Page d’accueil

lundi 10 octobre 2011

Ils ont tenté de tenir un rassemblement devant la Présidence Des membres du Comité national pour la défense des chômeurs interpellés


Vingt manifestants ont été arrêtés par la police et relâchés après avoir subi des interrogatoires. Un groupe de sept personnes a également été interpellé par la police à Dar El Beïda pour l’empêcher de rejoindre les protestataires.

Des membres du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC) ont été interpellés par la police, hier matin, devant le siège de la Présidence, où ils devaient organiser un rassemblement de protestation avec pour slogan «Rassemblement pour la dignité», a indiqué Samir Larabi, porte-parole de l’organisation, joint par téléphone.
Un autre groupe composé de sept personnes, qui avait passé la nuit à la Maison des syndicats, a également été interpellé par la police à Dar El Beïda pour l’empêcher de rejoindre les protestataires. «L’un des policiers a lancé à la cantonade qu’il était à la recherche, parmi les chômeurs, d’un dangereux criminel», a ajouté avec étonnement la même source. «Les éléments de la police ont procédé à des interpellations dès notre arrivée devant la Présidence. Ils ne nous ont même pas laissé le temps de humer l’air ambiant», rapporte le parte-parole du CNDDC.

«Les éléments de la police nous ont indiqué qu’ils avaient reçu des instructions afin de nous arrêter et de nous empêcher de mener à bien notre rassemblement», a-t-il ajouté. Après leur interpellation et leur conduite au commissariat d’El Madania où ils ont été interrogés, les membres du CNDDC ont été conduits, à bord de véhicules de police, jusqu’à la place Tafourah, à Alger-Centre, pour éviter toute autre tentative de rassemblement près de la Présidence. Samir Larabi dénonce cette énième atteinte à la liberté de manifester et les intimidations exercées à leur égard à chaque fois que leur organisation initie une manifestation pacifique. «En fait, le pouvoir, avec toute les fausses réformes qu’il a initiées, ne va pas nous duper.

C’est une démocratie de façade, rien de plus», a-t-il regretté. Pour lui, le pouvoir ne veut pas entendre parler de revendications d’ordre social. Il fait l’impossible pour que la population ne s’organise pas.Le système ne veut pas être en confrontation directe avec un bloc social organisé, structuré et porteur de revendications claires et légitimes. Cette situation va accroître sa fragilité et mettra à nu ses faiblesses.

«Discrimination et humiliation»

«Le pouvoir encourage l’anarchie et cultive le désordre. Il pousse les gens à se lancer dans l’émeute, à se suicider, à voler, à la délinquance, à la harga. Son objectif est de provoquer en nous un sentiment de lassitude et de résignation pour nous dissuader de ne plus rien entreprendre afin de ne pas changer notre misérable situation» a-t-il tempêté.
«Lors de leur intervention, les policiers ont procédé à des interpellations au faciès. Ce qui est une discrimination de plus et une humiliation de trop infligées à tous les Algériens» a-t-il encore tonné. Pour lui, en dépit de toutes les pressions qu’ils subissent de la part du pouvoir, la logique émeutière ne fait pas partie du mode opératoire et de la façon de militer de son organisation, qui privilégie l’action et la lutte pacifique jusqu’à satisfaction de revendications légitimes.

Le CNDDC réclame un emploi décent pour tous les chômeurs, une allocation-chômage à hauteur de 50% du SNMG pour tous les demandeurs d’emploi, l’attribution d’une assurance sociale et un accès gratuit aux loisirs et aux transports, l’association des comités de chômeurs dans l’élaboration des politiques de l’emploi, le contrôle des offres et de la distribution des offres d’emploi, la suppression du service militaire pour les jeunes de plus de 25 ans et la réduction de sa durée à six mois.
Le porte-parole du CNDDC se dit solidaire des luttes des travailleurs de tous les secteurs d’activité qui militent pour l’amélioration de leurs conditions de travail, notamment ceux des hôtels El Aurassi et Sheraton. Par ailleurs, Samir Larabi lance un appel aux syndicats autonomes, au mouvement associatif et aux partis politiques pour qu’ils se solidarisent de manière active et concrète avec le combat des chômeurs pour rendre la question de la lutte contre le chômage et la précarité de l’emploi au centre de leurs préoccupations.

Meziane Cheballah Elwatan
leBloggers

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire