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mardi 26 mars 2013

Militants algériens empêchés de participer au Forum social mondial à Tunis : le pouvoir provoque la colère des ONG internationales de défense des droits de l’Homme

Human Rights Watch (HRW) a qualifié ce mardi de « scandaleuse » la décision des autorités algériennes d’empêcher des militants des droits de l’Homme et des syndicalistes de quitter le territoire national pour assister au Forum social mondial (FSM) dont les travaux ont commencé aujourd’hui dans la capitale tunisienne. « Il est scandaleux que les autorités algériennes interdisent à ces militants de se rendre en Tunisie pour assister au Forum social mondial », a déclaré le vice-président Moyen-Orient et Afrique du Nord de HRW, Eric Goldstein, appelant les autorités algériennes à « réfléchir à nouveau et permettre aux militants algériens de se rendre en Tunisie, sans faux-fuyants ni retard ».
HRW accuse les autorités algériennes d’entraver les activités « légitimes » de défense des droits humains. Elle rappelle l’affaire de l’expulsion des syndicalistes maghrébins venus à Alger pour assister à un forum de lutte contre le chômage. « Il est grand temps qu'elles [les autorités, NDLR] mettent fin à leur campagne de harcèlement et d'intimidation des partisans de la réforme, et d'observer leurs obligations en vertu du droit international », a ajouté M. Goldstein.
 
Le Cisa écrit à Bouteflika
 
De son côté, le Comité international de soutien au syndicalisme autonome algérien (Cisa) a dénoncé ce mardi les « obstacles à la liberté de mouvement » et appelle les autorités algériennes « à mettre un terme à toute forme de harcèlement » contre les défenseurs des droits de l’Homme. « Le pouvoir ne veut pas qu'ils témoignent de la situation des droits de l'homme en Algérie au Forum Social Mondial de Tunis », écrit le Cisa dans une lettre ouverte au président Abdelaziz Bouteflika.
 
Le comité du Forum social mondial (FSM) prévoit de tenir un rassemblement, jeudi, devant l’ambassade d’Algérie à Tunis pour protester contre l’interdiction d’entrée en Tunisie aux militants et aux syndicalistes algériens, selon Rachid Malaoui, responsable du Syndicat national autonome du personnel de l’administration publique (Snapap).
 
Lundi, plusieurs syndicalistes du Snapap et militants de la LADDH et de SOS Disparus devant participer au Forum social mondial (FSM) ont été refoulés par la police, au poste frontalier d’Al Ayoun (El Tarf), à la frontière algéro-tunisienne puis au niveau du poste frontalier de Sakiet Sidi Youcef, selon Hacène Ferhati, membre de SOS Disparus.
 
 
Le RCD dénonce le ghetto imposé aux Algériens
 
Le RCD a estimé dans un communiqué que cette interdiction « aggrave l’isolement de l’Algérie sur la scène mondiale et humilie la Nation ». « Cette nouvelle violation du droit à la liberté de mouvement et ce ghetto imposé aux participants algériens à des rencontres internationales signent la constance d’un pouvoir aux abois et coupé des réalités du monde », écrit le RCD. «  Acculés et rejetés, les tenants du pouvoir, au lieu de saisir la gravité de la situation, versent dans l’improvisation et la fuite en avant », ajoute-t-il.
 
Évoquant la situation à Ghardaïa où des troubles ont éclaté ce matin, le RCD condamne la répression qui s’est abattue sur les chômeurs et les défenseurs des droits de l’Homme, et apporte son soutien aux manifestants et exige la libération « immédiate des détenus ».
 
Une violation manifeste de la liberté de circulation
 
Plusieurs organisations dont le Collectif des familles des disparus en Algérie (CFDA), SOS Disparu, le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme (REMDH), l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et de l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT), la LADDH, le Snapap, le Réseau d’avocats pour la défense des droits de l’Homme (RADDH) et l’association Agir pour le changement démocratique en Algérie (ACDA) ont condamné aujourd’hui l’interdiction « arbitraire de quitter le territoire algérien pour une délégation de militants de droits de l’Homme et syndicalistes autonomes » pour prendre part au FSM.
 
Cette interdiction est « une violation manifeste de la liberté de circulation aussi bien que des libertés de réunion et d’association garanties par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ratifié par l’Algérie », ont ajouté ces organisations dans un communiqué.
 
leBloggers

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