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mercredi 11 décembre 2013

SOS ALGÉRIENNE EN DÉTRESSE: Souhaïla Benabid «Mon sort est entre les mains de notre ambassadeur en Égypte»

Divorcée depuis un mois après un mariage qui a duré dix-neuf ans, Souhaïla Benabid, native de l’est du pays, maman de quatre enfants, vit l’enfer à Ghaza. Piégée, elle n’arrive pas à quitter le territoire palestinien via le point de passage de Rafah. Son ex- mari déploit ses « connaissances » et use de son influence pour la punir.
C’est une femme traumatisée que nous avons réussi à joindre hier par téléphone. Délestée de ses affaires et séparée de ses enfants, sans resources, c’est grâce à la générosité de quelques amis qu’elle réussit à survivre depuis un mois. Tout le monde ou presque l’évite et n’ose pas intervenir, de peur des représailles de son mari, un homme très influent dans la bande. Pis encore, l’administration locale lui met les batons dans les roues sur instruction de son ex-mari, directeur des affaires des ex-prisonniers et un cadre influent du Hamas qui contrôle la bande de Ghaza. « Pour avoir mon acte de divorce,  j’ai dû faire appel à une ONG, l’association « El Hayat » qui défend les droits des femmes battues ici à Ghaza, en plus, de l’intermédiation d’une organisation de défense des droits de l’homme. Mon ex-époux a accepté enfin sous leur pression, de me remettre mon acte de divorce et d’effacer mon nom de la liste des personnes interdites de quitter Ghaza via le point de passage de Rafah, seule issue de sortie ».
Elle nous raconte sa dernière tentative de passage vers l’Egypte. Munie de son passeport algérien en cours de validité et délivré par nos services consulaires au Caire, elle est descendue du bus à quelques mètres des frontières. « Le passage n’est ouvert que trois fois par semaine pour quelques heures seulement. Les Egyptiens ne font aucune différence entre Palestiniens et Algériens. C’est la même règle pour tous. Pourtant, une femme russe dans la même situation que moi a mis quelques heures pour quitter Ghaza et cela, grâce à l’intervention rapide du consulat de son pays au Caire. Je ne me sens pas en sécurité ici. Mon mari est capable de tout. Même divorcée, je suis toujours à sa merci. Il m’a battue durant des années, je sais de quoi il est capable ». Pourquoi dois-je attendre tout ce temps ?  Je suis une Algérienne détentrice d’une carte consulaire délivrée par notre ambassadeur en Egypte. Il suffit d’une simple coordination entre notre ambassade et le ministère des Affaires étrangères égyptien pour que la situation se débloque et que je sois prise en charge. Notre consul peut facilement m’aider. »
Selon nos sources, notre interlocutrice peut bénéficier d’une « évacuation sécuritaire urgente ». Une fois sur le sol égyptien et grâce à l’intervention du consul algérien, elle est escortée jusqu’à un aéroport pour quitter l’Egypte vers l’Algérie. Désespérée par sa situation et les agissements de son ex-époux, qui utilise son pouvoir pour la retenir, notre interlocutrice persiste et signe, « basta, basta, je ne veux plus rester dans cette bande, après avoir tout perdu, je n’ai plus envie de rester.
Je veux rentrer chez moi dans les plus brefs délais, et avant la fin de la période des trois mois de ma «aida», qui se terminera le 20 février prochain ». Cependant, là où le bât blesse, c’est qu’il faut attendre un mois pour pouvoir s’inscrire sur la liste de Rafah. « Après s’être inscrite, une sorte d’autorisation de passer, je dois  attendre également une quinzaine de jours . Autrement dit, je dois patienter  jusqu’à la mi-janvier, si mon mari ne fait pas tout capoter. Je n’ai pas d’argent ni ou aller pour passer encore un mois ici… s’il vous plaît aidez-moi… appellez notre consulat, faites quelque chose». Pis encore, notre interlocutrice nous a fait part d’un autre cas d’une de ses compatriotes vivant à Ghaza, qui a sollicité le consul d’Algérie en Egypte, pour permettre à son fils de quitter la bande pour  poursuivre ses études en Egypte, mais sa demande est tombée dans l’oubli.

Yahia Maouchi Algérie News
leBloggers

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