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mercredi 4 mai 2011

Rassemblement des professionnels des médias «Des journalistes habitent dans des hammams !»


Plusieurs dizaines de journalistes se sont rassemblés, hier matin, à la place de la Liberté de la presse, à Alger, à l’appel des animateurs de l’Initiative nationale pour la dignité du journaliste.
Pour rompre avec le cérémonial ennuyeux des fêtes, les professionnels, qui ont dépassé les clivages de langues et de secteurs, se sont rencontrés pour évoquer, ne serait-ce que brièvement, la situation des médias algériens le jour de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse. La demande d’un statut particulier pour le journaliste algérien figurait en tête des revendications des professionnels.


Le statut adopté du temps de Rachid Boukerzaza, ministre de la Communication, paraît dépassé aujourd’hui. Selon Riad Boukhedcha, un des animateurs de l’initiative, une plateforme de revendications socioprofessionnelles a été préparée et envoyée aux autorités ainsi qu’au président de la République. «Nous demandons l’activation, la révision et l’application de la loi sur l’information de 1990. Cette loi doit, par exemple, prendre en charge les médias électroniques. Les procédures relatives à la création de nouveaux journaux doivent être allégées. Il faut aussi prendre des mesures pour barrer la route à des non-professionnels d’infiltrer le métier de la presse et de fouler aux pieds les règles de déontologie», a-t-il estimé. Il faut, selon lui, organiser la carrière des journalistes, trouver des solutions au problème du logement et revoir la grille des salaires.

«Le salaire de base du journaliste ne doit pas être inférieur à 60 000 DA. Il est nécessaire de supprimer les disparités salariales qui existent entre les journalistes du secteur public et ceux du secteur privé. L’expérience de chaque professionnel doit être prise en compte dans toutes les circonstances. Nous demandons aussi une carte nationale professionnelle pour mettre fin à l’anarchie», a indiqué Riad Boukhedcha. D’après lui, presque 60% des journalistes algériens ne possèdent pas de logement. «Il y a des journalistes qui vivent dans les hôtels, d’autres dans des cités universitaires et d’autres encore dans des hammams. C’est regrettable ! De plus, nous avons constaté que 90% des journalistes ne sont pas connectés à Internet chez eux», a-t-il révélé.


Aïcha Belkacemi, journaliste à la chaîne Une de la radio d’Etat, a estimé que la situation sociale et légale des professionnels des médias algériens est trop fragile. «Ceci est un frein à l’évolution du métier. Le journaliste est livré aux pressions, à la censure et à l’autocensure. Il n’y a pas de protection réelle des professionnels. En plus, il y a beaucoup de difficultés à accéder aux sources d’information. La dépénalisation du délit de presse peut aider à améliorer la pratique du journalisme», a-t-elle souligné insistant sur la nécessité de défendre le droit du citoyen à l’information.


Selon elle, le principe du service public doit être respecté par les médias lourds et par les journaux privés. «La liberté d’expression est un acquis arraché par la population. On ne doit pas l’oublier», a-t-elle noté.
Dans un communiqué rendu public, les animateurs de l’Initiative ont estimé que les réformes annoncées, après le Conseil des ministres du lundi 2 mai, ne sont «qu’un premier pas sans plus dans un long processus pour redorer le blason de la profession».

Fayçal Métaoui ElwatanleBloggers

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