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dimanche 19 juin 2011

Grèves de la faim, émeutes, manifestations, immolations : Ouargla, la poudrière du Sud algérien


Ouargla, la poudrière. Des dizaines de jeunes ont bloqués dimanche 19 juin plusieurs artères de la ville d’Ouargla avant d’organiser un rassemblement pacifique devant le siège de la Wilaya, à 800 kms au sud d’Alger a appris DNA auprès de Madani El-Madani, militant et membre de la section locale de Ligue algérienne de défense des droits de l’homme. Il ne se passe pas de jour sans que cette région d’Algérie, pourtant si riche, n’enregistre un mouvement de protestation sociale.

Outre l’accès au travail et au logement, les manifestants dénoncent la corruption qui gangrène l’administration locale. Rassemblés dés les premières heures de la matinée place du 1er mai, siège de la daïra, les manifestants ont bloqué la route à l’aide de pneus brulés.

Ensuite, le rassemblement s’est transformé en marche pacifique jusqu’au siège de la wilaya, en passant par l’hôpital Mohamed Boudiaf et le palais de justice de la ville.

« Nous voulons la fin de la corruption », « Marche pacifique », « La justice somnole et la hogra (mépris) sévit », « nous voulons rencontrer le ministre de l’Intérieur », ont inscrit les manifestants sur des banderoles. Durant le défilé, les protestataires ont également entonné des slogans réclamant plus de justice sociale ainsi que le droit de vivre dans la dignité. (Photo)

Alertés, les forces antiémeutes se sont vite déployées au niveau des bâtiments administratifs, sans toutefois intervenir. « Il n y a pas eu d’affrontement pour l’instant mais la tension reste vive », témoigne Madani El Madani.

N’était l’invention des notables de la ville pour calmer la colère des protestataires, la manifestation aurait pris une tournure dramatique.

A Ourgla, le ras-le-bol est son paroxysme. « Les jeunes ne sont pas sortis seulement pour réclamer du travail et du logement. Ils sont particulièrement révoltés contre toutes les formes de corruptions qui ont tissé sa toile dans la région de Ouargla. Les jeunes ont en marre des pratiques de l’administration », peste Madani El-Madani.

Depuis quelques mois, la ville de Ouargla vit sous vive tension. Plusieurs rassemblements et sit-in y ont été organisés.

Les tentatives de suicide, notamment par immolation, y sont également nombreuses. La dernière en date, le 24 mai dernier, est celle d’un chômeur, âgé d'une trentaine d'années, qui a tenté de s’immoler par le feu devant le siège de la wilaya d’Ouargla. L'intervention de la police et des agents de sécurité a évité le pire.

En juillet 2010, un groupe de jeunes avait pris d’assaut le bâtiment de la direction de l’emploi en menaçant d’opérer un suicide collectif.

Le ressentiment des habitants est d’autant plus manifeste que cette région d’Algérie est connue pour être riche. C’est que la wilaya de Ouargla qui abrite les champs de pétrole et de gaz de Hassi Messaoud, est l’une des communes les plus riches d’Algérie en raison de la fiscalité tirée de la présence des sociétés pétrolières.

Hassi Messaoud occupe ainsi la seconde place au niveau africain avec des recettes annuelles dépassant 1800 milliards de centimes (245 millions de dollars) correspondant à la collecte d’impôts et taxes prélevés sur plus de 149 entreprises pétrolières et de services.

Toutefois, en dépit de cette insolente aisance financière, de nombreux jeunes désespèrent de trouver un emploi. Non seulement ils accusent l’administration locale de favoriser le recrutement de personnes originaires du nord d’Algérie, mais ils pointent du doigt les nombreuses agences chargées du travail intérimaire lesquelles accorderait du travail selon la tête du client voire même monnayant les postes d’emploi.

Photo : Manifestation des jeunes organisée à Ouargla dimanche 19 juin 2011


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