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dimanche 3 juillet 2011

Délit de presse-amendement du code pénal Les journalistes paieront la «facture»


Au moment où l’on parle d’ouverture du champ politique et médiatique et de la dignité
des journalistes, le gouvernement ainsi que les députés se sont unis hier pour s’acharner
une fois de plus sur les journalistes.

En effet, les députés ont approuvé hier le projet d’amendement du code pénal, notamment l’article 144 lié au délit de presse. Les amendements introduits portent une atteinte grave à la dignité du
journaliste et constituent un précédent grave. Désormais, le journaliste sera le seul responsable de ses écrits devant la justice : son employeur, à savoir la Direction de publication, ne sera plus concernée par les plaintes déposées pour diffamation. Les amendes pour diffamation prévues dans ce fameux nouveau code pénal seront payées uniquement par le journaliste condamné par la justice.
Ces amendes peuvent aller jusqu’à 500 000 DA, c’est-à-dire une année et demie de salaire moyen du journaliste de la presse écrite nationale. À noter que cette mesure est une «innovation» qui vise à domestiquer les journalistes et à leur faire peur afin de ne pas chercher à enquêter sur les cas de corruption et de mauvaise gestion des affaires publiques devenues monnaie courante et le modèle
de gestion le plus courant. En réaction à cet amendement, le groupe parlementaire du mouvement Ennahda a déploré dans un communiqué rendu public hier la passivité des députés qui ont approuvé le texte tel que présenté par le gouvernement. Il considère la responsabilisation unique du journaliste comme un acte d’extrême gravité et constitue une entrave supplémentaire à la liberté de la presse. Le mouvement estime également que l’article 144 du code pénal s’inscrit à contre courant
des discours d’ouverture démocratique annoncée par le président de la République. Contacté par nos soins hier, Mohamed Hadibi, député du Mouvement Ennahda, nous a informés que les députés des partis de l’Alliance présidentielle ont appuyé ces amendements pour des raisons d’intérêts avec
les patrons de presse. Il a nous indiqué en outre que son mouvement s’est opposé à cette «nouvelle mesure répressive à l’encontre des journalistes». Pour sa part, le président de la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADH), Me Boudjemaâ Ghechir, qualifie ce nouveau code de dérive d’extrême
gravité. « Nous suivons avec beaucoup d’inquiétude l’amendement du code pénal, notamment l’article 144 relatif à la diffamation. Nous sommes désagréablement surpris d’apprendre que le journaliste, selon ce nouveau code, sera le seul responsable de ses écrits devant la justice. C’est inacceptable de faire du journaliste le seul responsable et le seul passible des amendes lourdes qui dépassent largement ses revenus mensuels », a-t-il déclaré. Il a ajouté que son organisation réagira à cette nouvelle atteinte à la liberté d’expression et à la dignité des journalistes.


Younès Saâdi Algérie News

leBloggers

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