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dimanche 4 décembre 2011

Corruption, 2011 : L’Algérie recule de 7 places, passant de la 105ème à la 112 ème place


L’ONG de lutte contre la corruption Transparency International (TI) a rendu public aujourd’hui, le jeudi 1er décembre, son Indice de perception de la corruption (IPC) pour l’année 2011. 183 pays y figurent — dont l’Algérie —, contre 178 en 2010. L’Algérie obtient la très mauvaise note de 2,9 sur 10, la même que celle de l’année dernière, et la 112ème place, reculant de 7 places par rapport au classement de 2010 ! L’Algérie a fait l’objet de 7 enquêtes et études d’organisations internationales indépendantes, enquêtes qui convergent toutes vers les mêmes résultats. L’indice 2011 note 183 pays et territoires de 0 (extrêmement corrompu) à 10 (extrêmement intègre) selon les niveaux de corruption perçus dans le secteur public. Il utilise les données de 17 enquêtes portant sur des facteurs tels que l’application des lois anti-corruption, l’accès à l’information et les conflits d’intérêts.

Pour l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC), « ces très mauvais résultats de l’Algérie pour la 9ème année consécutive, ne sont pas une surprise, ces dernières années ayant été marqué non seulement par une explosion des affaires de grande corruption, mais aussi par une totale absence de volonté politique du pouvoir à lutter contre la corruption ».

Toujours pour l’AACC, « Le très net recul de 7 places, est révélateur de l’aggravation de la situation qui prévaut en Algérie en matière de gouvernance », l’évolution des scores de l’IPC et des classements par pays d’une année à l’autre permettant d’évaluer la vigueur et l’efficacité des efforts déployés par les pouvoirs publics en matière de lutte contre la corruption. L’AACC précise par ailleurs qu’une note inférieure à 3 sur 10 signifie l’existence d’un haut niveau de corruption au sein des institutions de l’Etat. Pour rappel, l’Algérie avait obtenu en 2010, et ce, pour la 8e année consécutive, une très mauvaise note — 2,9 sur 10, et un très mauvais classement, la 105e place sur 178 pays classés. Quels avaient été les scores de l’Algérie de 2003 à 2009 ? En 2009 : 2,8 sur 10 et 111e place ; 2008 : 3,2 sur 10 et 92e place sur 180 pays classés ; en 2007 : 3 sur 10, et la 99e place ; 2006 : 3,1 sur 10 et 84e place (sur 163 pays) ; 2005 : 2,8 et 97e place (sur 159 pays) ; en 2004 : 2,7 et 97e place (146 pays) ; et en 2003 : 2,6 et 88e place (sur 133 pays).

Avant le « Printemps arabe », un rapport de Transparency International portant sur la région Moyen Orient-Maghreb soulignait que le népotisme, les pots-de-vin et le clientélisme étaient si profondément ancrés dans la vie quotidienne que même si des lois anti-corruption étaient en place, elles n’avaient que peu d’effet, surtout lorsqu’elles sont de très mauvaise qualité et ne sont pas du tout appliquées comme c’est le cas de l’Algérie.

Mais pour l’AACC, « Le pouvoir algérien ne fait pas uniquement semblant de lutter contre la corruption – ce qui ne trompe plus personne -, il s’acharne surtout à combattre les organisations et les militants politiques et associatifs qui dénoncent la corruption et essaient de multiplier les initiatives pour la contrer ». Plus grave, ce pouvoir affiche de plus en plus ouvertement ses pratiques autoritaires, répressives et liberticides, osant appeler « Réformes » ce qui s’avère être des projets de loi remettant en cause les quelques acquis très chers aux algériens, dont les libertés de la presse et d’association ». Selon l’AACC, « Le pouvoir algérien gangréné par la corruption est prêt à tout pour se maintenir en place – pouvoir absolu, corrompant absolument -, manipulant à souhait le Code des marchés publics, le vidant de toute sa substance ; instrumentalisant la justice, aujourd’hui plus que jamais, dont le traitement judiciaire à plusieurs vitesses des grands scandales de corruption est un des aspects les plus sombres ; réprimant, harcelant, emprisonnant, en toute illégalité, tout citoyen qui ose rendre publique des détournements et autre gabegie ».

Pour Transparency International, les résultats de l’IPC 2011 confirment « Une crise de la gouvernance, et les manifestations de l’année 2011, un peu partout dans le monde, témoignent de la colère ressentie contre la corruption dans le monde politique et le secteur public ». Pour cette ONG, « La corruption continue d’affaiblir de trop nombreux pays à travers le monde ». Selon elle, « l’Indice de perception de la corruption 2011montre que certains gouvernements échouent à protéger leurs citoyens de la corruption, qu’il s’agisse de détournements de ressources publiques, de pots-de-vin ou de prises de décisions tenues secrètes. »

Transparency International considère « que les manifestations organisées à travers le monde, souvent alimentées par la corruption et l’instabilité économique, montraient clairement que les citoyens avaient le sentiment que leurs dirigeants et institutions publiques n’étaient ni assez transparents, ni assez responsables. »

« Cette année nous avons vu la corruption dénoncée sur les banderoles des manifestants, riches ou pauvres. Que ce soit dans l’Europe touchée par la crise de la dette ou dans le monde arabe qui entrent dans une nouvelle ère politique, les dirigeants doivent entendre ces aspirations à de meilleurs gouvernements », a déclaré Huguette Labelle, la Présidente de Transparency International.

Les pays de la zone euro atteints par la crise des dettes, en partie en raison de l’échec des autorités à empêcher la pratique des pots-de-vin et l’évasion fiscale, facteurs clés de cette crise, font partie des pays de l’Union Européenne ayant reçu les scores les plus bas.

Pour en savoir plus sur l’IPC 2011, il faut consulter le site web de Transparency International

LA NATION

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