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dimanche 12 août 2012

Sonatrach au cœur d’un contentieux de 50 millions de dollars avec le gouvernement péruvien

En août 2004, le jour de l’inauguration de la mise en service du gisement pétrolier et gazier de Camisea, au Pérou, il y avait, outre le président péruvien Alejandro Toledo, le ministre algérien de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, le PDG de Sonatrach, Mohamed Meziane ainsi que une brochette de cadres de la compagnie pétrolière algérienne. Neuf ans plus tard, ce gisement fait parle de lui autrement.

M. Khelil viré du gouvernement en 2010, M. Meziane poursuivi pour une affaire de corruption présumée quelque mois plutôt, Sonatrach va donc devoir régler un contentieux financier avec le gouvernement péruvien portant sur un montant de 50 millions de dollars.
Pas toute seule tout de même.
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C’est que les autorités péruviennes, via Peruptero, l’agence nationale des Hydrocarbures, menace aujourd’hui de résilier le contrat d’exploitation du bloc 56 de ce gisement gazier confié en 2002 à un consortium composé de Sontrach (20 % en amont et en aval), de Pluspetrol Peru Corp, de l’américain Hunt Oil, du sud coréen SK Group, de l’espagnol Repsol, et de l’argentin Technit.
Le gouvernement péruvien estime que ce consortium lui doit quelque 50 millions de dollars de royalties sur des exportations acheminées par bateau au cours de l’année dernière.

Certes le consortium a bien payé des taxes sur ces exportations vers le Golfe du Mexique, selon Aurelio Ochoa, président de Perupetro, mais le gaz a été plus tard réexpédié vers d’autres destinations, notamment en Europe et en Asie. Ce qui aurait permis aux compagnies qui détiennent des parts dans ce gisement d’engranger de nouveaux revenus.
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Pour le gouvernement péruvien, l’acheminement de ces 10 bateaux vers de tierces parties ressemblerait à des détournements déguisés. Déclenchée en juillet dernier, l’affaire pourrait être réglée à travers un arbitrage international comme le souhaite le consortium.

« Nous nous en tenons strictement au contrat», expliquait Ochoa le 25 juillet dernier à Lima. « J'espère que nous pourrions résoudre l’affaire en septembre pour éviter de résilier le contrat, dès lors que leur seule issue est d'arbitrage ou de le paiement. »

Le gisement de Camisea a été présenté à l’époque où Chakib Khelil régnait sur le secteur de l’Energie comme l’un des plus importants investissements de Sonatrach à l’étranger.
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Le choix du Pérou pour y mettre les billes de Sonatrach était dû notamment au fait que l’ex- ministre de l’Energie était un familier de ce pays. Dans les années 1980, Chakib Khelil, conseiller pétrolier à la Banque mondiale, était chef de département du secteur énergétique concernant l'Amérique latine.
Il était particulièrement apprécié au Pérou qu’il reçut une haute distinction sur recommandation de l’ancien président Alan Garcia: la « Médaille de l'Ordre du Soleil du Pérou » en 2009.
Dans le rapport annuel 2010 présenté en octobre 201, la compagnie nationale indiquait que sa production dans les gisements de Camisea a réalisé de « bons résultats en 2010 » qui lui ont permis  de rembourser 40 millions de dollars au titre du prêt de l'actionnaire et de verser à Sonatrach un dividende de 18 millions de dollars.

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