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dimanche 3 juillet 2011

Yacine Zaïd, ex-employé d’une multinationale au Sud licencié arbitrairement «Les inspecteurs du travail dans le Sud effectuent des visites de complais




Dans cet entretien, Yacine Zaid,
ex-employé d’une multinationale
au Sud, licencié arbitrairement
après 14 ans de travail, propose de
charger des inspecteurs issus
d’autres régions pour effectuer
des enquêtes sur le recrutement
au Sud. Il appelle à l’application
des décisions de justice relatives à
la réintégration des travailleurs.
Algérie News : Le ministre du Travail a affirmé
que l’Inspection du travail enquêtera sur les opérations
de recrutement dans le sud du pays.
Qu’en dites-vous en votre qualité d’ancien
employé d’une multinationale ayant subi des
harcèlements ?
Yacine Zaïd : Je connais parfaitement les problèmes
du recrutement dans le Sud, ainsi que les
problèmes que rencontrent les travailleurs dans
cette région du pays. J’ai été syndicaliste à Hassi
Massoud où j’ai subi toutes formes d’injustice et
de mépris, sans que cette Inspection du travail ne
fasse quelque chose pour me soutenir ou soutenir
les autres travailleurs ayant subi le même sort que
moi. En connaissance de cause, je ne pense pas
que les Inspecteurs du travail de la région du Sud
vont pouvoir enquêter sur les dépassements qui
ne cessent d’être signalés dans les opérations de
recrutement, et ce, vu leur passé entaché de scandales
et leur passivité dans le traitement des
conflits sociaux. Ces gens-là n’ont rien donné aux
jeunes victimes de la discrimination et de l’ injustice.
Personnellement, j’ai dit au ministre du
Travail dans son bureau que les inspecteurs du
travail au Sud sont là pour rédiger les procès-verbaux
de conciliation entre l’employeur et les
employés.
Les inspecteurs du travail exerçant dans
le Sud effectuent-ils des visites d’inspection
sur les lieux de travail pour voir de près les
conditions de travail ?
Les inspecteurs du travail dans le Sud
effectuent des visites de complaisance et de
courtoisie et non des visites de travail et d’inspection.
On a vu comment ils font avec les
multinationales, ils n’ont jamais osé aller au
fond des problèmes. Pis encore, ils ont tissé des
liens d’amitié et des réseaux avec les responsables
des multinationales et les sociétés de soustraitance
algériennes. Il y a lieu de signaler
qu’en 2011, il y a des gens qui travaillent avec
des contrats de travail vierges ou non-conformes
à la législation du travail. Ces inspecteurs
sont au courant de ces dépassements, mais ils
n’ont rien fait pour rendre justice aux victimes
ou du moins rappeler à l’ordre les responsables
des entreprises impliquées dans ces scandales.
Selon vous, la décision du ministre du Travail
n’aura-t-elle aucun impact sur le terrain ?
Le dossier du recrutement dans le Sud est
complexe : aucun responsable, en ce moment,
ne pourra le régler. Le président de la
République lui-même a exprimé son désarroi,
sans qu’il prenne des décisions pour mettre un
terme à l’anarchie et aux injustices qui y
règnent. Il y a beaucoup d’intérêts intouchables
dans cette région. Pour preuve, même la
justice n’a pas réussi à régler de simples affaires
de conflits sociaux. En effet, nombre de décisions
de réintégration des travailleurs licenciés
arbitrairement demeurent non appliquées
pour des raisons inconnues. Aussi, la procédure
de justice prend entre un an et demi et
trois ans. C’est un long processus que les travailleurs
évitent pour des raisons financières. À
cela s’ajoutent les verdicts qui vont généralement
vers l’indemnisation au lieu de la réintégration
du personnel licencié.
Quelle est alors la solution à ce problème
récurrent ?
Je pense que le ministre du Travail doit
charger des inspecteurs du travail issus d’autres
régions du pays, et ce, pour éviter les
erreurs de passé d’une part et pour s’assurer
une certaine neutralité d’autre part. Aussi, il
est temps de revoir le statut des sociétés de
sous-traitance qui est à l’origine de la majorité
des dépassements auxquels font face les travailleurs
algériens dans le Sud. additionnellement
à cela, il faut amener les sociétés de soustraitance
et les multinationales à appliquer les
décisions de justice.

Entretien réalisé par Younes SaâdileBloggers

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