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samedi 11 février 2012

Le paradoxe d’un Etat omniprésent et impuissant


Voilà presque quatre ans que le gouvernement algérien a opéré un virage prononcé vers le "tout État". Un État qui se veut puissant, un État roi, qui entend tout contrôler : s’associer dans les investissements étrangers avec la fameuse règle du 51‑49 %, contrôler les opérations de fusion à l’échelle internationale comme il le fait avec Djezzy, usant de son droit de préemption, renforcer les entreprises publiques…

Or, durant ces quatre années, force est de constater qu’à vouloir absolument tout faire tout seul, l’État finit par ne rien accomplir du tout, notamment ses véritables missions. Les échecs et les bourdes s’accumulent : impossibilité de gérer des intempéries – certes importantes mais maîtrisables pour qui s’en donne les moyens –, de déneiger une autoroute ou d’assurer l’approvisionnement en gaz butane et en vivres dans les zones les plus touchées… Les gros projets sont toujours au point zéro, comme celui de Renault pour lequel aucun accord n’est réellement en vue, contrairement à ce qu’avance le gouvernement algérien…
En fait, l’État algérien n’a pas les compétences de ses grandes ambitions et se positionne à l’inverse des États modernes, "accompagnateurs" de l’économie du pays quand il le faut mais pas superviseurs absolu. Au lieu de s’en tenir à son rôle de régulation, en intervenant, par exemple, quand il le faut, pour aider une entreprise publique, il veut s’impliquer partout, tout faire, tout posséder. Tout gérer, jusqu’à la distribution de viande, de lait, les importations et exportations… Mais à force de se disperser, il en oublie ses fonctions régaliennes. L’année dernière, les ministres ont passé leur temps à s’écarter de leurs missions publiques premières : le ministre des Finances sans cesse impliqué dans l’affaire Djezzy, celui de l’Énergie dans la construction de gazoducs pour l’étranger… Ils ont fini par oublier leur véritable mission : permettre aux structures de l’État de fonctionner correctement.
Résultat : une situation absurde dans laquelle l’État possède les moyens financiers nécessaires à ses missions régaliennes mais un positionnement si axé sur la dispersion qu’il finit par être totalement inefficace.

TSA
leBloggers

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