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jeudi 2 février 2012

Algérie : Comment s’y retrouver entre le FLN, le RND, le FNL, le PK, le PFD, le PJD, le JJ et le FM

Et de 16! Le gouvernement algérien a donné son accord à six nouveaux partis pour tenir leur congrès constitutifs. Cette nouvelle liste s’ajoute à dix autres formations autorisées la semaine dernière à organiser leurs assises pour obtenir leur agrément par le ministère de l’Intérieur. A terme, le pays devrait compter quelque 38 partis politiques. Un record depuis l’ouverture démocratique de 1989.


Le robinet est donc ouvert au maximum, en attendant éventuellement de nouvelles autorisations.

Les six nouveaux partis autorisés mercredi 1er février par le ministère de l’Intérieur sont : le Front national pour les libertés (FNL- le responsable M. Mohamed Zerrouki), le Parti national algérien (PNA - le responsable M. Youcef Hamidi), le Mouvement des nationalistes libres (MNL - le responsable M. Abdelaziz Ghermoul), le Parti des jeunes démocrates (PJD - le responsable M. Salim Khelfa), le Parti El fedjr el djadid (PFD - le responsable M. Tahar Benbaibeche) et l'Union des forces démocratiques sociales (UFDS - le responsable M. Noureddine Bahbouh).

Ces six nouvelles formations s’ajoutent à dix autres partis autorisés mardi 24 janvier par le ministère de l’Intérieur à tenir leurs assises.

Ces dix nouveaux partis sont : le Mouvement des citoyens libres (MCL), l'Union pour la démocratie et la république (UDR), le Parti de la liberté et la justice (PLJ), le Front de la justice et du développement (FJD - El Adala), Jil Jadid (JJ), le Front national pour la justice sociale (FNJS), le Front de l'Algérie nouvelle (FAN), le Front El Moustakbal (FM), le Parti des Jeunes (PJ) et le Parti El Karama (PK).

Au pas de charge

Ces autorisations, accordées au pas de charge, interviennent après l’adoption en décembre 2011 d’une nouvelle loi autorisant la création de nouveaux partis politiques.

Cette brusque ouverture au pluralisme contraste avec une politique de fermeture du champ politique et médiatique mise en place par le président Bouteflika depuis son accession au pouvoir en avril 1999.

Depuis cette date, les autorités ont systématiquement refusé toutes les demandes d’agréments de nouveaux partis.

38 partis

Si ces nouveaux partis devaient être agrées, l’Algérie compterait alors au moins 38 formations politiques qui s’ajouteraient à 22 autres déjà légalisées depuis l’ouverture démocratique de 1989 amorcée au lendemain des émeutes sanglantes d’octobre 1988.

L’adoption d’une nouvelle constitution en 1989, sous le régime du président Chadli Bendjedid, avait donné lieu à une inflation de partis tant et si bien que le pays comptait à cette époque plus d’une soixantaine de formations politiques.

Ouverture démocratique en trompe l'oeil

Si cette inflation permet aujourd'hui aux autorités de vendre l’idée d’une très grande ouverture démocratique, si encore elle permet aux Algériens d’activer légalement après des années d’ostracisme et d’exclusion, elle n’est pas moins dénuée de calculs politiciens.

Confronté à la hantise d’une très forte abstention des électeurs aux prochaines législatives qui auront lieu en mai 2012, le gouvernement multiplie ainsi les agréments afin de gonfler les chiffres de participation.

Plus il y aura de partis, plus les candidatures seront multiples et plus le taux de participation serait en hausse.

De plus, cette multiplication de partis, donc de candidats à la députation, offrirait l’avantage de disposer d’une représentation émiettée au sein de la future assemblée nationale.

Calculs risqués

Si le calcul, plutôt habile à courte durée mais dangereux à long terme, permettrait d’éviter une majorité islamiste à l’Assemblée, scénario plus que redouté, il n’est pas moins risqué.

Risqué car la pratique démocratique, le respect des libertés individuelles et collectives, particulièrement bafouées depuis 12 ans, ne se mesurent pas au nombre de partis politiques agrées.

Risqué encore dans la mesure où la multiplication des partis ne garantit pas un exercice libre des libertés démocratiques.

Certes, le ministère de l’Intérieur ouvre aujourd’hui les vannes aux partis pour leur permettre d’activer légalement, mais bien malin celui qui s’y retrouverait dans cette mosaïque de sigles.

leBloggers

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