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mardi 19 juin 2012

Abdou Bendjoudi à Algérie-Express : « le double langage du régime est un signe d’affolement »

Poursuivis en justice pour « incitation à un rassemblement non armé », les quatre militants du  mouvement associatif autonome à savoir Abdou Bendjoudi (MJIC)*, Othmane Aouameur (RDLD)*, Yacine Zaïd (LADDH)*, et Lakhdar Bouzini (SNAPAP)* comparaîtront demain devant le tribunal de Bab El Oued (Alger). Algérie-Express donne la parole à Abdou Bendjoudi, porte-parole du MJIC à la veille d’un procès qui confirme que la fermeture politique est assumée après les législatives. Ce procès survient quelques jours après la condamnation de l’internaute Tarek Mameri. Entretien.
Algérie Express : Vous allez comparaître avec trois autres militants du réseau associatif autonome demain devant le tribunal de Bab El Oued pour « incitation à un rassemblement non armé ». Comment vous avez reçu cette nouvelle?

Abdou Bendjoudi : Je ne suis pas surpris de ce genre de pratiques, je dirais même que c’était prévisible.
Pour l’anecdote, il y a quelques semaines je discutais avec Yacine Zaïd et nous savions, qu’après les élections, ils s’acharneront sur nous pour se venger contre toutes les actions que nous avons menées depuis des mois en faveur du boycott et de la défense des libertés!
Le régime ne pouvait pas agir avant les élections, c’est après qu’il s’est assuré le soutien de l’Union européenne et des forces occidentales qu’il lance aujourd’hui une chasse aux militants des droits de l’Homme et de la cause démocratique.

AE: un élan de solidarité s'est manifesté en votre faveur. Comment l’avez-vous ressenti ?

Ce qui se passe autour de nous depuis quelques jours est formidable. Cela prouve une fois que la société civile algérienne existe encore. Il lui manque juste plus d’organisation et d’audace pour qu’elle s’affirme comme un acteur majeur du changement auquel nous aspirons au MJIC et dans beaucoup  de structures autonomes qui luttent pour une organisation et une expression libres du citoyen.
En plus de cette disponibilité immédiate, nous avons reçu des dizaines de communiqués de soutien d’organisations nationales et internationales, de syndicats, d'associations, de collectifs. Notre équipe juridique a reçu plusieurs propositions de défense de la part d’avocats algériens ; ceci est une autre preuve qu'il existe dans le barreau algérien des femmes et des hommes conscients du danger qui guette les militants du terrain activant pour le changement démocratique.

AE : Ces poursuites judiciaires sont-elles, selon vous, porteuses de messages politiques ?

Nous affrontons  un procès purement politique. Que ce soit Othmane Aouameur qui a fait un excellent travail depuis des mois en soutenant les luttes sociales et le combat des droits de l’Homme au sein du RDLD,  de Lakhdar Bouzini du SNAPAP,  ce syndicat autonome qui dérange le régime de plus en plus ou Yacine Zaïd de la LADDH ou de moi-même, nous savons qu’ils veulent nous occuper avec des affaires de justice pour faire diversion et détourner l’attention de l’affaire Tarek Mameri et de toutes les répressions qui s’abattent sur un peuple qui  veut se débarrasser du système politique en général et du régime en particulier.
Ces harcèlements répétitifs  révèlent le double langage du régime qui annonce l’ouverture à l’extérieur et étouffe toute forme d’expression autonome à l’intérieur. Pour nous c’est là un signe d’affolement et de panique devant les revendications d’un peuple qui s’est libéré de la peur. Nous sommes déterminés à continuer le combat pacifique pour le changement radical  qui passe par le rejet en bloc de  tous les clans qui constituent le système !
*MJIC : mouvement des jeunes indépendants pour le changement.
*RDLD : rassemblement pour la défense des libertés et de la dignité.
*LADDH : ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme.
*SNAPAP : syndicat national autonome du personnel des administrations publiques.

Fateh Ath Ghrib 
leBloggers

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