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jeudi 9 juin 2011

La tension reste vive à Ouargla La misère due au chômage est le principal moteur de la colère dans le Sud


La tension reste vive à Ouargla ce mercredi en début de soirée, des heures après la fin des violents affrontements entre les services de l'ordre et les habitants. La cité Saïd Outba, où des centaines de jeunes chômeurs se sont opposés la veille aux agents de police, bruissait de rumeurs. « Tout le monde ici parle d'une nouvelle action qui se déroulera au cours de la nuit... peut‑être à minuit comme hier », indique Yacine Zaïd, militant de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH).

Notre interlocuteur, qui s'est déplacé sur les lieux pour s'enquérir de ce qui s'est passé mardi soir, affirme que la situation est « pour le moins qu'on puisse dire, inquiétante ». « Les gens d'ici sont très en colère. Cela fait près d'un mois que des chômeurs protestent devant la daïra de Hassi Messaoud. Ceux qui sont en sit‑in ouvert devant le siège de la wilaya ont près de deux semaines de présence sur les lieux. Personne n'a daigné prendre contact avec eux », assure Tahar Belabes, porte‑parole du Comité national pour la défense des droits des chômeurs.

Au cours de ses déplacements entre les différentes communes de la wilaya, le militant de la LADDH a rencontré de nombreux habitants et discuté avec eux. La majorité est sans emploi. Selon lui, le seul et unique mal dont souffrent tous ces habitants, c’est le chômage qui est à l'origine de la misère très visible des quartiers. « J'ai discuté avec le père d'un chômeur qui a tenté de s'immoler, il y a près de deux mois, à la cité Saïd Outba. Il m'a affirmé que toute sa famille est au chômage. Ils sont sept en tout, dont deux filles », raconte‑t‑il. « Le matin, quand ils ouvrent la porte, soit ils voient les forces de l'ordre, soit les bus transportant les travailleurs de Sonatrach », poursuit‑il.

Même son de cloche chez un autre militant des droits de l'homme. Pour lui, les habitants se sont levés tous simplement pour protester contre la politique de l'emploi, telle que pratiquée dans cette région. « Il faut corrompre pour se faire embaucher, vous imaginez », s'indigne‑t‑il.

Hadjer Guenanfa TSAleBloggers

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