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lundi 11 juillet 2011

Le REMDH demande à l’UE d’évaluer la situation des droits de l’homme en Algérie

Le réseau euro‑méditerranéen des droits de l’homme (REMDH) a condamné ce lundi 11 juillet dans un communiqué la multiplication des actes de harcèlement judiciaire qui visent certains défenseurs des droits de l’homme ainsi que des syndicalistes en Algérie. Cette condamnation intervient à la veille de la tenue du procès prévue mardi 12 juillet à Laghouat du jeune Omar Farouk Slimani, étudiant et membre du bureau de la section locale de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), et qui devrait comparaitre en compagnie de vingt autres jeunes arrêtés en janvier dernier au cours de marches de protestation. Ces jeunes militants sont accusés de « délit d’attroupement non armé », « agression avec violence sur les agents de la force publique ».
Le REMDH évoque également d’autres cas de personnes qui font face à des poursuites judiciaires, comme Hassan Bouras, journaliste et membre du Comité directeur de la LADDH poursuivi dans plusieurs affaires depuis 2003. Ou encore Me Naamane Daghbouche, avocat à la Cour d’Oum El Bouaghi et membre du conseil national de la LADDH, confronté depuis 2007 à une longue série de procès. Il ’a aussi Yacine Zaid, syndicaliste président du bureau de la LADDH de Laghouat basé à Hassi Messaoud, licencié par son employeur après avoir créé une section syndicale, aujourd’hui poursuivi en justice pour « diffamation et menace sur Internet sans que des preuves concrètes ne soient présentées à sa charge ». Pour les syndicalistes, le REMDH cite les cas de Mohamed Hadji, licencié de son poste à Chlef pour avoir tenté de créer une section syndicale SNAPAP ; Sadou Sadek, fonctionnaire à la wilaya de Bejaïa, poursuivi dans le cadre de six affaires depuis 2007 pour « diffamation et usurpation de la qualité de syndicaliste » ainsi que Mourad Tchiko, secrétaire national du SNAPAP, acquitté en 2011 dans une affaire de diffamation, mais qui reste poursuivi dans cinq autres affaires pour « incitation à l’attroupement et entrave au fonctionnement de l’établissement » et « diffamation et usurpation de la qualité de syndicaliste ».
« Le REMDH exprime sa solidarité avec les syndicalistes et défenseurs de droits de l’Homme visés par des procédures judiciaires qui semblent avoir pour objet de réduire au silence les voix critiques, et appelle les autorités algériennes à mettre en œuvre les dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l'Homme des Nations Unies (1998), notamment l’article 12 qui reconnait "le droit de participer à des activités pacifiques pour lutter contre les violations des droits de l'homme et des libertés fondamentales " et qui établit pour les États une obligation de protéger les défenseurs de : "toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire" », note le communiqué publié à Copenhague. Le REMDH demande en particulier aux autorités algériennes de : « mettre un terme aux actes de harcèlement des défenseurs de droits de l’Homme, des syndicalistes indépendants et des manifestants pacifiques, y compris par l’abandon immédiat des procédures judiciaires arbitraires engagées contre eux », de « respecter le droit des citoyens algériens de se rassembler et de manifester pacifiquement » et « d’engager un véritable processus participatif, transparent et inclusif pour des réformes démocratiques profondes avec la participation de l’ensemble des organisations indépendantes de la société civile ».
Le REMDH demande par ailleurs à l’UE de « mettre en œuvre les Lignes directrices de l’UE sur les défenseurs des droits de l’Homme afin d’apporter un soutien urgent et visible aux défenseurs des droits de l’Homme, notamment en assistant à leurs procès » et de « consulter systématiquement les ONG de défense des droits de l’Homme et les syndicats autonomes afin de définir les objectifs relatifs à la promotion et à la protection des droits de l’Homme dans le cadre des relations UEAlgérie et d’évaluer la situation des droits de l’Homme en Algérie ».

TSA
leBloggers

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