Page d’accueil

jeudi 23 juin 2011

Commission de consultations : La vitrine d’un régime qui ne veut rien céder


A l’attente d’un changement réel exprimé par la société sous différentes formes depuis le mois de janvier dernier, le pouvoir décide et veut mener seul une démarche pour s’autoréformer.

Une naissance sans promesses, une fin sans panache. Telle aura vécue la commission des consultations sur les réformes politiques, qui n’a même pas pu tenir son engagement d’aller jusqu’à la fin du mois de juin.
Que fallait-il attendre d’une telle structure éphémère qui a prouvé avoir joué le seul rôle de tenir en haleine une opinion internationale, et de faire gagner du temps aux décideurs dont les plans de survie du régime se concoctent ailleurs. Cette commission de «dialogue» s’est avérée être un soliloque que le pouvoir s’est offert en l’habillant de va-et-vient de sa clientèle habituelle pour vendre l’image d’un hypothétique intérêt porté à l’avis de la classe politique.

L’option de la commission n’a en fait confirmé qu’une chose, que le pouvoir est dans d’autres calculs que ceux du reste des Algériens. «Ils sont sur une rive et nous sommes sur une autre», dit l’expression populaire qui résume ce décalage entre gouvernants et gouvernés. Nulle passerelle n’existe entre les deux rives. Le pouvoir s’accommode de cette situation puisque c’est lui-même qui en est à l’origine, et il veut la maintenir jusqu’à épuisement des ressources de ce pays. Alors que tous les espaces d’expression sont fermés, que l’opposition est empêchée d’activer en toute liberté, que la télévision distille le seul discours du pouvoir, on offre à l’opinion un os bien maigre en lui faisant croire, par le truchement d’une commission fantoche, à une volonté de changement exprimée en haut lieu.

A l’attente d’un changement réel exprimé par la société sous différentes formes depuis le mois de janvier dernier, le pouvoir décide et veut mener seul une démarche pour s’autoréformer. Si l’opposition a été la première à souligner l’absence de crédibilité de ladite commission en la qualifiant de mascarade, il est presque cocasse de voir que même des enfants du système ont aussi crié à l’arnaque. Mais ça n’a pas empêché le trio choisi par Bouteflika de camper le rôle de faux dialoguistes, laissant planer le doute que les choses sérieuses se trament dans les coulisses. La question est aujourd’hui de savoir ce que cachent les tractations qui se déroulent dans un autre bureau de la présidence, celui du Président, et non pas revenir sur les collations offertes par Abdelkader Bensalah à ses convives.

Après que le sablier de la commission a vu son dernier grain de sable tomber et que la kermesse du CNES ait pris fin, que va-t-on encore trouver comme moyen pour offrir au régime le temps de se fabriquer une «virginité» et échapper au printemps des peuples ? Il semble avoir tout fait pour laisser passer le printemps et atteindre sans trop de dégâts, en achetant à coup de milliards une paix sociale fragile, la saison estivale, suivie de Ramadhan. Comptant sur les préoccupations existentielles des citoyens, ce pouvoir n’est pas avare en calculs et est passé maître dans la création des diversions. Le pari de gagner du temps peut s’avérer gagné pour le régime, mais jusqu’à quand ? Qui arrêtera l’histoire de demander des comptes ?

Nadjia Bouaricha Elwatan
leBloggers

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire