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lundi 20 juin 2011

Ils contestent la corruption et la hogra Les jeunes de Ouargla ne décolèrent pas


Dans une marche pacifique observée hier à Ouargla, des centaines de jeunes ont crié leur ras-le-bol quant à la mal-vie et précarité sociale qui règnent dans cette wilaya.

Une fois encore, les jeunes de Ouargla ont investi la rue pour crier à «la fin de la corruption et de la hogra», qui règnent en maître dans la gestion des administrations locales de cette wilaya. Joint hier par téléphone, Elmadani Madani, membre et militant de la section locale de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (Laddh) nous a indiqué que

«quelque 400 jeunes se sont rassemblés dans un premier temps devant le siège de la daïra. Les protestataires ont ensuite marché du quartier populaire Souk El Hadjer jusqu’au siège de la wilaya de Ouargla, sise au centre-ville». Les forces de l’ordre étaient, selon la même source, mobilisées pour coincer les jeunes manifestants. Néanmoins, ces derniers ont réussi à dépasser les cordons sécuritaires sans incident grave ni affrontement violent. «Malgré les provocations, les manifestants ont gardé leur sang-froid» ajoute notre interlocuteur. En termes de revendications et contrairement aux précédentes actions de protestation qui concernaient le chômage essentiellement, cette fois ces centaines de jeunes, issus pour la plupart des quartiers populaires de la ville ont protesté contre la corruption et la hogra qui guettent la paix et la stabilité sociales. Pour exprimer leur colère et lassitude d’une vie en deçà des attentes, les protestataire ont brandi un slogan qui résume les défaillances des administrations de l’autorité locale, en plus d’une banderole sur laquelle ils ont inscrit «Marche pacifique». Les contestataires ont porté d’autres qui précisent que «le peuple veut la fin de la corruption et de la hogra». Notre interlocuteur qui se trouvait sur place, Elmadani Madani, a souligné que «les administrations de cette wilaya ne reçoivent pas les jeunes et ne prennent pas en considération les préoccupations de la population». Notre interlocuteur a mis en exergue, dans ce contexte, le fardeau des difficultés socio-économiques qui entravent la stabilité et la paix sociales de la jeunesse en particulier. Les jeunes de la wilaya la plus riche du pays demandent également à l’administration locale de rendre des comptes sur leur gestion catastrophique de certains dossiers dont le logement et l’emploi, notamment. En ce qui concerne la crise du chômage, il faut rappeler les émeutes ayant lieu dans la même wilaya ; il y a quelques jours des jeunes chômeurs ont tenté de fermer la route principale de la wilaya. Ils sont descendus dans la rue pour attirer l’attention des autorités concernées et de violents affrontements ont eu lieu après l’intervention des forces de l’ordre. Décidément, les jeunes victimes de la marginalisation sociale ont décidé de ne plus se taire jusqu’à ce que les responsables prennent en considération et au sérieux leurs préoccupations sociales les plus légitimes.

Yasmine Ayadi Le jour d’Algérie

leBloggers

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