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vendredi 23 décembre 2011

Le danger imminent des réformes de Bouteflika


1999-2011: les mandats de Bouteflika s'appuient sur une fraude systémique qui a secrété au sein du pouvoir les partis politiques de l'opposition démocratique et consacré l'impunité au terrorisme islamiste. Les législatives de 2012 et les Présidentielles de 2014 ne failliront pas à cette logique...


A l’heure où les réformes de Bouteflika caressent dans le sens du poil une coalition moribonde et une mouvance islamiste jubilatoire, gaillardie par les révolutions arabes sur lesquelles a fait haro l’islamisme politique, est-il encore pertinent de se demander si les lois votées sont capables de juguler une crise qui dépasse le simple badigeonnage de ces « réformes » ? Ne faut-il pas plutôt décrypter tous les dangers imminents que celles-ci présentent sur une échéance électorale jouée d’avance des législatives de 2012.

Une fraude « de nature », systémique et non circonstancielle

Feu Hachemi Cherif, secrétaire général du MDS, dans ses analyses sur la crise d’Etat, a montré avec pertinence que tout processus électoral engagé dans une crise matricielle d’Etat ne peut que profiter à la caste rentière et bureaucratique au commandes d’un parti-Pouvoir bâti sur une corruption systémique qui exclut de sa logique interne, toute perspective de développement socioéconomique et toute ouverture réelle et dynamique vers une société de progrès, des droits de l’homme et des libertés citoyennes. Le centre de gravité du système politique gangrené par des alliances hétéroclites et prédatrices s’est davantage durci depuis l’élection fraudée de Bouteflika en 1999. Depuis cette date, les rendez-vous électoraux, précédés de « lois » et de « garanties », décorum d’une fraude systémique, ont fini par discréditer les partis de l’opposition démocratique qui ont accepté de jouer le jeu malsain du pouvoir qui s’en est servi pour donner un semblant de crédibilité à des processus électoraux organisés et encadrés par une administration acquise au pouvoir et surtout garante de la redistribution de la rente, centre de gravité du système autour de laquelle gravite tous les partis satellites, y compris les formations de l’opposition dites "démocratiques" : la déconfiture du RCD, du FFS lors des présidentielles antérieures s’explique moins par une "fraude massive" de ces élections que par cette fraude systémique, "de nature" à de telles échéances détournées de leur modernité en tant qu’instruments du suffrage universel.

Un pouvoir qui a secrété les forces de l’opposition démocratique

Incolore et inodore, le parti-Etat qui, depuis l’indépendance a su se renouveler grâce à des coalitions aux contours flous, ne faisant que renforcer ses intérêts de caste, a su, par la tenue d’élections de guingois, assurer sa pérennité génératrice de richesses mal aquises tout en achetant, grâce à la manne pétrolière dont il détient le monopole, les révoltes citoyennes. Pour ce faire, il n’a pas hésité à confier la gérance de secteurs clé, et seulement la gérance, à ses seuls profits, à des ministres issus des formations de partis démocratiques dits de l’opposition : du FFS, du RCD, des technocrates du PAGS à l’époque de son « oui, mais… » des Trotsystes, issus de la 3ème internationale, des transfuges du RCD comme Khalida Toumi, des islamistes…Il a pu ainsi corrompre, par ses forces attractives de la rente, tous les partis politiques, y compris celui qui le menaçait dans ses fondements mêmes, l’ex-Fis. Face à cette fraude qui est dans la nature même du pouvoir et non résultats de simples contingences dues aux pressions des bureaux de vote, aux détournements de boites, aux bourrages, aux quotas, à l'absence d’observateurs internationaux, garanties non respectées…), le pouvoir utilise un outil moderne du suffrage universel qu’il pervertit. Sur ce point, le sociologue Nacer Djabi ( Chihab, 2011) dans son livre décrivant les carrières et profils des ministres algériens de l'indépendance à nos jours, montre avec justesse que le FLN a produit très peu de ministres venus pour la plupart d'autres formations politiques de l'opposition démocratique mais dont le rôle s'est limité à la gérance technique de secteurs stratégiques mis sous la coupe politique du FLN.

L’interruption du deuxième tour des législatives de 1992 a mis à nu les dangers de tels processus électoraux quelles que soient les "garanties" et "la présence d’observateurs étrangers" réclamées par le RCD ou "l’attente des signaux forts" nourris par le FFS.
Le HCE de Boudiaf, ayant été à l’origine de l’interruption du processus électoral de 92, de l’interdiction du FIS s’est trouvé face à cette crise d’Etat dont la béance empêchait de donner une légitimité à cette interdiction. Dans l’incapacité de sortir l’Algérie de la nature prédatrice du Parti-pouvoir, de la matrice du FLN, l’interdiction d’un processus électoral touchant moins aux intérêts rentiers du système en place qu'à la survie de l'Algérie,a mis à nu le danger de tels processus électoraux. Dûment agréé puis interdit, l’ex-Fis revendique aujourd’hui, par la voix de Bouteflika, sa légitimité en tant que parti sorti victorieux du premier tour des législatives et se targue d’avoir eu la légitimité populaire par le suffrage universel organisé au lendemain du 5 octobre 88 sur une poudrière. Si le RCD ne s’est retiré que du 2ème tour des législatives criant à une fraude de surface, épisodique, le FFS s'est solidarisé avec les chefs islamistes de l’ex-Fis dont il a revêtu la "chéchia" dans la coalition de Saint Egidio tandis que l’Armée algérienne est accusée de putchiste. Lors de la campagne ourdie à l’Hexagone du "qui tue qui", le général Khaled Nezzar, en tant que ministre de la défense à l’époque des faits est accusé d’avoir généré le génocide par l’interruption des législatives de 92.

Un autre processus électoral, celui de 1999 illustre cette fraude systémique dont ni le FFS ni le RCD ne semblent avoir tiré les leçons de 92. Par sa dernière déclaration, le RCD reste campé dans une position obsolète quant à sa critique de la tenue des législatives de 2012 "Le système s’apprête à rééditer une opération électorale réglée par les quotas distribués par les officines", a-t-il cru bon de prévenir.

1999-2011 : accaparement des leviers de l’Etat et promesses appuyées à l’islamisme politique

Boudiaf assassiné, c’est l’ancien ministre charismatique du sérail de Houari Boumedienne qui est sollicité par une frange de l’Armée « le candidat de l’Armée », qui s’est reconverti dans les affaires et proche des milieux islamistes rentiers du Golfe qui accapare le pouvoir par le biais toujours de la tenue de Présidentielles organisées avec fanfare alors même que l’Algérie était à feu à sang, livrée, seule, isolée de la communauté internationale, aux massacres des GIA. La promulgation de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale en faveur de l’islamisme politique et de ses bras armés que le RCD a soutenue et saluée, sera soumise à Référendum et revêtue de la légitimité du processus électoral qualifié par ce triptyque:" pluraliste", "démocratique" et "transparent".
Les présidentielles de 2004 et de 2009 couronneront la politique de l’imposture de la concorde civile et des réformes ayant débouché sur la révision de la constitution au profit d’une mandature à vie pour Bouteflika. Elles se tiendront sous le signe de l’impunité accordée par Bouteflika au terrorisme islamiste. Les présidentielles de 2004 connaîtront des luttes intestines au sein du FLN partagés entre "redresseurs" et "caciques" dont pâtira Benflis le candidat malheureux aux présidentielles de 2004 dont le 7ème Congrès n'était pour le parti-Etat qu'un simple égarement, du linge sale qui se lave en famille.

Profitant de cette cacophonie, Bouteflika sape les dernières résistances du mouvement insurrectionnel des aârouch par le biais de son ministre de l’intérieur, Zerhouni, multiplie les persécutions contre la presse indépendante par la fermeture du quotidien Le Matin et l’incarcération de son directeur, Mohamed Benchicou. Sur cette politique de la terre brûlée menée de concert avec les maquis terroristes islamistes qui ont étêté les élites intellectuelles et scientifiques du pays, Bouteflika s’emploie à la promotion de l’islamisme politique dont il a désormais des représentants dans sa coalition, intégrés dans les instances du pouvoir, comme une "récidive" cette fois légale et légalistes des législatives de 92. Il corrompt également les revendications du printemps berbère d’Avril 80 par la création d’un HCA moribond et par la reconnaissance de la langue amazighe en tant que langue nationale introduite dans l’enseignement alors que dans les faits, même la langue arabe, instrumentalisée et appauvrie par des ministres et des procureurs de la République la bégayant pour raison d’Etat, était otage du système comme le deviendra la langue amazighe. La presse en langue amazighe disparaît du champ éditorial et la chaîne 4 amazighe fera de la langue amazighe une langue de bois.

De 1999 à 2009, l’évolution des mandats de Bouteflika à la magistrature suprême est celle des gages de plus en plus et de mieux en mieux appuyés en direction du terrorisme islamiste en vue d’une réhabilitation stratégique de l’ex-Fis dont le chef, Abassi Madani lui a été une béquille inespérée à la consécration de la concorde civile avec, dans le même temps, l’accaparement des leviers de l’Etat jusqu’à faire de Sonatrach un bien privé. 2014 s’annonce donc, via les législatives de 2912, dans cette logique du dictateur omniscient qui se fabrique des lois et des réformes pour appâter ce qui reste de forces démocratiques dans le pays en faisant croire que l’ex-Fis est interdit de retour et que plusieurs autres partis en instance d’agréments seront légalisés sans que l’on mesure la pertinence de ces partis « tard venus » dans un champ politique fermé mais pourvu de plusieurs formations politiques, promet l’ouverture de l’audio-visuel à un capital privé issu de la corruption et de l’argent des maquis terroristes et bien sûr, derechef, des élections pluralistes avec des observateurs étrangers "en veux-tu, en voilà"; ces mêmes observatuers qui ont accuelli avec ferveur les délarations des partis islamistes dits "modérés" d'intsuaurer la chari'a comme fondement juridique de l'Etat...

2011 – 2014 : le siège de la Grande mosquée…

2011 ; les islamistes de la coalition gouvernementale lèvent la tête à la faveur du raz-de-marée des premières élections des Révolutions arabes ou initiées en vue de prévenir le « tsunami ». Le chef du MSP appelle à une "union des partis islamistes" et joue même à l’opposant dans le processus des réformes engagées par Bouteflika, n’y voyant que des "mesures techniques", sans grand impact sur le peuple algérien et souhaite des "législatives anticipées" estimant qu’elles sont trop lentes au regard de l’accélération des révolutions arabes qui ont libéré les islamistes toute tendance confondue : des "modérés" aux "salafistes". Abdellah Djaballah qui s’est vu ravir sa formation par Bouguerra Soltani refuse l’appel de son pseudo-rival et attend l’agréement de nouveau parti qui portera, officiellement, sans doute, les revendications de l’ex-Fis dejà mises en branle par les réformes de Bouteflika entamées depuis 1999. Abassi Madani sort de sa réserve de Doha, Anouar Haddam prépare son retour en Algérie sur les pas de Rached Ghennouchi, expulsé d’Algérie en 1992 et qui revient par la grande porte, invité officiel de Bouteflika, reçu avec tous les honneurs. La pression des islamistes à l’heure actuelle a la même intensité que celle ayant préludé aux législatives de 92, cette fois au sein des rapports de force au sein du pouvoir, sachant que les islamistes n’ont pas besoin d'une "majorité" de comptabilité dans les insitutions de l’Etat ou dans les processus électoraux pour s’imposer par la violence, les menaces, le meurtre. Récemment, Belkhadem a fait cette déclaration "Les mouvements islamistes dans les pays arabes, tels que l'Egypte et la Tunisie, ont toujours été dans l'opposition. Or, nous, nous avons (en Algérie) des partis politiques appartenant à ce courant au sein de l'Alliance (présidentielle), du gouvernement et dans l'opposition" confortant les militants de l’ex-Fis "Ces militants se trouvent dans plusieurs formations politiques y compris le parti du FLN", a-t-il dit, sous l’approbation sans doute du parti islamiste le MSP qui fait partie de l’alliance présidentielle et disposant de 51 députés dans l’actuelle assemblée. Son leader, BLienouguera Soltani a désormais le vent en poupe et se voit déjà favori aux législatives comme Ennahdha à la constituante en Tunisie avec, dans ses bagages, l’agrément du FIS. Mais Bouteflika lui permettra-t-il de lui ravir la vedette dans la réhabilitation de l’ex-parti dissous avec lequel la hantise de 92 se dissipera et ne lui sera donc plus un boulet, en attendant, après Tlemcen, déclarée sa "capitale de la culture islamiste" de sièger dans la nouvelle Grande mosquée construite à la gloire de…


R.M Free Algérie

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