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samedi 10 décembre 2011

Mostefa Bouchachi critique la loi sur les partis "Les lois anti-corruption ont encouragé le vol »


Le président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (Laddh) Mostefa Bouchachi estime que la lutte contre la corruption ne peut pas être efficace en l’absence de démocratie. « On ne peut combattre la corruption et respecter la dignité de l'être humain dans l'absence d'une réelle démocratie. Or, on constate qu'il n'y a toujours pas une réelle volonté pour réformer et donner la parole au peuple pour décider de son avenir », a affirmé Me Bouchachi, ce samedi 10 décembre au cours d’une conférence de presse à Alger.

Le président de la LADDH est revenu sur l'état d'urgence, levé en février 2011 mais resté « en vigueur dans les faits ». « Les militants sont continuellement interdits d'organiser des manifestations ou de tenir des réunions », a‑t‑il déploré. Son organisation en a fait une fois de plus l'expérience aujourd’hui. Elle devait organiser une conférence‑débat à l'hôtel El Biar à Alger à l'occasion de la journée mondiale des droits de l'homme. La conférence a été annulée à la dernière minute, faute d’une autorisation de la wilaya d’Alger. « C'est ce qui s'est passé aussi à Boumerdès. Les médias restent donc le seul moyen de s'adresser à l'opinion publique », a‑t‑il ajouté.
Mostefa Bouchachi a dénoncé la restriction de la liberté de culte en Algérie avec la loi promulguée en 2006, le traitement réservé aux migrants étrangers et plus précisément africains ainsi que la pratique de la torture. « L'Algérie a signé des conventions internationales concernant la torture. Le parquet devrait ouvrir une enquête après avoir pris connaissance de ce genre d'affaires. Chose qu'on ne constate pas dans la réalité », a‑t‑il regretté. Abordant la question de la corruption, qui a atteint selon lui le sommet de l'État, Me Bouchachi a estimé que la législation en vigueur censée lutter contre ce phénomène a en réalité provoqué l’effet inverse : « ce genre de lois ont encouragé le vol. Impliqués dans de grandes ou petites affaires de corruption, tous sont condamnés à la même peine ». Il y a également le problème de la sélectivité du parquet. « On se souvient tous de l'affaire Khalifa et des personnes qui ont été condamnées », a‑t‑il dit.
Le premier responsable de la Laddh a également appelé les autorités à abolir la peine de mort, non appliquée en Algérie depuis le moratoire de 1993. « Chez nous, cette peine est liée dans 99 % des cas à des affaires politiques. Elle est en fait utilisée pour effrayer les militants », a expliqué Me Bouchachi.
« La loi sur les partis politiques est non conforme à la Constitution »
La nouvelle loi sur les partis politiques « interdisant à des anciens de l’ex‑FIS d’exercer toute activité politique tout en leur faisant porter la responsabilité de la décennie noire est nLienon conforme à la Constitution », a affirmé Mostefa Bouchachi. Pour lui, c’est à la justice seule qu’il incombe de décider d’exclure une catégorie d’Algériens de la pratique politique. Le conférencier a en outre prévenu, au cours de son intervention, contre le risque d'une prochaine explosion sociale. « On ne peut pas continuer à gérer les affaires du pays de cette manière », conclut Me Bouchachi.

TSA
leBloggers

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