Page d’accueil

dimanche 10 mars 2013

Problèmes du Sud : les mauvaises réponses du pouvoir

Un ministre de l’Intérieur de 80 ans qui installe de simples fonctionnaires, désignés par Bouteflika, comme walis de wilayas du Sud pour gérer une situation explosive. Face à la grave situation que connaît le sud du pays, le pouvoir répond par des petites mesures : six wilayas de la région (El Oued, illizi, Tindouf, El Bayadh, Ouargla et Tamanrasset) ont à partir d’aujourd’hui de nouveaux walis.

Censés apporter des réponses aux nombreux problèmes des populations locales, les nouveaux walis n’ont ni l’envergure politique ni les compétences techniques pour la mission qui leur a été confiée.

Hormis le wali d’Illizi, Madhoui Ali, député à l’Assemblée populaire nationale (APN) qui connaît bien la région et possède des liens étroits avec toutes les tribus locales, y compris en Libye, les autres n’ont aucun argument sérieux à faire valoir. De simples fonctionnaires qui n’ont pas brillé dans leurs précédents postes. Ils n’ont pas exercé dans des wilayas importantes et ne possèdent pas les compétences reconnues en matière de dialogue social ou en économie.

Les wilayas du Sud ont besoin de compétences capables d’abord d’instaurer un véritable dialogue politique avec les acteurs locaux et de mettre fin à la politique de répression et d’intimidation, appliquée systématiquement dès que des revendications sont soulevées.

Ces régions ont besoin de responsables capables d’imaginer des politiques sérieuses de développement économique et de création d’emploi, et non d’un ministre de l’Intérieur qui ignore que tous les recrutements passaient déjà via l’Anem depuis presque 10 ans.

Que la loi oblige les entreprises à passer par l’Anem pour les recrutements. Et que si un ministre veut modifier une loi, il devrait passer par le Parlement. On ne peut pas délégitimer le Parlement et ignorer les lois, comme le fait le ministre de l’Intérieur, et prétendre en même temps donner de la légitimité à des walis pour régler des problèmes.

Le pouvoir doit apprendre à traiter le Sud avec moins de mépris et trouver des solutions concrètes aux problèmes du chômage et du mal-vivre dont souffrent les populations du Sud. Il doit également revoir sa politique de redistribution des richesses issues de l’exportation des hydrocarbures et veiller au respect strict de l’équilibre régional dans l’attribution des programmes de logements, dans la construction d’hôpitaux et dans l’octroi de postes dans la haute administration et les entreprises publiques. Le gouvernement ne comporte aucun ministre issu de cette région. Les habitants du Sud ne sont pas non plus représentés dans la haute administration, ni à la tête des grandes entreprises publiques.

Les entreprises pétrolières étrangères, qui engrangent des milliards de bénéfices grâce à la générosité des contrats attribués par Sonatrach, pourraient aussi faire l’effort de participer au développement des wilayas du Sud, au lieu de verser des dizaines de millions de commissions à des intermédiaires voyous. 

Samir Allam TSA
leBloggers

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire