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jeudi 31 janvier 2013

Nadir Dendoun : le photographe de Bagdad En prison pour avoir exercé son métier

L’arrestation, il y a une semaine le 23 janvier, du journaliste engagé Nadir Dendoun en Irak, n’a été connue par le public que deux jours après. Elle figurait sur sa page facebook, puis a été confirmée par l’AFP selon une source des autorités consulaires françaises. De la seconde génération de l’émigration algérienne en France où il est née le 7 octobre 1972 à Saint-Denis et y vit toujours, son talent lui a donné l’âme d’un personnage plein d’humanisme.

Il a la triple nationalité franco-algéro-australienne. Et est depuis le 25 mai 2008, quand il atteint le sommet de l’Everest, le premier Algérien à atteindre le toit du monde. Il est aussi écrivain, et parmi ses écrits il y a : "Journal de guerre d’un pacifiste" -éd. CFD, 2005- "Lettre ouverte à un fils d’immigré" -éd. Danger public, 2007- et "Un tocard sur le toit du monde" -éd. JC Lattès, 2010-.
D’emblée il faut noter qu’il été arrêté alors qu’il exerçait son métier de journaliste, pour avoir pris des photos sans autorisation dans le quartier de Dora à Bagdad. Son sujet était d’après la seule version connue, des "sites sensibles appartenant au dispositif sécuritaire". Nadir était rentré en Irak depuis quelques jours, avec un visa de journaliste et une accréditation du journal "Monde diplomatique".
Il connaissait ce pays, puisqu’il s’y était déjà rendu en 2003 pour servir de « bouclier humain » face à la menace de guerre. A-t-on pris compte de ce passé lors de cette arrestation ? De ce premier déplacement, il a pris des photos, écrit un journal de bord et en a fait un livre "Journal de guerre d’un pacifiste". Ou bien songe-t-on à l’arabe de France qui se sentait un peu chez lui en Irak, pays pour lequel il a eu la conviction de défendre ? Le-voilà avec le sujet du "photographe de Bagdad".
Avide de justice, épris de vérité et engagé, il créa une polémique à propos d’une rétention dont il a été victime sur Canal+, puisqu’il s’est publiquement plaint. Il devait se présenter sur le plateau, du "Grand Journal" comme invité, avec un T-Shirt sur lequel est inscrit le mot "Palestine". Il devait, à cette époque, commenter la mort de six Français disparus sur les pentes du Manaslu, huitième plus haut sommet du monde.
Quand deux assistantes surgissent à ses côtés et se ruent sur paniquées. La première lui ordonna : "Tenez, mettez cette veste" . Une fois la veste sur lui, l’autre collègue se rend compte : "Ça ne sert à rien, on verra toujours le t-shirt. En plus, ça ne sera pas raccord avec le début de l’émission" . Ils repartent en stress. C’était pendant la pose-pub, pour que l’émission entame sa seconde partie. Il s’est rendu-compte, que contrairement aux autres invités filmés en long et large, que seul son visage a été cadré par les cameramans.
Nadir Dendoun s’est expliqué en détails dans cette tribune.
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Lettre de Pierre Laurent, pour le cas de Nadir Dendoun
Lettre du secrétaire du PCF, Pierre Laurent, à l’ambassadeur d’Irak En France pour l’arrestation de Nadir Dendoun en janvier 2013
Document : Lettre du secrétaire du PCF -Parti Communiste Français-, à l’ambassadeur d’Irak En France pour l’arrestation de Nadir Dendoun en janvier 2013.
Pour sa nationalité française, sa naissance en Hexagone la rend toute naturelle. Pour l’algérienne, l’héritage parental se devine comme bien nombreux membres de la communauté algérienne en France.
Quant à l’australienne, comme c’est un bourlingueur dont l’humanisme défie les frontières, il la doit à un séjour de 7 années, de 1994 à 2001. Séduit par le pays-île-continent, il s’installe à Sydney où il mène des actions humanitaires. Dont en 2001, un tour du Monde à vélo, parrainé par la Croix-Rouge australienne pour la lutte contre le Sida. Il était déjà allé en Australie, l’année d’avant en 1993, pour effectuer un périple à bicyclette de trois mois, long de 3 000 kilomètres.
Aussi bien les autorités algériennes, que Françaises et australiennes sont interpellées pour son cas. Tant il avait donné à ses pays des rayonnements à partir de ses prouesses personnelles, il ne mérite pas d’être interné !
jeudi 31 janvier 2013- par N.E. Tatem

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