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dimanche 19 février 2012

2 villas, 3 voitures, fils présumé de «harki», un député appelle à rompre «avec la mentalité coloniale irresponsable»

Plus c’est gros, mieux ça pourrait passer auprès de l’opinion. Tayeb Houari, député du FLN et chef de l’Organisation nationale des enfants de Chouhada (ONEC), appelle les Algériens à voter le 10 mai prochain pour en finir avec « la mentalité coloniale française irresponsable ». En Algérie ? Comme si le pays n’était pas indépendant depuis 50 ans !

Mardi 14 février 2012, Tayeb Houari ouvrait le bal des hypocrites en liant la participation aux législatives du 10 mai au passé colonial de la France en Algérie.
« Je souhaite que les Algériens, toutes catégories confondues, prennent part aux prochaines législatives prévues le 10 mai prochain, afin de rompre définitivement avec la mentalité coloniale française irresponsable », affirmait ce député originaire de Tiaret, à l’ouest d’Algérie.
Rompre définitivement avec la mentalité française irresponsable, qu’est-ce à dire ? Le propos du député vise-t-il les électeurs algériens ou leurs dirigeants ?
Comment la participation des Algériens au scrutin du 10 mai peut-elle constituer une rupture à cette supposée « mentalité coloniale irresponsable » alors que l’Algérie fêtera le 5 juillet 2012 le 50eme anniversaire de son indépendance en juillet 1962?
Rentiers
Le vénérable élu ne le dit pas, tout de même souhaitait-il un taux de participation de 54 à 62 %, afin de « prouver à la France officielle son échec et notre démocratie et notre nationalisme ».
La France a donc bon dos et le passé colonial demeure un bon fonds de commerce pour la famille révolutionnaire.
Et qu’en est-il alors de cette démocratie et de ce nationalisme dont parle M. Houari ?
Ils sont nourriciers. Très nourriciers même, pour des hommes comme Tayeb Houari.
2 villas, 2 voitures
C’est qu’à la tête de l’Onec depuis plusieurs années, Tayeb Houari, tout comme ces nombreux collègues de la famille révolutionnaire, est devenu un vrai rentier.
Si l’on ne connait pas avec précision son train de vie, c’est un délégué des enfants de chouhada de la wilaya de Constantine, qui a en donné un bref aperçu en mai 2011
Ce délégué donc révélait que Tayeb Houari percevait une rémunération de 40 millions de centimes par mois, 30 pour son poste de député de l’Assemblée, 10 pour ses fonctions en qualité de SG de l’ONEC.
Jusque là rien d’anormal, le cumul des mandats peut justifier ces émoluments. Sauf que ce même délégué de Constantine ajoutait que M. Houari possède deux villas et deux voitures.
Comment ce député a-t-il obtenu de tels biens sachant qu’il n’exerce pas d’autres activités officielles susceptibles de lui permettre de les acquérir ? Mystère.
Si ceci ne tenait qu’à cela…
Voiture avec chauffeur
Mais c’est qu’en octobre 2008, le même Tayeb Houari faisait l’objet d’une interpellation publique de la part de son collègue à l’APN, le député du RCD, Nordine Ait Hamouda.
Vice-président de l’Assemblée nationale, M. Ait Hamouda interpellait à cette époque le président de l’APN pour lu demander d’inscrire à l’ordre du jour d’une réunion du bureau un point relatif à l’octroi, par l’administration de cette institution, d’un véhicule avec chauffeur à Tayeb Houari.
On sait aujourd’hui que cette requête concernant ce « cadeau » offert au député de Tiaret est restée lettre morte.
Statut de fils de martyr usurpé
Tout comme les accusations du même Nordine Ait Hamouda lequel affirmait le 30 octobre 2008, dans les colonnes du quotidien El Khabar, que Tayeb Houari n’était pas un fils de chahid (martyr de la révolution).
Au journal El Khabar, M. Ait Hamouda soutenait que le père Houari avait été tué lors de la guerre d’indépendance par des combattants de l’ALN, ce qui pouvait dénier au fils le droit de prétendre au titre de fils de chahid.
Encore aujourd’hui, le chef de l’ONEC n’a pas jugé utile de démentir les allégations faisant état de son enrichissement douteux et du passé trouble de son paternel.
Ce qui ne l’empêche pas maintenant d’appeler les Algériens à voter massivement le 10 mai prochain pour « rompre définitivement avec la mentalité coloniale française irresponsable ».
Photo : Tayeb Houari, à gauche, embrassant l'ex-ministre de l'Intérieur, Yazid Zerhouni
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