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mardi 14 mai 2013

Interrogations autour des activités du chef du cabinet d’avocats français Gide à Alger

Depuis maintenant 10 ans, le cabinet d’avocats français Gide conseille le gouvernement algérien sur plusieurs dossiers industriels et financiers. Il l’a, par exemple, accompagné dans le processus de privatisation d’entreprises publiques ou dans l’actuelle stratégie industrielle.
Mais depuis quelques mois, les activités de son représentant Samy Laghouati suscitent quelques interrogations, notamment sur l’existence d’un conflit d’intérêt. Début 2013, il devient actionnaire dans une nouvelle société dénommée Sarl « Invest Com Conseil », au côté d’hommes d’affaires connus sur la place d’Alger, selon un document en notre possession.
Les trois autres actionnaires sont Mahieddine Tahkout, PDG de l’entreprise de transport de voyageurs dont les bus assurent notamment le transport des étudiants, Ahmed Choudar, DG de Trust assurances, et Nadhim Sakhri, désigné à la tête de la nouvelle entité. Cette nouvelle société couvre diverses activités de conseils, qui vont de l’étude de droit au renseignement, en passant par le courtage en assurances et l’aide d’investissement, selon ses statuts.
A Alger, Samy Laghouati dirige le bureau de Gide et il est également conseiller du commerce extérieur auprès de l’ambassade de France en Algérie. En conseillant le gouvernement algérien, le bureau de Gide a accès à des informations économiques de première main. Son chef ne risque-t-il pas de les utiliser dans ses autres fonctions ?
Interrogé, Samy Laghouati affirme que son cas est « normal ». « Un cabinet peut avoir dans son portefeuille des clients publics et des clients privés », assure-t-il. Selon lui, un conflit d'intérêt dans le métier de conseil « est caractérisé lorsque sur un même dossier, une même opération, le consultant intervient pour le compte de toutes les parties ».
Concernant la société de courtage dans laquelle il est actionnaire, il réfute tout conflit d’intérêt : « Non, il n y a pas de conflits d’intérêt. »
M. Laghouati affirme, document à l’appui : « Conformément à une modification statutaire intervenue par devant notaire le 11 avril 2013, les statuts de la Sarl Invest Com Conseil ont été modifiés à l'effet de supprimer toute activité de conseil et de conserver uniquement et exclusivement l'activité de courtage en assurances. »
La nouvelle société « n'a fait l'objet ni d'agrément l'autorisant à exercer, ni même de déclaration d'existence fiscale, elle ne peut donc ainsi opérer », assure-t-il.
La modification de l’acte est intervenue, explique-t-il, « parce que je leur ai demandé de faire uniquement du courtage, et cela n'a aucun rapport avec le conflit d’intérêt », insiste l’avocat. Avant de menacer TSA de poursuites judiciaires, si l’information est publiée. Contacté par mail et par téléphone, le siège de Gide à Paris n’a pas souhaité réagir.
 
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