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vendredi 27 janvier 2012

Algérie, qui dirige les nouveaux partis : Abdelaziz Belaid, l’homme qui a coûté 3 milliards à l’UNJA


Le gouvernement algérien a autorisé 10 nouveaux partis politiques à tenir leurs congrès constitutifs dans la foulée de l’adoption en décembre 2011 d’une nouvelle loi sur les partis. Anciens ministres, enfants du système, islamistes purs et durs ou islamistes « modérés », vrais ou faux opposants au pouvoir, on sait peu de choses sur les parcours des responsables de ces dix nouveaux partis qui souhaitent présenter des candidats aux prochaines législatives. DNA a décidé de consacrer une série d’articles à ces nouveaux chefs de partis.

Abdelaziz Belaid, El Moustakbel

Ancien patron de l’UNJA (Union nationale de la jeunesse algérien), M. Belaid a fait un parcours politique en zigzag. Député du FLN (Front de libération nationale), ex-membre du comité central de ce parti avant de larguer ses amarres en créant un parti politique, El Moustakbel, à la faveur de la nouvelle loi sur les partis politiques.

Un sacré personnage Abdelaziz Belaid. Chef de l’UNJA pendant plusieurs années, deux fois députés du FLN, rescapé d’une tentative d’assassinat, poursuivi en justice pour détournements de fonds, victime d’une chasse à l’homme par le clan présidentiel, membre du comité central du FLN, aujourd’hui déclaré opposant. Sacré personnage, en effet.

Elu deux fois député du FLN en octobre 1997 puis en mai 2002, Abdelaziz Belaid a longtemps frayé au sein de l’ex-parti unique avant de prendre ses distances.

Nous sommes en 2004.

La campagne électorale pour la présidentielle bat son plein. En face du président Bouteflika, candidat sortant, il y a notamment Ali Benflis, son ancien chef du gouvernement, SG du FLN avant d'en être éjecté.

Dans cette campagne sanglante, le FLN se divisera en deux camps : les fidèles à Benflis et les ralliés à Bouteflika. Abdelaziz Belaid, à la tête de l’UNJA, décide de soutenir Benflis.

Mal lui en a pris. Il sera vite éjecté de son poste quelque mois plus tard par le clan présidentiel qui ne lui pardonnera jamais d’avoir mis l’organisation au service de l’ancien chef du gouvernement.

En janvier 2004, quatre mois avant le scrutin présidentiel, Abdelaziz Belaid fera l’objet d’une mystérieuse tentative d’assassinat à Sidi Fredj, une station balnéaire sur le littoral algérois où il avait ses quartiers.

Au cours d'une soirée en ce mois de janvier 2004, il sera pris pour cible par des tirs d’un inconnu. Règlement de comptes, acte terroriste, tentative d’intimidation ?

La gendarmerie nationale avait à l’époque ouvert une enquête sur cette agression, mais aujourd’hui encore on ignore tout de ces investigations.

Le temps passe. Abdelaziz Belaid se fait discret.

Trois années plus tard, en février 2007, il fera l’objet de poursuite judiciaire au tribunal de Chéraga, sur les hauteurs d’Alger, pour détournement de fonds présumé d’un montant de 3 milliards de centimes.

La nouvelle direction de l’UNJA l’accusait d’avoir commis des micmacs dans la gestion du centre de jeunesse de Sidi Fredj.

Interrogé à l’époque par la presse, Abdelaziz Belaid a expliqué que ces 3 milliards, versés par le ministère des Finances, ont été consacrés aux travaux de rénovation du centre de Sidi Fredj.

Son successeur à la tête de l’UNJA, Mohamed Madani, évincé depuis, a livré une autre version des faits.

M.Madani a soutenu, qu’en prenant possession de l’organisation, il avait hérité d’une structure qui cumulait plus de 7 milliards de centimes de dettes dont « 500 millions relatifs à l’approvisionnement en viandes ».

Mohamed Madani, lui, sera accusé par son successeur d’avoir abusé des mêmes pratiques que son prédécesseur.

Aujourd’hui encore, on ignore tout de la plainte déposée contre Abdelaziz Belaid au tribunal de Chéraga.

A-t-elle été classée ? L’instruction est-elle toujours en cours ?

Loin d’être atteint par ces remugles politiques et ces déboires judiciaires, Abdelaziz Belaid poursuit son petit chemin se consacrant à ses affaires.

C'est ainsi qu'en 2008, il ouvrira une clinique ultra moderne, située à Kouba, banlieue d'Alger, spécialisée dans les dyalises.

Après une petite « traversée du désert », il reviendra au bercail du FLN en se faisant élire au comité central du parti. Il en démissionnera en décembre 2011 pour créer son nouveau parti, El Moustakbal (l’avenir). Celui-ci possède désormais un siège à Didouche Mourad, l'une des plus prestigieuses artères d'Alger.

L’idéologie de cette nouvelle formation est résumée en quelques mots : « Un parti du centre, patriote et nationaliste, qui puise ses principes dans les constantes nationales et le message de la Révolution de Novembre 54, humaniste et éternel et qui consacre le caractère républicain de l'Etat algérien moderne et sacralise la volonté des Algériens à vivre libres et dans la dignité ».

Un sacré personnage.

leBloggers

2 commentaires:

  1. Un nouveau "façonnage artificiel" du champ politique, concocté sur mesure par les Services en prévision de la prochaine mascarade électorale pour une Assemblée-croupion, bidon, sans prérogatives, sans pouvoir aucun. Une énième "chambre d’enregistrement" des béni oui-oui, des khobsistes, des arrivistes et carririsétes... que le Pouvoir militaro-mafieux affectionne tant!
    A partir de cet échiquier politico-merdique, on peut supputer sur les intentions réelle des Généraux décideurs. Un raz-de-marrée islamistes pourra inciter les faucons de la Junte militaire à fomenter un Coup d'Etat, comme en 1992...Ce qui est sûr, c'est la programmation du "Retour à la case départ" qui légitime et justive la mainmise des Généraux sur le pouvoir...et la destinée de l'Algérie!

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  2. Ameziane, je t'en prie ne mets pas tout le monde dans le même panier car parmi ces 10 partis, il en existe un Jil Jadid dont je fais partie et qui est loin de toutes les conclusions que tu en tire. Et je rajouterais encore,que ce n'est pas en restant dans la critique que vous pourrez faire avancer les choses, il faut passer au cap suivant et se donner le pouvoir de faire en sorte qu'un parti réponde à nos exigences de cette réelle démocratie, qui vous l'avouerez reste à définir : en effet plusieurs types de démocratie sont possibles, mais ce type de question, et tant d'autres ne sont jamais abordées. J'ai décidé de faire partie de Jil Jadid car j'estime avoir mon mot à dire, et ce mot est entendu car son organisation le permet. J'aimerais que les critiques faites au niveau politique se fassent aussi au niveau des idées, au niveau de la confrontation des programmes entre les partis. Limiter le rôle de l'opposition à un "tous des pourris" ne conduit à rien, car si actuellement la Démocratie s'installe réellement en Algérie,nous, les citoyens ne serions pas prêts à la maintenir et à la renforcer.Il faut tourner nos regards vers demain, et pour cela nos efforts doivent passer à l'étape suivante, celle de préparer l'après-démocratie et faire dès à présent un réel travail politique, et ce travail demande du temps, c'est pour cela que nous devons nous ateler dès à présent, croire en notre propre pouvoir et croire à la véritable politique algérienne, et ceci sans attendre le feu vert des autorités. Cela ne dépend que de notre implication, de notre intégrité et de notre intelligence pour le réaliser.

    Djilali Yasmina

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