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samedi 24 décembre 2011

Yacine Zaïd activiste dans les milieux jeunes « La mafia contrôle tous les domaines »


Pour Yacine Zaïd, activiste militant dans les milieux de jeunes, la démotivation des jeunes Algériens est la conséquence d'une gestion des affaires du pays marquée par le favoritisme, le manque de moyens matériels et la discrimination.
Algérie News : Lors des derniers Jeux sportifs arabes, les athlètes algériens ont fait preuve d'indiscipline et de démotivation. Quelles en sont les causes, d'après vous ?
Yacine Zaïd : Il faut savoir que dans chaque domaine dans notre pays, il existe une mafia qui contrôle tout. Le domaine sportif ou culturel n'échappe pas à la règle devenue une chose ordinaire aux yeux des Algériens. Pour les causes de la démotivation des jeunes sportifs, les choses sont claires, il ne peut y avoir de bons résultats avec une mauvaise gestion. Il faut aller voir comment on dépense l'argent destiné à former des sportifs. Le détournement des ces fonds par les dirigeants des clubs est monnaie courante. Des gens ont fait fortune sur le dos des jeunes sportifs, privés de moyens nécessaires pour émerger aussi bien au niveau national qu'international. Aussi, il ya lieu de signaler que les présidents de clubs sportifs utilisent leurs postes pour la promotion politique. Je ne vois pas quel est l'intérêt d'impliquer un club sportif dans une aventure politique. La mauvaise gestion financière des clubs sportifs est-elle la seule
cause des ces mauvais résultats et de la démotivation ? Non, le manque de moyens n'est pas la seule raison, il en existe d'autres. Par exemple, la discrimination dans la sélection des athlètes dans les différentes équipes nationales. Comme vous l'avez tous remarqué les jeunes du Sud figurent rarement dans les équipes nationales, toutes disciplines confondues. Cela ne veut nullement dire qu'au Sud il n'existe pas de jeunes talents. Bien au contraire, dans les petites catégories, des jeunes ont montré des capacités extraordinaires qui peuvent faire le bonheur des équipes nationales, malheureusement la sélection se fait par téléphone et les interventions, ce qui empêche ces derniers d'aller loin dans leur carrière. Des générations de jeunes talents ont été brisées par le favoritisme et le clientélisme.
Mais cette démotivation concerne aussi les jeunes athlètes sélectionnés, comment expliquez-vous cela ?
Ecoutez, lorsqu'un jeune athlète est sélectionné par une intervention téléphonique comment voulez-vous qu'il fasse des efforts ou essaye d'honorer son pays. Il sait bien qu'il ne mérite pas cette place. De plus, il y a un autre phénomène important que les pouvoirs publics doivent prendre en compte, il s'agit de l'avenir professionnel des athlètes. Je m'explique : à l'exception du football, les joueurs ou les athlètes des autres disciplines sportives sont confrontés à la fin de leur carrière au chômage et à la déception. Ces disciplines ne donnent pas d’espoirs à leurs pratiquants. Un joueur ou un athlète qui sait qu'à la fin de sa carrière, il va se retrouver au chômage ou devoir chercher une autre activité pour vivre, ne va pas fournir d'efforts. Cette situation a conduit même au phénomène de la harga. Nous avons vu des athlètes et des artistes qui ont refusé de revenir au pays après avoir participé à des compétitions internationales.

Entretien réalisé par Younès Saadi Algérie NewsleBloggers

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