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mercredi 18 décembre 2013

BILAN ANNUEL - 71 journalistes ont été tués en 2013

2013 en chiffres :
Journalistes tués : 71 (-20%)
Journalistes interpellés/arrêtés : 826 (-6%)
Journalistes agressés ou menacés : 2160 (+9%)
Journalistes enlevés : 87 (+129%)
Journalistes qui ont fui leur pays : 77 (+5%)
Collaborateurs des médias tués : 6
Net-citoyens et citoyens-journalistes tués : 39 (-17%)
Blogueurs et net-citoyens arrêtés : 127 (-12%)
Journalistes tués :
39 % en zone de conflit
8% de freelance
4% de femmes journalistes
Types de médias :
Presse écrite : 37%
Radio : 30%
TV : 30%
Web (portail d’information en ligne) : 3%
178 journalistes emprisonnés (au 15 décembre 2013)
Le bilan annuel des violations de la liberté de l’information, établi chaque année par Reporters sans frontières, témoigne en 2013 d’un niveau élevé de journalistes tués dans l’exercice de leurs fonctions (71) malgré une légère baisse (-20%) et d’une augmentation importante des enlèvements (+ 129%). Les exactions commises contre ceux qui exercent le journalisme demeurent à un niveau général élevé. « La lutte contre l’impunité doit être une priorité de la communauté internationale, à quelques jours du 7ème anniversaire de la résolution 1738 du Conseil de sécurité des Nations unies sur la sécurité des journalistes, et alors que de nouveaux textes internationaux sont venus renforcer le dispositif normatif de protection,” déclare Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières.
Selon le recensement de Reporters sans frontières, 71 journalistes ont été tués dans le cadre de leurs fonctions dans le monde. Les zones les plus touchées sont l’Asie (24 morts),le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (23 morts). L’Afrique sub-saharienne connaît une baisse drastique du nombre de tués, qui passe de 21 en 2012 à 10 en 2013 et reflète une diminution des assassinats de journalistes en Somalie (7 en 2013 contre 18 en 2012). L’Amérique latine connaît une faible diminution du nombre de journalistes assassinés dans le cadre de leur exercice professionnel (12 morts en 2013 contre 15 en 2012).
La Syrie, la Somalie et le Pakistan confortent leur position parmi les cinq pays les plus meurtriers pour la profession (lire plus bas). Ils sont rejoints cette année par l’Inde et les Philippines, qui supplantent le Mexique et le Brésil. Le Brésil compte pourtant cinq tués en 2013, soit le même chiffre que l’année précédente. Deux journalistes ont été tués au Mexique, mais trois autres ont disparu. Le retour du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) au pouvoir il y a un an et les pressions nouvelles exercées sur les médias par les centres de pouvoir contribuent à une forte hausse de l’autocensure. C’est malheureusement à ce prix que peut se comprendre une baisse toute relative du nombre de morts dans un certain nombre de pays.
Parmi les journalistes tués cette année, quatre sur dix (39 %) ont été victimes de conflits. Sont ainsi comptabilisés les journalistes tués en Syrie, en Somalie, au Mali, dans les provinces de Chhattisgarh (Inde), du Balouchistan (Pakistan) et du Daghestan (Russie). Les autres ont été victimes de la couverture d’attentats, ou assassinés par des groupes liés au crime organisé (mafia, narcotrafic, etc), des milices islamistes, par des forces de l’ordre ou sur ordre d’officiels corrompus. Les 71 journalistes tués en 2013 étaient en majorité issus de la presse écrite (37%), de la radio (30%), de la TV (30%) ou de plateformes d’information en ligne (3%). Ils étaient de sexe masculin (96%) pour l’immense majorité d’entre eux.
Le nombre de journalistes tués en 2013 dans le cadre de leurs activités d’information baisse de 20% par rapport à l’année 2012, qualifiée par Reporters sans frontières d’”hécatombe pour la presse” avec 88 tués. Le nombre de journalistes tués s’est élevé à 67 en 2011, 58 en 2010, 75 en 2009. Cette diminution est relativisée par un accroissement des agressions et des menaces, qu’elles émanent de groupes infra-étatiques ou des forces de l’ordre. Les journalistes ont systématiquement été pris pour cibles par les forces de l’ordre en Turquie et dans une moindre mesure en Ukraine, en marge des mouvements de protestation du parc Gezi et de la place Maïdan. Le “Printemps brésilien” a donné lieu à des actes de répression d’une grande ampleur avec plus de 100 cas recensés, la plupart attribués au zèle répressif de la police militaire. La Colombie et le Mexique ont également connu d’importantes vagues de protestations propices à ce genre de brutalités. Les professionnels des médias ont été en première ligne des troubles politiques qui ont agité l’Egypte en 2013, des troubles interconfessionnels en Irak et de l’insécurité entretenue par les milices en Libye. En Guinée, les journalistes ont été régulièrement menacés par les deux bords, au cours des manifestations qui ont précédé les élections. Les attaques et menaces se sont également accrues au Pakistan, au Bangladesh et en Inde, parallèlement aux assassinats.
L’année 2013 a été marquée par une augmentation du nombre de journalistes kidnappés (87 contre 38 en 2012). L’immense majorité des cas répertoriés concerne le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (71), suivis de l’Afrique sub-saharienne (11). Quarante-neuf journalistes ont été enlevés en Syrie en 2013 et 14 en Libye. Le rythme des enlèvements s’est accéléré en Syrie en 2013. Ils revêtent un caractère de plus en plus systématique et dissuadent dans de nombreux cas les reporters de se rendre sur le terrain. Si les journalistes étrangers sont de plus en plus ciblés par le régime et des groupes islamistes tels que l’Etat islamique d’Irak et du Levant (ISIS) et Jabhat Al-Nosra, leurs collègues syriens demeurent les plus exposés. Au moins 18 représentants de la presse étrangère et 22 acteurs syriens de l’information sont toujours otages ou portés disparus.
La violence et l’insécurité contraignent un nombre grandissant de journalistes à l’exil. La violence du conflit syrien a précipité le départ d’au moins 31 journalistes professionnels ou citoyens au cours de l’année 2013. Nombre d’entre eux se trouvent actuellement sans ressources et vulnérables en Turquie, en Jordanie, au Liban ou en Egypte. Accusés de soutenir les Frères musulmans et victimes de xénophobie en Egypte, interrogés et intimidés par les services de sécurité jordaniens, menacés par les milices pro Al-Assad au Liban, leur situation demeure souvent extrêmement précaire.Malgré l’élection à la présidence du candidat modéré Hassan Rohani en juin 2013 et ses promesses d’ouverture, 12 journalistes iraniens ont fui leur pays pour assurer leur sécurité et fuir la répression de Téhéran en 2013. La tyrannie du régime d’Asmara a provoqué en 2013 le départ de cinq professionnels de l’information érythréens refusant de se transformer en valets de la propagande du régime d’Issaias Afeworki ou craignant d’être arrêtés et détenus au secret dans les terribles camps de prisonniers du pays. L’hémorragie de journalistes continue en Somalie. Echouant le plus souvent au Kenya voisin, ils ont vu leurs situations se fragiliser et leurs conditions de vie se dégrader en 2013. En cause, les sentiments xénophobes exacerbés par l’offensive militaire kenyane en Somalie débutée en 2011 ainsi que l’incertitude régnant autour de l’enregistrement des demandes de protection somaliennes par le Haut Commissariat pour les réfugiés des Nations unies.
Au moins 178 journalistes sont emprisonnés à ce jour. La Chine, l’Erythrée, la Turquie, l’Iran et la Syrie demeurent, comme en 2012, les cinq principaux geôliers du monde pour les journalistes (lire plus bas). Le nombre de prisonniers reste stable en Chine, en Erythrée, en Iran et en Syrie, et connaît une baisse relative en Turquie. Si des réformes législatives ont abouti à la remise en liberté conditionnelle d’une vingtaine de journalistes turcs, elles restent encore très insuffisantes au regard des pratiques répressives de la justice.
Les atteintes sont perpétrées contre les acteurs de l’information au sens large. Outre ces 71 journalistes tués, les citoyens-journalistes et net-citoyens sont touchés de plein fouet (39 tués en 2013, 47 en 2012), notamment en Syrie. Ces citoyens-journalistes, hommes et femmes, exercent la fonction de reporters, photographes ou vidéastes et tentent de documenter leur quotidien et la répression.
Le 13 décembre dernier, le secrétaire général de Reporters sans frontières, Christophe Deloire intervenait devant le Conseil de sécurité de l’ONU à New York lors d’une réunion sur le thème : « Protéger les journalistes ». A cette occasion, il s’est prononcé pour un durcissement de la lutte contre l’impunité. Reporters sans frontières demande que soit amendé l’article 8 du Statut de la Cour pénale internationale relatif aux crimes de guerre, afin de qualifier expressément comme tel “le fait de lancer des attaques délibérées contre les journalistes, les professionnels des médias et le personnel associé”. L’organisation recommande la mise en place d’un groupe d’experts indépendants ou un groupe de suivi, rattaché au Secrétariat général des Nations unies, qui suivrait le respect par les États-membres de leur engagement sur le traitement judiciaire impartial et efficace des violences contre les journalistes. Enfin, Reporters sans frontières demande à l’ONU et aux Etats membres de favoriser des procédures de protection et de réinstallation pour les acteurs de l’information et défenseurs des droits de l’homme menacés dans les pays de transit et de mettre en place un mécanisme d’alerte spécifique.
Pour établir ces chiffres, Reporters sans frontières se fonde sur des données précises, collectées tout au long de l’année grâce à son activité de veille des violations de la liberté de l’information. Sont inclus dans ces statistiques les journalistes et les net-citoyens ayant trouvé la mort dans le cadre de leur travail d’information. Les journalistes ou net-citoyens tués dans le cadre d’activités strictement politiques ou militantes, en tout état de cause sans lien avec une démarche d’information, ne sont pas pris en compte par Reporters sans frontières. Les cas sur lesquels l’organisation n’a pas encore pu réunir les éléments nécessaires pour statuer avec rigueur demeurent en investigation.
Les cinq pays les plus meurtriers pour les journalistes
Les cinq plus grandes prisons du monde pour les journalistes

Reporters Sans Frontières


leBloggers

2 commentaires:

  1. A monsieur Yacine, je vous suggère la création ou la constitution d'une association des JOURNALISTES MARGINALISES, ils sont nombreux en Algérie qui ne mangent pas du pain sale et qui n'adoptent jamais la Chita, ils sont marginalisés par les éditeurs commerçants de la presse en Algérie.
    Veuillez me répondre pérsonnellement à cette suggestion.

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  2. une très bonne idée, malheureusement, moi je ne suis pas un journaliste, je connais beaucoup d'entre eux comme vous le dite, qui sera très bénéfique pour eux une telle association

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