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dimanche 4 décembre 2011

Une commission enquête sur le wali de Bejaia : Combien de «Hamou 10%» existe-t-il en Algérie ?


Les accusations de « corruption » lancées récemment par le colonel Ahmed Bencherif, ancien patron de la gendarmerie nationale, contre le wali de Bejaia, M. Hamou Ahmed Touhami produisent apparemment de l’effet. Selon nos informations, une commission spéciale dépêchée d’Alger a atterrit dimanche 4 décembre à Djelfa afin d’investiguer sur les malversations supposées imputées à ce fonctionnaire à l’époque où il dirigeait cette wilaya des hauts-plateaux.

Composée de 5 éléments et présidée par un haut fonctionnaire de la DGSN (direction générale de la sureté nationale), la commission s’est rendue dans l’après-midi du dimanche à la résidence du colonel Bencherif pour y recueillir sa version de faits. L’entrevue s’est déroulée en présence du chef de sureté de la wilaya de Djelfa.

Selon une source locale qui s’est confiée à DNA, Ahmed Bencherif a remis aux enquêteurs des documents ainsi que des photos qui attesteraient de malversations commises par l’ancien wali de Djelfa, M. Hamou Ahmed Touhami.

Des pontes de la région dans le colimateur

D’autres pontes de la région seraient également visés par les accusations de M. Bencherif. On évoque notamment un ancien lieutenant colonel de la gendarmerie, un responsable local de la police, un colonel du DRS (les services de renseignement), radié depuis des effectifs ainsi qu’un sénateur du RND.

Par ailleurs, une lettre d’un mystérieux comité de « la société civile de la wilaya de Djelfa » a été adressée à la presse pour soutenir le colonel Bencherif et enfoncer davantage M. Ahmed Hamou Touhami.

Un site archéologique détourné

Les rédacteurs de cette lettre affirment que « l’ex-wali de Djelfa a été particulièrement intéressé par des projets juteux relatifs aux grands travaux de protection des agglomérations contre les crues d’oueds et à ceux concernant le transfert de la ressource hydrique sur 42 Kms d’Oued Sdar à Djelfa, confiés à des entreprises qui lui sont proches. »

Ce comité précise que « les réalisations n’ont pas été conformes aux clauses des cahiers des charges en dépit des sommes colossales consommées. »

L’ancien wali, muté à Bejaia en septembre 2011, serait encore liées à d'autres joyeusetés. Il s’agit notamment du parc archéologique abritant des gravures rupestres de l’Atlas saharien, classé patrimoine de l’humanité et sis à Moudjbara, à l’intérieur duquel « une carrière servant une briqueterie privée » a été implantée.

Hamou 10 %

L’ex-patron de la gendarmerie, le colonel Bencherif, originaire de Djelfa, accuse l’actuel wali de Bejaia de s’être remplit les poches du temps où il dirigeait Djelfa.

« L’enquête que je mène depuis fort longtemps me permet actuellement d’affirmer que l’ex-wali de Djelfa, Hamou Ahmed Touhami, surnommé du temps où il était wali de Béchar « Hamou 10 % » est un corrompu », écrivait M. Bencherif dans une tribune publiée mercredi 23 novembre 2011 dans le quotidien le Soir d’Algérie.

Le sobriquet « Hamou 10 % » fait allusion à la quote-part prélevée par Ahmed Touhami auprès de chaque entrepreneur bénéficiaire d’un marché public. Une fois le marché obtenu, cette commission occulte de 10 % était remise en « mains propres » au wali, précisait le colonel.

Dans une réponse publiée par certains titres de la presse, le wali de Bejaia a récusé les accusations portées contre lui et se dit blanc comme neige.

Des affaires étouffées, des walis protégés

En dépit de ces graves accusations, cette affaire risquerait, en toute vraisemblance, de finir en eau de boudin.

D’abord parce que le principal accusateur, le colonel Bencherif, 84 ans, est un personnage au passé controversé.

Il serait lui-même accusé de s’être enrichi à l’époque où il dirigeait la gendarmerie nationale durant les années 1960 et 1970. L'opinion publique raconte volontiers qu'il se faisait garder ses troupeaux de moutons par des conscrits de l'armée durant son passage à la gendarmerie.

Ensuite parce que les scandales de corruption qui ont touchés, depuis une douzaine d’années, plusieurs walis n’ont pas été suivis d’instructions judiciaires.

Et quand ces affaires sont portées devant les magistrats, à l’exemple de l’ex-wali de Blida - un proche du président Bouteflika - elles finissent par se perdre dans les méandres de la justice. Quand elles ne sont pas carrément étouffées.

22 walis limogés en une journée en août 1999

Le 21 août 1999, à peine cinq mois après son arrivée au pouvoir, le chef de l'Etat s'est illustré par un coup d'éclat en mettant fin aux fonctions de 22 walis dont 16 étaient, interdits de tout emploi dans la fonction publique. Certains de ces recalés de l’administration étaient soupçonnés à l’époque de graves malversations.

Depuis, quelques un ont été réhabilités dans leurs fonctions, d’autres ont pris leurs retraites sans être inquiétés par la justice.

leBloggers

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