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lundi 16 mai 2011

Un général, un islamiste, un conservateur : La vieille recette pour les réformes de Bouteflika


Un président du Sénat, un général à la retraie et un conseiller à la présidence. Voila donc pour l’heure le trio qui devrait piloter le projet de réformes politiques annoncées par le président Bouteflika. Celui-ci a donc désigné MM. Mohamed Touati et Mohamed Ali Boughazi, conseillers à la Présidence, pour mener, au côté de M. Abdelkader Bensalah, de concert avec lui et sous son égide, l’organisation et le déroulement des consultations prévues sur les réformes politiques, indique dimanche 15 mai un communiqué de la présidence de la République.

Le président du Sénat, M. Bensalah, entamera les consultations à partir de samedi 21 mai 2011, indique encore le même communiqué. Ces réformes touchent notamment à la prochaine révision constitutionnelle et les textes législatifs relatifs au régime électoral, aux partis politiques, à la place de la femme dans les assemblées élues, au mouvement associatif, aux incompatibilités avec le mandat parlementaire, au code de wilaya et à la loi organique relative à l’information.

« Comme l’a annoncé le président de la République, les vues et les propositions exprimées majoritairement dans le cadre de ces consultations, pour peu qu’elles soient conformes aux constantes de la société algérienne et aux éléments constitutifs de notre identité nationale, seront reflétées dans les amendements constitutifs et législatifs visant à renforcer l’édifice institutionnel qui repose sur les règles de l’exercice démocratique, de la participation et du libre choix du citoyen », souligne le même communiqué.

Un militaire proche des démocrates, un islamiste BCBG, un président du Sénat estampillé conservateur, voila donc ce qui s’apparente à un dosage sensé illustrer les différentes sensibilités politiques du pays. Une vieille recette déjà expérimentée en 1994 avec la commission du dialogue nationale dont le porte-parole était...Abdelkader Bensalah.

Cette commission devait à l'époque préparer la transition suite à la fin du mandat du HCE ( Haut comité d'Etat ), mis en place après la démission du président Chadli Bendjedid en janvier 1992.

L'homme qui devait assurer la transition était un certain Abdelaziz Bouteflika. Alors qu'il avait accepté le poste de président de l'Etat après une série de négociations avec l'armée, Bouteflika change d'avis à la dernière minute. Il refuse la présidence de la République et s'envole vers la Suisse.

Dix sept ans plus tard, Bouteflika confie donc la destinées de ses réformes au même Bensalah

Natif de Tlemcen, Abdelkader Bensalah, 70 ans, est connu pour être proche du chef de l’Etat. Alors qu’il a été difficilement élu député lors des législatives de le 30 mai 2002, il a été parachuté quelques jours plus tard sénateur dans le tiers présidentiel avant d’être élu président du Sénat, poste qui conserve depuis bientôt neuf ans.

Général-major à la retraire, Mohamed Touati, né en 1937 d’une famille kabyle, est réputé pour sa proximité avec des partis de la mouvance démocrate, notamment le RCD de Said Sadi. Catalogué « janvieriste » pour avoir été l’un des concepteurs de l’arrêt du processus électoral en janvier 1992 après la victoire des islamistes du FIS, Mohamed Touati est surnommé « El Mokh », le cerveau, l’éminence grise de l’institution militaire. Le général Touati est conseiller aux affaires de sécurité à la présidence de la République.

Pour compléter ce trio, Bouteflika a désigné un islamiste BCBG, Mohamed Ali Boughazi, natif de Skikda, dans l’Est d’Algérie, est un ancien député du parti Ennahda lors des législatives de 1997. Nommé ministre des travaux publics, de l'aménagement du territoire, de l'environnement et de l'urbanisme, dans le premier gouvernement du président Bouteflika formé en décembre 1999, M. Boughazi a connu des fortunes diverses.

Rétrogradé au rang de ministre délégué auprès du ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, chargé de la recherche scientifique, sous le gouvernement d’Ali Benflis entre août 2000 et juin 2002, l’homme est depuis nommé conseiller à la présidence de la république. Mohamed Ali Boughazi est chargé de délivrer la parole du chef de l'Etat quand celui-ci n'est pas en mesure de s'exprimer publiquement.

C’est donc ce trio qui devra piloter ces réformes politiques que les partis de la mouvance démocrate, en l’occurrence le RCD de Said Sadi et le FFS de Hocine Ait Ahmed, ont déjà décidé de boycotter.

leBloggers

1 commentaire:

  1. Retour à la “case départ”! Et l’on sort
    Le fameux “conseiller”, Dr ès éradication
    finale. Il a fait partie des Généraux dits Janvieristes, ces faucons qui avaient fomenté le Coup d’Etat de 1992 dont le but -principal- non avoué est la re-structuration de la “domination de la case militaro-mafieuse sur la société”…

    Le “revenant” a donc été habilité par le
    “Conclave militaire” (réuni en secret) pour mener le faux dialogue comme par le passé…Voilà une épreuve de plus pour le pays ! A côté de ces leurres et tromperies, la Junte déploie et montre ses forces militaires et policières: tabassages, arrestations, censures, piratages, menaces, intimidations.
    En somme,”la ruse et la force” à la fois.
    Tel étant le seul principe qui préside à l’action des Généraux criminels!

    Quant au Haut gradé Touati, l’éradicateur, ancien de l’Armée coloniale française, âme damnée du parrain et trés sanguinaire Général Nezzar, on lui connait le fameux rapport de l’an 2000où il pr : prônait tout simplement l’interdiction des partis politiques, en d’autre termes “fermer la parenthèses” de “l’ouverture contrôlée” de 1989 http://www.algeria-watch.org/farticle/sale_guerre/rapport_secret.htm
    On découvre aussi dans ces textes de larges emprunts au Préambule de/et la Constitution de 1976 écrits par Bédjaoui,Vergès, Lacheraf & Cie. Bref.

    Toute honte bue,les RCDistes l’entourent
    d’auréoles valorisantes au plus haut point. Hum! Il faut dire que ceux-ci, en privé, vantent leurs liens et proximités avec les membres de la Junte. Il suffit de les approcher, aller juste un petit peu dans leur sens pour qu’ils crachent prseque tout! Bref .

    Pour autant, Touati est-il le seul Conseiller de la Junte? Est-il écouté pour tout ? Non, et non. Pour preuve, son rapport susmentionné avait été rejeté par le Haut Commandement militaire

    A vrai dire, le “levier principal” du Pouvoir militaire, c’est le DRS. Ce sont les Maitres du DRS-la Gestapo locale, qui tiennent le trés solide “trépied”
    sur lequel repose le Régime militaire:
    1) La Police politique; 2) L’Armée de régime; 3) Les Clans rivaux. Le DRS est la police politique qui dirige cette Armée, et donne la force au Clan auquel elle le plus fortement amarrée, arrimée, accrochée…

    Ce dialogue est un “dialogue de sourds”, un faux dialogue de plus, une ènième tromperie

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