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mardi 27 décembre 2011

Algérie. Des juristes, des ministres, des journalistes, des écrivains…signent une pétition de soutien au général Nezzar*


Une pétition rédigée par Ali Haroun et M. Maarfia (plume de Nezzar) vient d’être mise en circulation. Le texte en appelle aux citoyens pour se mobiliser afin de demander aux « pouvoirs publics algériens » d’intercéder auprès des autorités suisses en vue de mettre un terme à la procédure engagée par la justice helvétique contre Nezzar. Les premiers signataires (anciens fonctionnaires, universitaires ou journalistes), tous proches des cercles militaires, estiment que cette action, officiellement imputée par Nezzar à Aït Ahmed et au FIS, attente à la souveraineté du pays. En douce, on laisse entendre que l’opération n’est pas étrangère au rapprochement de Ait Ahmed et Bouteflika auxquels d’autres n’hésitent pas à ajouter Toufik. Cette initiative, pour l’instant discrète, en intrigue plus d’un et des personnalités contactées restent réservées. C’est la première fois en effet qu’un officier de haut rang demande à des citoyens d’intercéder en sa faveur pour pousser le pouvoir à défendre un des siens.

PETITION

A propos de l’interpellation de Khaled Nezzar en Suisse

Les soussignés, soucieux des conséquences néfastes sur les relations entre les peuples algérien et suisse, que pourrait susciter l’interpellation de Monsieur Khaled NEZZAR par la procureure fédérale de la Confédération Helvétique,

- Estiment qu’au-delà de la personne du général NEZZAR, ministre de la Défense Nationale et co-président de la république au sein du Haut Comité d’Etat, c’est le peuple algérien qui se trouve atteint dans sa dignité.

- Rappellent que depuis le début de l’année 1991 les atteintes aux personnes et aux biens, les menaces sur l’ordre républicain perpétrées par les dirigeants, militants et adhérents du FIS, l’appel à la grève insurrectionnelle et à la désobéissance civile, l’appel à la guerre sainte par des prêches virulents, avaient pour finalité l’instauration d’un Etat théocratique.

- Constatent que suite à ces appels, les membres du FIS ont perpétré des massacres collectifs et des assassinats par dizaines de milliers, s’attaquant sans distinction aux populations civiles, aux fonctionnaires de l’Etat, aux journalistes et membres des médias audiovisuels, aux services de sécurité et aux membres de l’armée.

- Rappellent, en tant que de besoin, à ceux qui l’ignorent et à ceux qui 20 ans après, n’en auraient plus le souvenir, que le FIS a été, successivement, le géniteur de l’AIS Armée Islamique du Salut), du GIA Groupes Islamistes Armés) et du GSPC (Groupes Salafistes pour la Prédication et le Combat) qui se sont en définitive fondus dans l’AQMI (Al Qaïda au Maghreb Islamique) qui perpétue ses crimes aussi bien dans les pays du Sahel qu’en Algérie.

- Considèrent qu’à la demande de la société civile, tout particulièrement du Comité National pour la Sauvegarde de l’Algérie (CNSA), et suite à la réquisition des autorités légales, l’Armée Nationale Populaire est intervenue à partir de 1991 pour soutenir la légitime défense de la République menacée et de la Démocratie déclarée impie par l’intégrisme.

- Sont persuadés que l’action des patriotes soutenus par l’ANP a évité à l’Algérie le sort tragique de l’Afghanistan. – Déplorent que Madame la Procureure fédérale ait, a priori, donné suite à la requête de deux anciens responsables du FIS demeurant en Suisse qui, par le biais d’une « plainte pour tortures », entendent en réalité, présenter leur organisation aujourd’hui dissoute par la justice algérienne, comme victime du gouvernement et de son armée.

- Constatent que ces plaintes, comme celles classées sans suite par le procureur près le tribunal de Paris, ont pour finalité de masquer aux yeux de l’opinion internationale les crimes de l’intégrisme islamiste dont le monde n’a réellement pris conscience qu’après le 11 septembre 2001 et ainsi se replacer sur l’échiquier politique à la faveur d’un islamisme « modéré » dont le « printemps arabe » aurait suscité l’éclosion.

- Estiment dérisoire d’attribuer un acte de torture à un ministre de la Défense alors qu’il est évident qu’en période de troubles si dépassements, violences ou même tortures il y a, ces actions aussi inadmissibles et condamnables qu’elles soient sont inhérentes à des situations extrêmes parfois vécues sur le terrain à l’insu de la hiérarchie, Mr NEZZAR ayant publiquement déclaré avoir sanctionné tous les dépassements portés à sa connaissance et en particulier les faits de torture qu’il a qualifiés comme « une salissure qu’il faudra s’employer à effacer ».

- Déclarent formellement qu’ils n’entendent pas, par la présente pétition se substituer au Général NEZZAR qui sur l’honneur s’est engagé à se représenter en Suisse pour assurer sa défense, mais se sentent atteints dans leur dignité de citoyens algériens par l’intervention d’un Etat étranger dans les affaires intérieures de leur pays lorsque sont posées des questions telles que :

De quelle manière avez-vous participé au coup d’Etat du 11 janvier 1992 ? » Ce qui laisse préjuger que l’on a déjà conclu à la réalité d’un coup d’Etat dans l’ignorance de l’article 84 de la Constitution du 23 février 1989 et des conditions de son application.
Pouvez-vous m’expliquer quel type de décision a pu prendre le Haut Comité d’Etat ?
Comment les décisions du HCE étaient-elles mises en œuvre jusqu’aux instances politiques du bas de l’échelle ?
Comment les décisions de l’Etat-major étaient-elles mises en œuvre?

- Considèrent de tels propos et agissements comme attentatoires à la souveraineté algérienne et au principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat, principe indispensable à la paix, au respect mutuel et aux bonnes relations entre les membres de la communauté internationale.

- Déclarent que les Algériens, qui ont tant souffert de la barbarie terroriste durant plus d’une décennie dans l’indifférence du monde « civilisé », sont consternés par l’approche superficielle de leur malheur, par des personnes, institutions ou Etats, ignorants des réalités du pays et prétendant s’arroger le monopole de la défense des droits humanitaires.

- Conscients de la nécessité de préserver les relations liant les deux peuples depuis la précieuse intervention suisse aux préliminaires des Accords d’Evian, les soussignés en appellent aux responsables de l’Etat Algérien pour prendre toutes mesures dictées par les circonstances et prier le gouvernement de la Confédération Helvétique d’agir dans les délais opportuns, pour mettre un terme à une procédure que ne justifient ni la réalité des faits invoqués, ni les principes du droit international.

Alger, le 15 décembre 2011

Signataires :

1-Leila Aslaoui. (Ancien magistrat, ancien ministre, ancien sénateur, écrivain)

2-Anissa Benamer. (Psychologue clinicienne, ancien ministre, ancien sénateur)

3-Ali Haroun. (Ancien membre du conseil national de la révolution Algérienne, Docteur en droit, avocat agréé à la cour suprême et au conseil d’état, ancien ministre des droits de l’homme)

4-Mohammed Bedjaoui. (Ancien président du conseil constitutionnel Algérien, Ancien ministre des affaires étrangères, Ancien président de la cour internationale de justice de la Haye)

5-Mohamed Djeghaba. (Ancien ministre)

6-Ali Ammar. (Ancien ministre)

7-Rachid Boudjedra. (Écrivain)

8-Mohamed Maarfia. (Journaliste et écrivain)

9-Cmdt Azzedine. (Ancien membre du conseil national de la révolution Algérienne, sénateur, auteur)

10-Lyes Boukraa. (Sociologue chercheur et écrivain)

11-Foued Boughanem. (Directeur du Quotidien national « Le Soir d’Algérie»)

12- Abdelwaheb Djakoun. (Directeur du Quotidien national « La Nouvelle République »)

13-Bachir MEDJAHED. (Ancien cadre supérieur de l’état, analyste à l’INESG, éditorialiste)

14-Ahmed FATANI. (Directeur du Quotidien national « L’Expression»)

15- Miloud BRAHIMI. (Avocat, membre fondateur et ancien président de la ligue Algérienne des droits de l’homme)

16- Ahmed ABBECHE. (Ancien Bâtonnier de l’ordre national des avocats)

17- Mohamed Arezki BOUMENDIL. (Journaliste, ancien député)

18-Yacoub Lakhdhar (cadre politique, ancien PDG d’entreprise)

19- Madjid TOUALBIA (journaliste, patron de presse en France)

20- Arezki CHALLAL (Opérateur économique, membre du Bureau exécutif du Conseil supérieur du patronat)

21-Mahmoud Riadh ALLAL (cadre politique, diplômé de l’ENA, ancien représentant diplomatique)

22-Mohamed El Morro (Opérateur économique, président du club sportif oranais de l’ASMO)

23-Sid Ahmed Sahla (journaliste, rédacteur en chef de “La voix de l’Oranie”)

24- Mohand CHALLALI (universitaire, chercheur)

25- Dr Farid BENHAMDINE (Pharmacien, Président société Algérienne de Pharmacie, Algérie)

26- Kamel SANHADJI (Professeur des Universités, Directeur de Recherches, Lyon France).

27- Dr Mohammed NIBOUCHE (Pharmacien, Head of public and regulatory affairs department)

28- Said Allik. (Président du CSA USMA, ancien président de l’USMA, ancien membre du conseil de la ligue national de football)

29-Amara BENYOUNES (SG de l’UDR, ancien ministre, ancien député)

30- Lounis AMMAR (syndicaliste, ancien résistant et membre de la Fédération de France)

31- Mohamed LEMKAMI (Ancien vice président de l’APN, ancien Ambassadeur)

32- Mustapha BERRAF (Ancien président du comité olympique Algérien)

33- Ali BELABID (Architecte, enseignant universitaire)

34- Omar RAMDANE (Industriel, Ancien résistant de l’Armée de Libération Nationale)

35- Zohra DRIF-BITAT (Sénatrice et membre du Tiers présidentiel)

36- BOUTAMINE Abderrahmane (Avocat)

37- NASRI Azzouz ancien Président de la Cour Suprême

Source : http://algerie-express.com
(*) Le titre est de la rédaction

Algérie-Focus

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