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jeudi 16 mai 2013

Un choc pétrolier en perspective, selon l’aie L’Algérie va droit au mur


Dans son rapport détaillant les conséquences du développement de l’industrie du pétrole de schiste aux Etats-Unis sur les marchés, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) s’est inspirée assurément des derniers pronostics de la CIA pour le devenir du monde en 2030.

La Central Intelligence Agency (CIA), qui a publié un rapport dans lequel toutes les facettes du monde de 2030 ont été dessinées, a prévu une montée en puissance des hydrocarbures non conventionnels, développés suivant un rythme effréné aux USA, pour transformer à terme de fond en comble les marchés pétroliers et gaziers.            
Contrairement aux écologistes qui militent bec et ongles contre l’industrie du gaz et du pétrole de schiste, la CIA se montre beaucoup plus optimiste dans ses Global Trends 2030. «Le monde en 2030», écrit par les experts de la CIA, rassure que « grâce aux nouvelles techniques de fracturation hydraulique, l’exploitation du pétrole et du gaz de schiste devrait atteindre des niveaux exceptionnels». Les Etats-Unis seraient déjà autosuffisants en gaz et ils le seront, en 2030, en pétrole.
Cette prévision à elle seule suffit à donner des sueurs froides dans le dos des pays pétroliers, à l’image de l’Algérie, dont le salut budgétaire repose sur le seul revenu pétrolier. Si le développement de l’industrie du gaz et du pétrole de schiste permettrait aux USA de «baisser les coûts de production manufacturière et d’encourager la relocalisation de ses industries de main-d’œuvre», le risque, pour les autres pays producteurs de pétrole, est de voir le contrôle de l’offre et les prix leur échapper. «Si les Etats-Unis – principaux importateurs mondiaux d’hydrocarbures – cessent d’importer du pétrole, les prix du baril s’effondreront», a écrit la CIA dans son Global Trends 2030.
Quelles seraient alors les conséquences pour les actuels pays exportateurs ? C’est ce à quoi a tenté de répondre, hier, l’AIE dans son rapport qui aborde les effets de l’industrie du pétrole et du gaz de schiste sur les marchés à moyen et long termes.
Il va sans dire qu’une hausse de l’offre sur les marchés, combinée à une consommation mondiale stagnante, provoquerait un effondrement inévitable des prix.  Parallèlement à cette situation si compromettante pour les pays dépendant des recettes pétrolières, dont l’Algérie, les menaces sur la sécurité alimentaire s’aggraveraient en 2030 sous l’effet de la poussée démographique, pronostique la CIA.
«La baisse des performances de l’agriculture associée à des politiques nationales protectionnistes portent atteinte aux approvisionnements mondiaux et mettent en danger la sécurité alimentaire de la plupart des régions, en particulier les plus pauvres. Les sécheresses récurrentes – et persistantes – dans les bassins du Nil, du Tigre et de l’Euphrate, du Niger, de l’Amazone et du Mékong ont affecté les niveaux de production. Ces effets sont à mettre en corrélation avec l’impact de l’augmentation de la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère», prévoient les enquêteurs de la CIA.
L’Algérie, pays réputé grand importateur de produits agricoles, a-t-elle pris au sérieux les risques auxquels elle est confrontée ? Pas si sûr. Sur le plan économique, le pays va droit dans le mur. Les risques évoqués par le rapport de la CIA, remis au goût du jour par l’AIE, ne sont pas à prendre avec des pincettes, surtout pour un pays comme l’Algérie qui souffre d’une grave crise de production et de logique économique. 
Ali Titouche Elwatan
leBloggers

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