décideurs. En réalité, le Régime algérien est une Oligarchie militaro-financière (ou mafieuse), et ce genre de déclarations n’a aucun sens réel dans la mesure où le Régime existe et perdure autrement que par ces ‘guéguerres médiatiques’ qui sont destinées à la consommation des opinions publiques interne et internationale.»

    Selon certains analystes, en effet, l’armée, incapable de s’entendre sur un successeur à Bouteflika, aurait opté faute de mieux pour un nouveau mandat de ce dernier. Ce qui revient à reculer pour mieux sauter: vu l’état de santé du «raïs», la question de sa succession se reposera de toute manière très vite.

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