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dimanche 4 septembre 2011

Yacine Zaïd : «J’ai jamais mis les pieds dans les Aurès, la police m’accuse d’appartenir à un mouvement chaoui»


Yacine Zaïd, syndicaliste et membre de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH), a été convoqué dimanche 4 septembre au commissariat central de la police de la ville de Batna dans les Aurès, à 650 Km à l’est d’Alger. Les autorités l’accusent d’appartenir à une organisation « Chaoui » revendiquant le changement en Algérie. Originaire de Laghouat, dans le sud d’Algérie, Yacine, 40 ans, n’a jamais mis les pieds dans les Aurès. Relâché après un long interrogatoire, il s’est confié par téléphone à DNA. Entretien

DNA : La Police de la ville de Batna vous a convoqué dans la journée de dimanche. Pourriez-vous nous raconter sur quoi l’interrogatoire avait porté ?

Yacine Zaïd : Les policiers m’ont posé une multitude de questions sur ma vie privée, mes proches, mon blog, mon compte Facebook. Ils m’ont interrogé sur mes activités au sein la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH) et la Coordination nationale pour la démocratie et le changement (CNDC). Ils m’ont posé beaucoup de questions sur la corruption et le chargement et ce que cela signifiait pour moi.

Ensuite ?

Ils m’accusent d’appartenir à un mouvement Chaoui pour le changement. Ils ont également pris mon portable. Ils cherchent des numéros de téléphone pour voir si les gens dont les numéros appartenant à ce mouvement sont dans ma liste de contacts.

Après cet interrogatoire, quel est votre sentiment ?

C’est du n’importe quoi ! Cette histoire d’appartenance à un groupe Chaoui n’est qu’un prétexte. Je m’attendais à plus de sérieux de la part d’un pouvoir aussi pourri qu’idiot. Ça ne m’étonne pas du tout ! Je dois juste signaler que n'ai jamais mis les pieds dans cette région d’Algérie.

Vous êtes donc fiché et vos activités sur les réseaux sociaux sont surveillées…

Ce que j’écris sur mon blog ou sur les réseaux sociaux, je l’assume de manière publique et à visage découvert. Donc, je n’ai pas peur de ces pratiques.

Vous avez fait 600 km pour un interrogatoire…

Ce qui m’a le plus révolté, c’est qu’ils se sentent puissants. D’ailleurs, ils se permettent de me faire déplacer 600 Km pour me poser des questions aussi bêtes. Ça devient du harcèlement, du banditisme ! Je ne serais pas étonné si, dans un régime pareil, des policiers cagoulés brisent la porte des gens à minuit pour flinguer ses occupants ! Si la police voulait faire son véritable travail, et non pas du harcèlement contre de simples citoyens, cela ne me dérangerais pas.

Est-ce que la police vous a obligé a signé un procès verbal d’audition?

L’interrogatoire sera transmis au procureur de la République. C’est à lui de juger si je serais poursuivi ou pas.

Pensez-vous être victime d’une compagne d’intimidation en raison de votre activisme syndical et politique lié à la défense des droits de l’homme en Algérie ?

Absolument ! A ce rythme, si je crée un petit groupe sur les réseaux sociaux, ils pourraient m’interpeler à Sidi Bel Abbes, à Illizi ou Tamanrasset. Au delà de la rage qui me submerge, ces intimidations me confortent et m’encouragent pour continuer mon combat contre ces bourreaux. Le régime s’affole et tire ses dernières cartouches.

leBloggers

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