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dimanche 22 juillet 2012

Pour désintoxiquer l'opinion sur les gardes communaux, le ministre achète des placards de pub

Vacances gâchées, été pourri. Pour contrecarrer ce qu’il considère une campagne de « désinformation » à son égard et à l’égard de son département, le ministre de l’Intérieur et des collectivités locales, Dahou Ould Kablia, a rendu public samedi 21 juillet un communiqué et acheté des espaces dans certains titres de la presse pour rétablir sa vérité sur la prise en charge des revendications des gardes communaux.

Nous l’écrivions vendredi 13 juillet : « Que pèse alors la parole de ce ministre quand il affirme une chose et son contraire en l’espace d’une année ? Quelle crédibilité accorder à un gouvernement quand l’un de ses plus importants représentants se déjuge publiquement ? »
Nous en sommes donc là ! C’est parce que sa parole s’est galvaudée, qu’il dit une chose est son contraire depuis une année, que le ministre de l’Intérieur a décidé aujourd’hui de mener une opération de com’ dans les médias.
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Samedi 21 juillet, il fait donc publier un long communiqué par l’agence officielle APS avant d’acheter dimanche des placards publicitaires dans plusieurs journaux algériens pour diffuser le même communiqué.
Que dit le ministre ?  Qu’il a été « sensible aux revendications soulevées par les éléments de la garde communale » dès les premières demandes enregistrées au mois de février 2011 et qu’une commission mixte a été mise en place le 8 mars 2011 pour prendre en charge ces doléances.
« A l’issue d’un cycle intense de rencontres et de réunions, plusieurs solutions et mesures ont pu être dégagées et mises en œuvre, et ce, grâce à l’implication de l’ensemble des départements et services concernés. Et ce, de l’aveu même des représentants sus nommés. Il s’agit des mesures suivantes », affirme le ministère dans son communiqué.
•  Lire les détails du communiqué du samedi 21 juillet
Pourquoi cette opération de communication ? Parce que les gardes communaux qui ont manifesté le 9 juillet dernier et continuent de manifester ne croient pas le ministère de l’Intérieur qu’ils traitent à peine de menteur.
Parce qu’en dépit du communiqué publié par le même département après une réunion de deux heures le 10 juillet avec le ministre, ils refusent de mettre fin à leur mouvement de protestation. Pour cela, ils s’en remettent directement au chef de l’Etat pour satisfaire leurs doléances. C’est dire le peu de confiance qu’ils placent en Dahou Ould Kablia.
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C’est que sur dossier, ce dernier a brillé par une communication calamiteuse. La chronique de ses déclarations dans la presse depuis une année illustre ce cafouillage et cette cacophonie. Le 2 mars 2011, il expliquait que « les autorités ont examiné possibilité de leur redéploiement ou de leur insertion, selon le cas.»
Plus d’une année après, rien n’a été envisagé dans ce sens.
Un mois plus tard, le 4 avril, le ministère publiait un communiqué dans lequel il affirmait que les revendications sont satisfaites et menaçait de sanctions – l’exclusion- les gardes communaux qui recourent « à la grève ou à toute forme d'arrêt de travail et que tout acte collectif, contraire à l'ordre, fera l'objet de sanctions conformément aux dispositions de l'article 112 du code pénal ».
Le lendemain, mardi 5 avril, le ministre de l’Intérieur annonçait encore que « des mesures ont été prises en accord avec les représentants des gardes communaux. Ces mesures ont été transmises aux concernés dans le détail. Ce problème est, donc, définitivement réglé ».
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Une année plus tard, le problème n’ayant pas été « définitivement réglé », les gardes communaux reviennent à la charge et organisent une manifestation à Alger.
La protesta est si spectaculaire que le chef de l’Etat ordonne à son ministre de l’Intérieur d’écourter ses vacances pour recevoir une délégation des protestataires. Ce qui a été fait mardi 10 juillet à Alger.
Le lendemain, le département d’Ould Kablia affirme que les doléances sont prises en charge. Elles ne l’étaient donc pas en avril 2011 ?
Pour les différents responsables des gardes qui s’expriment dans les médias, le ministre profère des contre-vérités. D’où leur décision de poursuivre le mouvement de protestation durant tout l’été, s’il le faut, disent-ils.

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