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mercredi 3 août 2011

ILS DÉNONCENT UNE «GRAVE INJUSTICE» Le tribunal de Boumerdès assiégé par des mécontents


Une affaire anodine relevant de faits divers découlant des problèmes de la circulation routière, a priori très mal gérée, a fini par soulever la colère de centaines de citoyens de la ville de Boumerdès.
Les protestataires, qui ont assiégé l’institution judiciaire, «dénoncent le détournement de la justice en faveur des puissants ». En dépit de la chaleur étouffante, des centaines de jeunes, moins jeunes, de femmes et de jeunes filles et même des enfants ont cerné, hier, au second jour du Ramadan, le tribunal de Boumerdès pour empêcher l'évacuation de Aït Saâda Sofiane et Gherbi Sofiane vers la prison de Tidjelabine. Des policiers en grand nombre cernaient la bâtisse. C’est Mme Aït Saâda, la première victorieuse de cette affaire, entourée d’une foule qui lançait des accusations contre la justice. Elle nous a relaté les faits ayant conduit son époux et le témoin de la scène en prison. «Le 30 juin, je roulais dans mon véhicule accompagnée de mon père et de mes deux enfants. Un automobiliste d’une trentaine d’années, roulant à bord d’un 4X4 Range Rover, a grillé un stop et effectué une manœuvre dangereuse pour me dépasser. Mon père l’a alors traité de bourricot. Après nous avoir bloqués, cette personne est descendue de son véhicule pour agresser mon père. Elle lui a cassé son dentier et ses lunettes devant des témoins, puis elle m’a agressée physiquement ainsi que ma fille de 11 ans, qui était terrorisée. A l’arrivée de mon mari, que j’ai appelé au téléphone, les deux hommes en sont venus aux mains.» Une plainte a été déposée par les Aït Saâda contre cet inconnu. Après avoir entendu les deux parties, le procureur fixa dans un premier temps l’audience en pénal au 6 octobre 2011. C’est ce que nous a dit l’épouse Aït Saâda. Toujours d’après elle, l’affaire prend subitement une autre tournure. «De plaignant, son mari devient l’accusé, le témoin devient un complice. Ils ont été par conséquent placés sous mandat de dépôt le 3 juillet.» Comment est-ce arrivé ? «A la fin de l’audience avec le procureur, alors que nous attendions la remise des convocations pour l’audience d’octobre, notre agresseur est entré seul dans le bureau du procureur. C’est à partir de cet instant que l’affaire a pris cette tournure», ajoute Mme Aït Saâda qui nous a affirmé qu’à partir de cet instant, elle et son mari ainsi que les témoins éprouvent des difficultés à s’exprimer devant les magistrats. «A chaque fois que nous essayons de dire la vérité, on nous fait taire», dira-t-elle devant la foule qui ne cesse de lancer des insinuations graves. Il y a lieu de noter que l’adversaire des Aït Saâda s’est fait délivrer, semble-t-il, un arrêt de travail de 120 jours. Cet arrêt de travail aurait été établi par le légiste de l’hôpital de Thénia. Le procureur de ce tribunal étant en congé, son intérimaire n’a pu nous recevoir car étant en réunion selon un agent de service. Au niveau de la cour, nous n’obtiendrons pas non plus la version du parquet.

Abachi L.Le Soir d'Algérie

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