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jeudi 6 décembre 2012

Le PDG du groupe italien Saipem éjecté en raison du scandale de corruption à Sonatrach

Pietro Franco Tali, PDG du groupe italien Saipem, a démissionné  de son poste suite au scandale de corruption dans lequel le groupe est impliqué en Algérie. Le départ de Pietro Franco Tali a été acté à l’issue de l’assemblée générale tenue par le groupe mercredi 5 décembre. Saipem précise dans un communiqué daté du jeudi que des procureurs de Milan examinaient des soupçons de corruption sur des contrats ayant été conclus jusqu'en 2009.

Le groupe, contrôlé par le groupe pétrolier public Eni, n'a pas fourni davantage de détails, tout en disant avoir respecté la loi, affirme l'agence Reuters.
Saipem détenue presque à moitié par la major ENI souligne que Pietro Franco Tali n'était visé par l'enquête mais qu'il avait démissionné pour permettre au groupe de mieux répondre aux questions des enquêteurs.
Le groupe a également « suspendu » deux de ses hauts cadres, dont Pietro Varone, qui dirigeait la principale division du groupe et dont le nom a été cité dans le cadre de l'enquête.
Le départ du PDG, 63 ans, en poste depuis 2000, est lié au scandale de corruption qui a touché la compagnie pétrolière algérienne Sonatrach avec laquelle le groupe italien a signé de nombreux contrats au cours des 10 derniers années.
La justice algérienne a notamment instruit le dossier relatif au marché déroché par l’entreprise italienne pour la réalisation d’un système de transport par canalisation de gaz naturel (GK3) pour un montant de 580 millions de dollars. Celui-ci aurait donné lieu à des malversations et à des pots-de-vin.

• Lire → Le parquet de Milan ouvre une enquête sur les faramineux contrats de Saipem avec Sonatrach

Le parquet de Milan avait ouvert en avril 2011 une enquête pour corruption présumée autour des activités de Saipem en Algérie. Les procureurs Fabio De Pasquale et Sergio Spadaro, du parquet de Milan, avaient décidé de lancer des investigations sur les activités de Saipem après examen des comptes de cette entreprise.
Ces investigations entraient dans le cadre d’une enquête sur les activités internationale de Saipem qui a obtenu de nombreux contrats en Afrique, notamment au Nigeria et bien sûr en Algérie.
En 2008, par exemple, cette filiale du groupe ENI avait obtenu des contrats d’un montant de plus de 6,5 milliards de dollars avec Sonatrach.
Entre 2006 et 2009, le chiffre d’affaires de Saipem en Algérie se situait entre 15 et 20 milliards de dollars. Le groupe a ainsi obtenu certains contrats dans des conditions douteuses, comme celui de la construction du gazoduc GK lequel fait actuellement l’objet d’une instruction judiciaire au tribunal de Sidi M’Hamed.
La relation privilégiée de Saipem avec Sonatrach aurait été rendue possible grâce à l’entregent des deux enfants de l’ex- PDG, Mohamed Méziane, les trois inculpés dans cette affaire.

• Lire → L’ex PDG de Sonatrach « mouille » son ancien ministre : Chakib Khelil a approuvé tous les contrats

Photo : Le procureur Fabio De Pasquale (AP Photo/Antonio Calanni)
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