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vendredi 7 décembre 2012

L’Algérie révisera-t-elle ses prix du gaz face à la concurrence de Gazprom/Qatar ?

L’Algérie révisera-t-elle ses prix du gaz face à la concurrence de Gazprom/Qatar ?
Les nouvelles mutations énergétiques mondiales ont un impact stratégique sur le devenir de l’Algérie mono exportateur d’une ressource soumise aux fluctuations erratiques du marché international. Depuis plus d’une année la majorité des partenaires et notamment européens ayant conclu notamment des contrats à terme, qui arrivent bientôt à expiration font pression sur l’Algérie afin qu’elle révise à la baisse ses prix. Pourquoi ?
Le gaz algérien est soumis à la concurrence russe et qatarie. Le gaz algérien est soumis à la concurrence russe et qatarie.
1.- Après 50 années d’indépendance politique en 2012 c’est toujours une économie rentière malgré ses importantes potentialités : 98% d’exportation d’hydrocarbures à l’état brut et semi brut fin 2012 et important 70% des besoins des ménages et des entreprises qu’elles soient publiques ou privées, le tissu productif étant en déclin, moins de 5% de l’industrie dans le produit intérieur brut. Pour l’évolution des prix des hydrocarbures pétrole et gaz tout dépendra de l’évolution de la croissance de l’économie mondiale, de son modèle de consommation énergétique, de l’évolution du couple coûts/vecteur prix en termes réels tenant compte des fluctuations des monnaies clefs notamment du dollar déterminant pour la concurrence des énergies substituables, pouvant découvrir des milliers de gisements mais non rentables financièrement. Car il serait également illusoire pour l’Algérie de miser sur un prix du baril à prix constants de plus de 150 dollars qui serait un prix plancher de seuil de rentabilité pour encourager les énergies substituables.
2.- Dans la conjoncture actuelle, l’Algérie se trouve confrontée à une forte concurrence internationale qui limite forcément ses exportations futures notamment pour le gaz conventionnel , concurrence avec la Russie 30% des réserves mondiales concurrent direct de l’Algérie sur le marché européen dont les canalisations le North Stream inauguré le 8 novembre 2011 qui permet l’acheminement de gaz russe en Europe, dont le tracé, d'une longueur de 1 224 km, doit à terme permettre de transporter 55 milliards de mètres et le projet de South Stream, long au total de 3.600 km d'une capacité de 63 milliards de m3 de gaz, et d’un coût estimatif évalué à 15,5 milliards d'euros, concurrent direct de l’Algérie, il est destiné à livrer du gaz russe à l'Union européenne via la mer Noire, les travaux devant se terminer en 2015. Cela explique en grande partie, le gel du gazoduc algéro-italien Galsi via la Sardaigne, la raison officielle invoquée étant que pour des raisons d’écologie les élus se seraient opposés au tracé initial. Cela pose la problématique du prix de cession du gazoduc Transmed, en activité , passant la Sicile d’une capacité de 30 milliards de m3 par an qui devait être porté à plus de 34 milliards de mètres cubes gazeux fin 2010 et 40 milliards fin 2012. Sans compter la concurrence du Qatar entre 10/ 15% des réserves mondiales, l’entrée de nouveaux producteurs et surtout avec la révolution du gaz schistes qui risquent de bouleverser la carte énergétique mondiale. Par ailleurs, le rapport 2012 de l’AIE selon lequel les USA avec la révolution du gaz schiste (2ème réserve mondiale avec de 27.000 milliards de mètres cubes gazeux à faible profondeur et réduisant ses couts grâce aux canalisations sur tout le territoire US et surtout maitrisant la technologie) devrait être exportateur de pétrole vers 2017 et de gaz horizon 2020 concurrençant sérieusement les leaders actuellement l’Arabie Saoudite pour le pétrole et la Russie pour le gaz. Si les prévisions de ce rapport se vérifient, qu’en sera-t-il pour l’Algérie si le marché américain est fermé horizon 2017/2020 représentant plus de 35% de ses ventes en valeur contre 56% pour l’Europe ?
3.- Quant au projet Nigal Gazoduc d’environ 4500 km reliant la région de Warri (Nigeria) à l’Algérie et l’ Europe, 2500 km sur le territoire Algérien, 750 km sur le territoire du Niger, 1300 km sur le territoire Nigérian, prévu pour le transport de 20 à 30 milliards de m3 par an en majorité vers le marché européen, qui devait être opérationnel en 2015, outre les conflits frontaliers en Afrique subsaharienne et dont le cout initialement prévu par la société PENSPEN, entre 5 à 7 milliards de dollars dépasse selon certaines estimations en 2012 les 15 milliards de dollars à prix constants, une étude de l’Institut français des Relations Internationales réalisée par Benjami Augé en mars 2010, (voir site Ifri) l’estimant même à 25 milliards de dollars, et qui devait bénéficier d’un apport financier européen, il est toujours en gestation. Pour le marché asiatique fort consommateur d’énergie, là aussi nous retrouvons la dynamique de Gazprom et du Qatar concurrent de l’Algérie, dans la pratique des affaires n’existant pas de sentiments. Pour la Chine, recelant la première réserve mondiale de gaz schiste (45.000 milliards de mètres cubes gazeux toujours selon l’AIE) et les négociations encours entre Gazprom et China National Petroleum le projet de gazoduc Altaï entre l’Ouest de la Sibérie et le Sichuan à l’Ouest de la Chine d’une capacité de 30 milliards de mètres cubes gazeux devant faire passer la part du marché russe de 3% à 30%. Long de près de 7000 kilomètres, le coût étant évalué, selon différentes estimations à environ 14 milliards de dollars. Le Qatar est un autre concurrent proche de l’Asie avec des capacités du double au triple des capacités de GLN algérien réduisant substantiellement ses couts, sans compter les couts de transport, l’Algérie devant contourner toute la corniche de l’Afrique avec des couts de transport importants.
4.- Ainsi, depuis trois à quatre années, nous assistons dès lors à une déconnexion du prix du gaz par rapport à celui du pétrole, clause contenue dans les contrats à moyen terme de l’Algérie avec ses partenaires, contrats qui expirent entre 2013/2014. D’où actuellement des pressions pour que l’Algérie révise ses prix de cession à la baisse face à la concurrence de Gazprom dont une fraction de ses exportations est livrée aux prix du marché spot. Et ce en prévision de l’expiration des contrats à moyen terme. Cela concerne Gaz de France mais également Endesa et d’Iberdrola qui selon l’agence Reuter en date du 25 novembre 2012, dans le projet du gazoduc Medgaz entre l’Espagne et l’Algérie, seraient sur le point de vendre leurs participations en raison de la crise qui sévit en Europe notamment en Espagne préférant acheter sur le marché spot le gaz du Qatar et du Nigeria. Cela pose un grand problème stratégique pour l’Algérie dans la mesure où les investissements dans le gaz sont très capitalistiques et à maturation lente. D’où l’urgence de diversifier l’économie algérienne réhabilitant l’entreprise créatrice de richesses et son soubassement la valorisation du travail et l’intelligence au lieu de la distribution de rentes pour une paix sociale éphémère, en levant les contraintes d’environnement dont la bureaucratie étouffante, le système financier inadapté, le foncier et ce pour réaliser rapidement la transition d’une économie de rente à une économie hors hydrocarbures dans le cadre de cette re mondialisation irréversible.
Dr Abderrahmane Mebtoul
Professeur des Universités Expert international en management stratégique

Commentaires:

rabah Benali 04/12/2012 15:49:45
Bonjour
L'Algérie révisera-t-elle ses prix du gaz face à la concurrence de Gazprom/Qatar ?"
Quelle question !!! ??? C'est horriblement ahurissant d'entendre un Professeur, dit, "Expert international en management stratégique" se poser une telle question. Que dire alors des élèves de ce professoooor.!!
Indépendamment de la bivalence et de l’ambiguïté du mot "réviser" (Une révision est possible dans deux sens), est il vraiment académique de se poser une telle question ?
Compte tenu de la situation réelle du terrain et du marché international du gaz, La réponse est non !! Par contre, à la question: lAlgérie descendra t-elle la culotte face à la concurrence de Gazprom / Qatar? ". La réponse est oui !!
Il suffit de jeter un coup d'œil sur la carte géographique de la région Russo / Européenne, représentant les gazoducs réalisés ou en cours d'achèvement, pour comprendre que les jeux sont faits. Et que les marrons sont bien cuits.
Les Russes ont réalisé les installations nécessaires qui leur permettront, à très long termes, de prendre en permanence en tenaille l'Europe occidentale. (Gazoducs North stream - South stream - Nabuco etc.). Cette toile d'araignée leur permettra de tenir aussi en permanence, à la gorge, les pays de l'Ex bloc soviétique et le principal pays émergeant de la région, à savoir la Turquie. (Tous futurs consommateurs potentiels).
Pour ceux qui l'ignorent, ce réseau de gazoducs permettra non seulement d'acheminer, vers les centres de consommation Européens, les gigantesques quantités de gaz du Caucase et de la Caspienne (Russe , Azerbaïdjan etc). Mais Il a aussi la prétention de siphonner les lointains gaz Iranien et Irakien.
Comme cerise sur le gâteau et pour consolider la manœuvre, les Russes ont même embarqué à leur bords de grosses pointures expérimentées et pragmatiques en stratégie internationale, entre autres, l'ancien chancelier allemand Schröder et toute une armada d'experts aguerris). Pendant ce temps,les Malghachos / Tlemceniens persistent à pratiquer le "consulting stratégique" auprès de "savants" tels Echeikh El Ghardaoui et ses semblables.

Quand aux Qataris, trop éloignés des centres de consommations pour envisager le pipe, ils ont opté depuis des décennies pour la liquéfaction (GNL). Pour diversifier les destinations et garder un maximum de flexibilité de manœuvre, il se sont doté de gigantesques installations de liquéfaction qu'il font fonctionner par des Hallals yankees. En bout de chaine, ils sont prévu une armada de navires gaziers. Ils peuvent même toucher des clients en zone méditerranéenne. C’est-à-dire juste au dessus du nez des apprentis sorciers d'Alger.

Cette situation apparemment catastrophique pour l'Algérie, peut par contre constituer éventuellement une grande partie de la solution à la tragédie vécue depuis 50 ans par ce pays. C'est peut être le début de la fin de la rente. Donc la fin du pouvoir mafieux qu'elle a incarné depuis à présent un demi siècle.

Pour l'instant, tous les feux sont au vert pour un tel scenario.

Le marché US du GNL s'est effondré et a disparu. Les installations de liquéfaction d'Arzew et de Skikda vieillissent et tombent en ruine à vue d'œil. Le gaz évacué par les pipes existants vers l'Espagne et l'Italie (Via le Maroc et la Tunisie), est de plus en plus confronté à la concurrence pragmatique, caustique et agressive Russo / Qatarie. L'étau se resserre donc de plus en plus sur les gangsters d'Alger qui manifestent d'ailleurs quelques signes de nervosité. Priorité à l'exploration, débat sur les gaz non conventionnels - annonces fracassantes du moindre carottage sentant l'hydrocarbure etc..)
La situation du pétrole est, elle aussi, pas très rose. La production stagne depuis des décennies à env 1,2 MM de b/j, et ce malgré les gesticulations nerveuses des gangsters au pouvoir à Alger, pour exister et rameuter éventuellement de nouveaux aventuriers en prospection. (Révisions multiples et permanentes de la loi sur les hydrocarbures etc….).
Pour le moment, environs. 40 % de cette production est remise "gracieusement" aux multinationales en activité dans le pays. (Incapacité de maitriser à 100 % la chaine de production, d'où partage de production avec les multinationales oblige).
Env. 40 % sont raffinés localement. Mais n'arrivent toujours pas à couvrir les besoins galopants en carburants et autres produits pétroliers de premières nécessités. (Lubrifiants, polymers, solvents etc…).

Il reste à mettre sur le marché, env 20 %, soit 250 000 b/j, auxquels viennent s'ajouter les sous produits non utilisables ou valorisables dans le pays (Naftal, Fuels lourds etc..), obtenus obligatoirement dans les raffineries actuellement en service.

Ces relatifs "pipis de chats" servent à équilibrer l'import massif de carburants et autres produits pétroliers de premiers besoins. Ils participent au financement de la facture "Herrgma" nécessaire au tube digestif.

Voilà donc un peu en gros, la situation obtenue par les Malghachos/ Tlemceniens en 50 ans de mensonges et d'imposture.
Ainsi la voie est toute tracée pour une "prospère" Algérie 2062 (1er centenaire de l'autodétermination). Ce sera une Algérie "merveilleuse". Une Algérie importatrice de pétrole et dérivés. Se sera un pays très riche à une certaine époque, où essayeront de survivre 100 MM d'âmes pauvres incapables même de produire leurs pitance quotidienne.
Le peuple continuera à scruter la mer sans par contre pouvoir compter les bateaux qui se feront alors de plus en plus rares faute de moyens de paiement.
La boucle sera ainsi bouclée. Les Hillaliens reviendront à leurs origines. L'âne et le chameau redeviendront à la mode.

Comme au 8em siècle, ils seront de nouveau lancés à la conquête de nouvelles contrées à piller, saccager et à désertifier. Ces Beni Hillal s'attacheront, au nom d'une quelconque doctrine religieuse, à usurper , spolier et détruire de nouvelles civilisations.

Donc il ne suffit pas à l'Algérie de revisser à la baisse les prix de sont gaz afin de demeurer dans la course. Les etc....lés qui l'ont pris en otage, vont devoir descendre le froc et la culotte, s'ils souhaitent encore s'assure la rente habituelle et survivre quelque temps au pouvoir. Rabah Benali
 
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