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mardi 11 septembre 2012

L’Arabie Saoudite et l’Algérie, importateurs nets de pétrole en 2030?

Selon Citigroup, l’Arabie Saoudite risque de passer du statut de pays exportateur de pétrole à celui d’importateur. Ce risque n’est pas seulement valable pour le plus grand exportateur de pétrole au monde ; il l’est aussi pour l’Algérie, dont l’économie est totalement dépendante des hydrocarbures.

L'Arabie saoudite,  le plus grand producteur mondial de pétrole, pourrait devenir un importateur de pétrole d'ici 2030, affirme un rapport de Citigroup, publié la semaine dernière. L'Arabie saoudite produit plus de onze millions de barils/jour, et en exporte 7,7. Le pétrole et ses dérivés entrent pour environ la moitié dans la production d'électricité du royaume, production qui, aux heures de pointe, augmente d'environ 8 % par an.
En plus, 25 % de la production énergétique du pays est destinée à l’usage domestique dont le coût est subventionné. « Si la consommation de l’Arabie saoudite en pétrole croît avec la puissance de pointe, le pays pourrait devenir un importateur net de pétrole en 2030 », estime Heidy Rehman, analyste auprès de Citigroup.
Parmi les autres paramètres sur lesquels s’est basé l’analyste, on trouve la forte dépendance de ce pays des revenus du pétrole (86 %), l’augmentation de ses exportations en gaz, et le temps relativement long pour trouver d’autres sources d’énergie.
Ce scénario peut très bien s’appliquer pour l’Algérie dont le profil présente des similitudes avec l’économie saoudienne. L’Algérie présente en effet  tous les paramètres sur lesquels s’est appuyée l’analyse de Citigroup. Notre pays est très dépendant des recettes des hydrocarbures (Elles constituent 98 % des ressources à l'exportation) ; consomme une bonne partie de sa production en hydrocarbures (680.000 b/j), recourt même à l’importation des produits pétroliers qui seront ensuite subventionnés. De plus, la consommation annuelle connait une forte augmentation alors que la production stagne, avant d’être appelée à diminuer.

Absence de vision à long terme

L’Algérie donne l’impression de ne pas penser à son avenir énergétique. L’absence d’un plan « sérieux » pour constituer  de sources alternatives aux énergies fossiles est caractéristique de l’actuelle politique menée par M. Youcef Yousfi. Celui-ci, qui a succédé à M. de Chakib khelil à la tête du département de l’Energie et des mines en 2010 avant d’être reconduit dans l’actuel gouvernement de M. Abdelmalek Sellal, n’arrive pas à donner une vision claire de l’Algérie concernant sa politique énergétique.
Le ministre multiplie les déclarations sur une stratégie, qui reste toutefois très vague. Les dernières interventions médiatiques illustrent cette opacité dans la conduite de  politique énergétique à long terme. M. Yousfi a annoncé, dans le sillage des opérations de délestage sans précédent qu’ont connu la plupart des régions du pays au mois d’août, un programme spécial pour la production de l’électricité, avec une production supplémentaire de 8.000 mégawatts, qui viennent s’ajouter aux 4.000 mégawatts déjà programmés à l’horizon 2016, pour les seules périodes de forte demande (hiver et été).
Le plan prévoit la construction de nouvelles centrales pour produire  ces 8.000 mégawatts à « 60% en cycle combiné et 40% en turbines à gaz » pour un coût estimé à près de 15 milliards de dollars. Pour faire tourner ces centrales, il faut au moins, selon des estimations d’experts, 18 milliards de M3 de gaz, soit plus d’un tiers de la quantité de gaz exportée (52 milliards m3 en 2011), ce qui représente un manque à gagner de près d’une dizaine de milliards de dollars.

Financer le développement des énergies renouvelables par l’argent des subventions

La stratégie adoptée est axée sur l’exploitation à fond des hydrocarbures conventionnels et non conventionnels, dont la durée de vie est fixée à vingt ans, sans insister sur le développement des énergies renouvelables. Ainsi, faute de stratégie bien définie pour assurer l’avenir énergétique de l’Algérie et qui ne peut se faire que par la ressource renouvelable la plus abondante en Algérie, en l’occurrence le soleil, le gouvernement semble se diriger dangereusement vers le recours aux gaz non conventionnels, qui présentent de nombreux inconvénients : une dépendance technologique envers l’extérieur, un impact non maitrisé sur l’environnement, et le risque de plomber les cours des gaz conventionnels déjà en déprime.
Les énergies renouvelables, bien qu’elles soient plus onéreuses à produire et à rentabiliser,  constituent néanmoins l’avenir énergétique de l’Algérie. Cet investissement peut être consenti en le finançant par une partie des sommes faramineuses qui vont aux subventions de l’énergie, recommandent des experts.
L’Algérie a consacré 10,59 milliards de dollars en 2010 à la subvention de la consommation de l’énergie, selon une étude de l’ONU. Cette somme augmente chaque année d’environ 7%. La seule véritable façon de rationaliser la consommation d'énergie serait de réduire les niveaux de subvention, recommandent les experts. Mais c’est un risque que peu de gouvernements peuvent prendre, en ces temps des grandes révoltes.

Yazid ferhat MAGHREBEMERGENT
leBloggers

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