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mercredi 15 juin 2011

Règlement du litige gazier entre Sonatrach et Gas Natural Un accord entouré de zones d’ombre


Sonatrach et Gas natural ont signé, mardi 14 juin à Alger, un accord mettant fin au litige sur les prix du gaz qui les opposait depuis plusieurs années. Selon les termes de cet accord, l'Espagnol devra payer près de 1,9 milliard de dollars à Sonatrach, soit un peu moins de ce que réclamait Sonatrach – environ 2,14 milliards de dollars.

Pour Gas Natural, l'accord, dont on ne connait pas entièrement la teneur, semble un bon compromis. Comme son PDG l'a annoncé au moment de la signature à Alger, Gas Natural a obtenu des garanties pour être associé à des partenariats avec Sonatrach dans l'exploitation de gaz en Algérie. De plus, comme le groupe avait provisionné cette pénalité, elle ne pèsera pas dans ses comptes. D'ailleurs l'action Gas Natural a pris 5 % ce matin à l'ouverture de la Bourse de Madrid. Pour les investisseurs, le groupe espagnol a donc réalisé une bonne opération en signant cet accord avec Sonatrach. Mais le groupe algérien n’étant pas coté en Bourse, il est difficile de savoir ce qu’il a gagné ou perdu dans cette transaction.
Avant ce règlement à l'amiable de mardi, Sonatrach était en position de force. Par deux fois, un tribunal arbitral avait donné gain de cause à l'entreprise algérienne. Quel intérêt a donc eu Sonatrach à accepter ce deal ? A première vue, Sonatrach a obtenu d'intéressantes contreparties. Le groupe national devrait prendre une participation dans Gas Natural, même si on n'en connait pas encore l'ampleur ni surtout les conditions. Selon Nourredine Cherouati, PDG de Sonatrach, qui s'exprimait à l'occasion de la signature de l'accord hier à Alger, elle « ne devrait pas dépasser les 3 % », rapporte l'agence Reuters. Ce matin, les médias espagnols évoquaient un maximum de 5 %. Cela représenterait un peu plus de 600 millions d'euros, soit près d’un milliard de dollars.
Selon le journal espagnol L'Expansion, Sonatrach ne souhaiterait pas obtenir ces parts en échange de cash, et d'autres formules sont à l'étude comme une augmentation du capital de Gas Natural en faveur de Sonatrach en échange d'une participation de l'Espagnol dans le gazoduc Medgaz, qui relie l'Algérie à l'Espagne. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que Sonatrach impose ainsi son entrée au capital d'un groupe étranger. Elle avait fait de même avec le portugais EDP, prenant une participation de 2 % en échange d'un accord de long terme sur la fourniture de gaz.
Ce qui est certain en revanche, c'est que Sonatrach n'aura pas de siège au conseil d'administration du groupe espagnol. A moins de 5 %, Sonatrach ne sera pas un actionnaire de référence de Gas Natural. Elle ne pourra pas peser sur les décisions du groupe. L’opération s’annonce donc comme étant purement financière.
Mais des questions demeurent. Cette prise de participation minoritaire de Sonatrach est‑elle soumise à un engagement particulier ? On ne sait pas ce que dit l'accord sur ce point, mais on s'interroge sur ce que pourra retirer Sonatrach d'une participation dans Gas Natural.
Sonatrach aurait également pu profiter de sa position dans les négociations pour avancer ses pions sur le dossier de la distribution de son gaz sur le marché espagnol. Depuis plusieurs années le groupe cherche à commercialiser directement son gaz en Espagne. Jusqu'ici, sans succès.
Autre question : quel sera l'impact financier de cet accord pour Sonatrach ? Le groupe va récupérer près de 1,9 milliard de dollars, mais sur le détail des modalités de l'accord, le coût engendré par l'entrée dans le capital de Gas Natural, celui d'une procédure d'arbitrage qui a duré cinq ans pour l'instant, Sonatrach n'a pas détaillé ses intentions. Comme à l'accoutumée, la gestion du secteur pétrolier et gazier se fait dans l'opacité la plus totale. Pourtant, Sonatrach est une entreprise publique, et ses résultats sont capitaux pour toute la société, lorsqu'on sait ce que représente ce secteur dans le PIB national et pour l’avenir du pays.
TSA
leBloggers

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