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mercredi 9 novembre 2011

Ses bagages bloqués à l'aéroport : Tsukasa Kawada, ambassadeur du Japon désespéré de l’Algérie


L’atterrissage en octobre dernier du nouvel ambassadeur du Japon en Algérie est pour le moins délicat. Tsukasa Kawada, 56 ans, franchement nommé à Alger, fait l’apprentissage de la bureaucratie algérienne. Un mois après son arrivée, le diplomate n’a pas encore récupéré ses bagages, explique-t-il dans un entretien accordé au journal El Watan. Pis, il lui a fallu attendre trois semaines pour obtenir sa carte diplomatique tandis que son épouse désespère de ne pas disposer de ses vêtements d’hiver toujours bloqués aux douanes algériennes.

Son excellence qui ne manie pas la langue de bois estime par ailleurs que le marché algérien est l’un des plus difficiles au monde, à peine comparable à celui de la Corée du Nord, l’une des pires dictatures sur la planète. Voilà un diplomate qui ne manquera pas de se faire beaucoup d’amis en Algérie. Extraits de l’entretien.

Le marché algérien

« J’ai parlé avec des représentants des entreprises japonaises ; ils m’ont dit que l’Algérie est le marché le plus difficile au monde. Peut être que le premier est celui de la Corée du Nord ! C’est un peu trop dire, mais l’environnement de l’investissement est difficile. Tout le monde parle de la loi 49/51 sur l’investissement. La libéralisation de l’économie est toujours délicate ; c’est lié à des considérations internes. »

Bureaucratie

« Je ne parle pas de la libéralisation de l’économie algérienne, mais j’ai envie de dire quelque chose sur la bureaucratie, on est critiqué pour ce fléau au Japon, mais j’ai l’impression que c’est un peu trop en Algérie. Je suis arrivé ici il y a un mois et je n’ai pas encore pu récupérer mes bagages à l’aéroport ! On a exigé de moi la carte diplomatique, une sorte de carte de séjour. Il a fallu trois semaines pour l’obtenir. Je n’ai pas compris pourquoi on me demande cette carte puisque j’ai déjà le passeport et le visa diplomatiques. »

Les habits d’hiver de son épouse

« Ensuite, on m’a dit de passer par les procédures de dédouanement. J’ai présenté le dossier à la douane il y a une semaine, et je n’ai pas encore mes bagages. Mon épouse commence à se plaindre, car elle n’a pas ses habits d’hiver ! Un homme d’affaires m’a informé qu’il faut 42 jours pour obtenir le visa algérien. (…) Il faut simplifier les procédures administratives, cela se répercutera positivement sur l’économie. »

Les Chinois et les Japonais

« Je ne sais pas comment ils (Chinois, NDLR) font ! Les Japonais ne sont pas mercantilistes. Il est vrai que l’économie japonaise est capitaliste, mais l’argent n’est pas tout. Les chefs d’entreprises japonaises me disent que le but des opérations qu’ils mènent n’est pas de gagner de l’argent seulement, mais de coopérer à la prospérité de la société. Cet esprit a beaucoup contribué à améliorer le niveau de vie au Japon. En Algérie, la JEC a perdu beaucoup d’argent lors de son installation. Mais ses responsables ont pensé au long terme. Ici, les entreprises japonaises veulent prendre part à l’amélioration du confort du peuple et de la société algérienne. Donc il y a une différence d’attitude entre les Japonais et les autres partenaires. »

Tourisme

« En plus des aspects sécuritaires, au Japon, il n’existe pas d’informations sur le tourisme en Algérie, pas d’agences qui organisent des voyages de groupe vers l’Algérie. Il existe des difficultés pour obtenir les visas et pour la location d’hôtels. Les procédures administratives sont compliquées.»

Pour lire l'intégralité de l'entretien paru dans El Watan

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